HENRI BEYLE AU THEATRE 13S
I. — U Abbaye de Castro, drame en 5 actes de MM. de Dinaux et Gustave Lemoine, représenté pour la première fois, au théâtre de l'Ambigu- Comique, le 4 avril 1840 et publié dans La France dramatique du XIX^ siècle, choix de pièces modernes. Gaîté. Paris. Tresse, éditeur, successeur de Barba, 1872, in-8o de 47 pages.
II. — Vanina Vanini, drame en 4 actes de Paul Heyse. Berlin. Verlag von Wilhelm Herz, 1896. 1 vol. de 136 pages.
Les Chroniques Italiennes semblent avoir été le prétexte de ces adaptations, qui ne portent aucune indication d'origine. U Abbaye de Castro doit-elle quelque chose à UAbbesse de Castro, publiée en 1839, c'est-à-dire un an avant cette représentation ? Nous l'ignorons, n'ayant pas le texte sous les yeux.
Il importe peu d'ailleurs ; car, s'il en était ainsi, nous aurions, non du Beyle authentique, mais du Stendhal de... troisième main, puisque les Chroniques furent elles-mêmes des traductions de manuscrits italiens.
Verrons-nous jamais Le Rouge et le Noir au théâtre Antoine ou à la Porte-Saint-Martin ? Toute la question est là. Nous ne le croyons guère et le souhaitons encore moins, pour des raisons que nos lecteurs connaissent aussi bien que nous.
Mais Lucien Leuwen a bien failli connaître les feux de la rampe. Nous lisons, en effet, dans le Figaro du 14 juin 1907 :
« M. Jean de Mitty nous écrit.
Du jeudi.
« Pour que je puisse prendre date, mon cher Basset, et uniquement pour cela, voulez-vous, je vous prie, me rendre le service de mettre une ligne dans vos échos et d'y dire que, pour le théâtre de VŒuvre, et pour la saison prochaine, j'ai tiré cinq actes de Lucien Leuwen de notre Stendhal. J'ai mis trois ans à l'exhumer de la Bibliothèque de Grenoble. Ce sera, — heureuse ou non, — la première tentative de beylisme au théâtre.
u Votre ami tout dévoué,
« Jean de Mitty. »
Et M. Basset ajoute : « Nous reviendrons sur cette pièce qui s'annonce, disent quelques personnes qui la connaissent, comme un des événements du théâtre de l'hiver prochain. »
La mort n'a pas laissé le temps au spirituel chroniqueur du Cri de Paris de réaliser son dessein. L'audace était presque téméraire, mais si nous en croyons les archivistes, J. de Mitty était un