‹ La vie mentale de l'adolescent et ses anomaliesChapitre 32 sur 33 · UN MOT POUR FINIR · texte numérisé non relu

UN MOT POUR FINIR

à-vis de son milieu. Il en est de même encore de nos jours pour l’évolution graduelle des individus et principalement au moment de l’enfance et de l’adolescence.

Rien sans doute ne m’empêche de considérer comme normal un type moyen d’adolescent, qui soit conforme à un équilibre établi d’après des acquis séculaires. Mais ce type moyen est une pure convention, qui ne correspond à aucun sujet pris isolément. Si donc la vie mentale de l’adolescent suit une direction générale qu’on peut jusqu’à un certain point conjecturer, elle n’en est pas moins soumise à des oscillations d’amplitudes très inégales et parfois si brusques qu’il en résulte une déviation durable et imprévue.

D’ailleurs les nombreuses modalités de la pensée, ses procédés habituels ou intermittents, les apports bons et mauvais que lui fournit le domaine affectif, toutes choses que nous avons essayé d’analyser dans cet ouvrage, paraissent indiquer que l’on devrait individualiser davantage l’éducation et aussi l’instruction, mais sans rien sacrifier pour cela de l’union et de la solidarité intelligentes qui de plus en plus assureront et consolideront les bases des nations fortes.

Cette idée d’individualiser l’enseignement n’est pas impraticable. Elle n’est pas d’aujourd’hui et je me rappelle que, du temps où nous étions collégiens et alors que nous revenions, à pied, de nos excursions botaniques, par de longues routes, aujourd’hui sillonnées de tramways, Adolphe Tschumi, le futur auteur

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de Routine et Progrès, me la développait très savamment, pour l’âge de seize à dix-sept ans qu’il avait alors. La même idée sera reprise à présent par la pédologie et finira probablement par s’implanter. En attendant, ne conviendrait-il pas d’introduire, dans tous nos établissements d’instruction secondaire, une petite réforme qui consisterait à établir entre les branches d’études un système de compensations ? On ne retiendrait plus jamais pour une ou deux branches d’études faibles, et on ne refuserait pas un certificat de capacité à un élève qui serait suffisamment fort dans les autres branches et dont les moyennes générales dépasseraient les ou les ^/4 du maximum total. Car enfin, si j’ai un trou à l’endroit des mathématiques et une bosse à l’endroit des langues, ou bien si c’est l’inverse, ma valeur intellectuelle n’en sera pas, de ce seul fait, sensiblement modifiée en mal. Il se pourrait même qu’elle en fût augmentée.

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