‹ La vie [microforme]Chapitre 16 sur 37 · LAMARCK, DARWIN · texte numérisé non relu

LAMARCK, DARWIN

Quels sont les facteurs de l’évolution chez les êtres vivants? L'on a invoqué trois ordres de faits, comme explication du transformisme : 1° l'adaptation (de Lamarck), 2° la sélection (de Darwin), 3° les mutations subites soupçonnées par Geoffroy Saint-Hilaire, bien mises en évidence par DeVries.

Au cours des temps, les sciences particulières se sont formées de deux façons : le plus souvent par l'accumulation lente, de découvertes peu à peu amassées par une succession d’intelligences moyennes ; mais parfois, par l'apparition d’un génie qui fonde et développe une science de toutes pièces: si l’on peut dire qu’Archimède est le fondateur, l'architecte de la g ométrie, Lavoisier de la chimie, Pasteur de la microbiologie, à Lamarck appartient l'honneur d’avoir créé le transformisme.

Lamarck qui avait une chaire au Museum de France, fut conduit au transformisme, d’abord par l'embarras qu’il éprouvait à distinguer les limites, les bornes des espèces pour les classifier, puis par l’observation de la plasticité de la matière organique. “A l'égard des corps qui jouissent de la vie, la nature a tout fait peu à peu et successivement : il n’est plus possible d'en douter”, dit-il dans sa Philosophie .z0olog1que. Ailleurs : “Plus nos cotlections s’enrichissent, plus nous rencon-

trons de preuves que tout est plus ou moins nttancé, que les différences

remarquables entre les espèces s’évanouissent.” Et enfin: “Les espèces n’ont qu'une constance relative et ne sont invariables que temporaire-

ment.”

L'on peut résumer la doctrine du grand naturaliste français, quant aux principes directeurs du transformisme, en ces quelques propositions : 1° les êtres s'adaptent au milieu, 2° la fonction crée l’organe, 3° le besoin dirige la fonction, 4° l’organe qui sert se développe, 5° l'organe inutile s'atrophie ; puis il reconnaît et professe que l’hérédité 3 fixe les nouveaux caractères acquis dans les circonstances ci-dessus.

Il concrétise ces faits dans les deux lois suivantes, qu’il développe en-

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suite admirablement dans sa Philosophie zoologique que j'ai citée plus

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