Lettres françoises, p
2. P. Daniel, Hist. de la milice française, t, II, p. 115. — Ce que le peuple appelle mener les gens à la boucherie, écrit Bussy-Rabutin après le combat de Scnef, c'est les poster où étaient les quatre escadrons de la maison du roi.
officiers tués excède celui des soldats tués. « En Allemagne, ajoute-t-il , c'est tout autre chose, et il faut de deux choses Tune, ou que les commandants soient charmés ou qu'ils ue s'exposent guère, car il n'y en a aucun qui meure au lit d'honneur1. » Dans combien de sièges, dans combien de combats, le nombre des officiers qui succombent n'est-il pas considérable, en proportion du chiffre des troupes engagées ? Au siège de Philipsbourg. on en compte 178 hors de combat; ailleurs, des régiments perdent la moitié de leurs capitaines 2.
Pour conquérir et conserver l'ascendant sur les hommes , la supériorité du courage est nécessaire. Celui des officiers est plus éclatant, parce qu'il est plus en vue. Quelle estime, quelle admiration, quelle confiance peut inspirer à ses soldats un superbe colonel, comme le marquis de Conflans, provoquant, à la veille d'un combat, un colonel de pandours autrichiens, se battant avec lui au sabre à la vue des deux armées, recevant un coup sur l'épaule, mais ripostant par un coup terrible, qui fend la poitrine à son adversaire3! Quand il n'est pas de service, quand il