‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 142 sur 191 · Arch. de la guerre, pol. et dise · texte numérisé non relu

Arch. de la guerre, pol. et dise

garnison troublent toute la ville la nuit en se livrant au jeu bruyant de la chasse du cerf, arrêtant les femmes et bousculant les bourgeois. Ils bravent les représentations de leurs officiers, qui ne les font rentrer dans Tordre qu'en infligeant à douze d'entre eux des années de prison *.

À Verdun, un beau soir, comme les habitants étaient réunis les uns chez les autres, les officiers, vêtus de redingotes brunes, s'amusèrent à enlever les volets non fermés, à prendre les clés des portes et à poser contre ces portes les volets décrochés. Les clés furent jetées pêle-mêle dans une guérite. Grand émoi, quand les bourgeois, « la lanterne à la boutonnière, » veulent rentrer chez eux. A minuit, toute la ville est en l'air; les officiers, à leurs fenêtres, jouissent du tumulte qu'ils ont provoqué. Le lendemain , sur des plaintes faites à l'autorité , plusieurs officiers de chevau-légers furent arrêtés. Les vrais coupables se dénoncèrent, et les chevau-légers , délivrés, furent ramenés en triomphe ; un grand repas leur fut offert, suivi d'une promenade aux flambeaux, où il y eut quelques verres cassés, qui furent bien payés. Une autre fois, c'est un officier en prison, qui ne trouve rien de mieux que de s'échapper toutes les nuits par la cheminée pour courir les rues et battre les bourgeois2.

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