Uei>ue des Idées, 15 mai 1908, p
VIES DE HAYDN, ETC. HISTOIRE DE LA PEINTURE i
La légende qui représente Henri Beyle « fuyant à l'étranger, à l'apparition de ses œuvres, y)Ouv nen pas entendre parler » n'a plus guère de créance aujourd'hui. La Correspondance complète ne laisse aucun doute à cet égard ; elle nous montre que Stendhal n'était pas plus indifférent à sa renommée d'auteur, même masqué, qu'au succès matériel de ses ouvrages. Sans doute, ce n'était pas chez lui une question de lucre ou de vanité littéraire, et, comme le dit très bien M. Remy de Gourmont, « Stendhal fut plutôt un amateur, comptant peu sur des gains, plus soucieux de plaire à ses amis qu'à un public ». Lui-même écrivait en 1818, étant à Milan : « Vous savez bien que je ne suis pas auteur à la \ illemain. Je fais de ces niaiseries le cas qu'elles méritent ; ça m'amuse ; j'aime surtout à en suivre le sort dans le monde, comme les enfants mettent sur un ruisseau des bateaux de papier . « Voilà une profession de foi des plus modestes. Mais il ajoute aussitôt, avec une joie non dissimulée : « Vous ai- je dit que Stendhal a eu un succès fou il y a quatre mois ? » Et il cite, comme petit fait probant, un exemplaire de Rome, Naples et Florence lu au café par quatre personnes qui ne voulaient que le feuilleter et se trouvèrent, à une heure du matin, le livre encore en mains ^. Beyle écrivait cela, en riant, sans doute, de ce rire avec lequel