‹ La vie mentale de l'adolescent et ses anomaliesChapitre 1 sur 33 · La vie mentale de l'adolescent et ses anomalies · texte numérisé non relu

La vie mentale de l'adolescent et ses anomalies

Les manuels de Pédagogie abondent ; il y en a d’excellents, dans toutes les langues, et l’on y trouverait d’utiles conseils à glaner, si l’on se donnait la peine de les consulter. Non moins instructives sont les Histoires de la pédagogie , qui nous font connaître les expériences du passé, celles des grands pionniers qui ont défriché et enrichi l’immense domaine de l’éducation, en prenant ce mot dans son sens le plus général. Notre pays romand possède l’une des meilleures et des mieux conçues de ces histoires : nous la devons à François Guex, le directeur des écoles normales du canton de Vaud.

Dans le petit ouvrage que nous offrons aujourd’hui aux instituteurs, aux parents et aux amis de la jeunesse, il ne sera question ni de pédagogie proprement

dite, ni d’histoire de la pédagogie, mais plutôt de psychologie pédagogique. Nous apportons quelques modestes pierres au bon génie de l’école, dont la maison n’est jamais achevée et subit sans cesse des réparations pour s’adapter mieux aux exigences des nouveaux venus. Et ces pierres, nous voudrions, si l’on nous permet cette auguste comparaison, qu’elles fussent vivantes, qu’elles suscitassent un intérêt grandissant, une sollicitude éclairée pour cet âge prétendu « ingrat)), qui est celui de l’adolescence, un âge merveilleux de texture et de coloris, malgré les pâleurs de végétations parasites qui s’y entremêlent parfois.

Nous formons le vœu que l’un ou l’autre des chapitres qui vont suivre et qui étonneront peut-être, par leur étrangeté, plus d’un vieux praticien de l’enseignement, serve comme d’en-tête aux réflexions et aux observations de plusieurs de nos collègues, qui tiendraient à vérifier nos assertions. Ils y apporteraient des correctifs nécessaires et des enrichissements très désirables, en examinant des cas analogues à ceux que nous aurons à citer, ou d’autres encore, qu’ils ne peuvent manquer de rencontrer sur leur chemin.

On a déjà décrit des types d’adolescents. En particulier, on nous a initiés complaisamment à des habiletés et à des polissonneries de collégiens anglais.

Les collégiens de Genève, tels qu’on en voyait beaucoup il y a une trentaine d’années, ont été très fine-

Page 1