Comment a vécu Stendhal, 1900, p
années de séparation. Je vais relire les volumes quevous m'envoyez et que je connais déjà, et si un autre regret vient me saisir, ce sera de n'avoir pas vu sa mort être l'occasion de plus d'éloges de ses œuvres qui ont toujours été pour moi une source de jouissances véritables.
Recevez avec tous les remerciements que je vous dois, Monsieur, l'assurance de ma considération la plus distinguée.
Votre très humble serviteur,
Béranger.
En 1844, deux ans après la mort d'Henri Beyle, Louis Crozet et Romain Colomb formèrent le projet de rééditer ses œuvres afin de les sauver de l'oubli qui les menaçait. L'exécuteur testamentaire de Beyle était partisan d'une réimpression complète, mais son ami faisait des réserves à l'égard de certains ouvrages, notamment la Vie de Napoléon. Le 10 avril, Crozet adressait à Colomb la caisse des manuscrits de Stendhal « qui pesait un quintal et demi » en lui annonçant qu'elle devait contenir une ébauche très imparfaite d'une Histoire de Napoléon. Et le 6 juillet, il écrivait à son ami : « Ma grosse caisse doit vous être parvenue, j'imagine toujours qu'elle vous embarrassera beaucoup, que vous n'y trouverez rien ou presque rien à publier et que vous €n serez, ainsi que moi, vivement contrarié : on
peut bien (et je n'en suis pas très sûr) tirer parti de la vie de César, cependant ce travail est si incomplet que je ne sais si le public l'acceptera et si le tiers tout au plus de cette vie pourra le satisfaire et être pris au sérieux ^ ».
Romain Colomb, partagé entre son fanatisme exclusif et les judicieux avis de Crozet, prit pour arbitre l'illustre chansonnier, auquel il communiqua le manuscrit de la Vie de Napoléon, et dont voici la réponse. (A. P.)