‹ La vie littéraire de StendhalChapitre 9 sur 127 · Correspondance, 1908, Tome II, j-p · texte numérisé non relu

Correspondance, 1908, Tome II, j-p

il accueillait plus tard la gerbe d'éloges de Balzac.

Quant au résultat pécuniaire de ses publications, nous voyons également, dans la Correspondance, que Beyle en avait la constante préoccupation au milieu des distractions les plus variées et sous le climat le plus propre à les lui faire oublier. Sa situation de fortune lui interdisait le détachement, de suprême élégance, qu'on lui a prêté.

La vérité, c'est que sa demi-solde de réforme et le viager Fuzier, environ 2.000 francs, qui constituaient, en 1817, son revenu annuel, étaient insuffisants pour assurer son existence d'ojsif à l'étranger, curieux de tout connaître, fréquentant la meilleure compagnie, assidu aux théâtres et fervent d'excursions de toutes sortes. Aussi, tout en écrivant « comme on fume un cigare » pour se distraire et se dépenser, Beyle espérait acquérir, par sa plume, le casuel qui lui était indispensable.

De là, cette série de lettres où il s'enquiert de la vente de ses livres, met ses amis à contribution, talonne ses éditeurs, leur demandant des transformations et des comptes, recommande d'inonder la province de prospectus, et finalement se heurte à l'indifférence de ses contemporains qui laissent moisir ses rêveries dans l'arrière-boutique des libraires.

Nous allons entendre, formulée par des chiffres éloquents, la réponse de ces éditeurs du temps de la Restauration, remplis de bonne volonté, mais

légèrement encombrés, puisqu'ils travaillent pour des lecteurs « de 1860 ou 80 ». Ironique et suprême consolation de l'auteur, réduit à escompter sa gloire, sans pouvoir réaliser les « cinq francs par jour » qu'il ambitionnait encore, en 1835, pour écrire des romans « entre deux bougies, dans une petite chambre, au cinquième étage, de la rue Richepanse 1 )) !

Nous retrouvons ici le baron de Mareste, non pas celui dépeint en quelques lignes par Henri Brulard, et « gravé à l'eau-forte » dans les Souvenirs d'Egotisme — personnage sec, dur, avare et envieux — mais le baron de la Correspondance, ami d'une rare obligeance, d'un dévouement infatigable, s'étant constitué « l'homme d'affaires » du touriste italien, soignant ses intérêts, faisant ses commissions, ne reculant devant aucune démarche pour assurer ses succès d'auteur, après l'avoir « critiqué ferme 2» ,

En 1817, au début de leurs relations, Beyle avait donné de judicieux conseils au baron pour l'acquisition d'une propriété dans l'Isère, et ce petit service d'intérêt avait cimenté leur amitié. A l'époque

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