‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 182 sur 191 · COLONELS ET OFFICIERS DES CARDES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

COLONELS ET OFFICIERS DES CARDES FRANÇAISES

Les colonels du beau régiment des gardes françaises étaient a plupart du temps de grands seigneurs, qui étaient ou devenaient maréchaux de France, tout en conservant le titre et les fonctions de colonel. En voici la liste, avec la date de leur nomination :

1602. Le maréchal de Créquy fut nommé par le roi aux appointements de 1 0,000 livres. Son fils, le comte de Saux, vendit la charge 10,000 livres, en 1632, à Rambures, qui fut tué au siège de la Capelle. Sa veuve reçut 200,000 livres de récompense de son successeur.

1636. Antoine de Gramont, maréchal de France en 1641, prit en 1661 le titre de colonel. Ses prédécesseurs avaient porté celui de mestre de camp. Son fils, le duc de Guiche, fut désigné pour la survivance, en 1658. Tous deux vendirent leur charge, moyennant, 500,000 livres au duc de la Feuillade.

1672. François d'Aubusson, duc de la Feuillade, maréchal de France en 1673, ne paya cependant personnellement que 60.000 livres; le roi le gratifia du reste. Il lui remit la pique et le hausse-col à Saint-Germain.

1692. Le marquis de Boufflers, maréchal de France en 1693, céda sa charge, moyennant 500,000 francs, au duc de Guiche.

1704. Le duc de Guiche, devenu plus tard duc de Gramont, ne fut que lieutenant général. Sa charge fut donnée en survivance à son fils, le duc de Louvigny.

Les obsèques du duc de Grammont furent célébrées avec toute la pompe militaire qui était due à son rang. Le cercueil porté, par six sergents, était revêtu d'un drap, dont les coins étaient

tenus par quatre capitaines. Six cents hommes, en habits uniformes sur des vestes noires, l'escortaient. Autour battaient les tambours aux caisses recouvertes de crêpe. Le drapeau de la compagnie colonelle figurait à droite. Derrière le corps, le bâton de commandement était porté par le sergent d'armes, le bâton de maréchal par les officiers de la connétablie, la couronne ducale par l'écuyer.

1745. Le duc de Biron, maréchal de France en 1757, améliora sous tous les rapports le régiment qui lui était confié. Il sut, tout en se faisant aimer de ses soldats, leur imposer une discipline exacte.

1788. Le ducduChàtelet, son successeur, s'aliéna au contraire son régiment par sa dureté et sa maladresse.

Ce fut le duc de Biron qui fit sans nul doute rédiger, en 1740, le « Journal de tout ce qui s'est passé dans le régiment des gardes françaises depuis sa création en 1503, » en deux volumes in-folio, reliés en maroquin, qui sont conservés aux Archives nationales, sous la cote KK 538, et auquel nous empruntons la plus grande partie des détails relatifs aux mestres de camp et aux colonels de ce régiment.

Le tome V du Recueil Cangé de la Bibliothèque nationale contient une liste intéressante des capitaines des gardes françaises, avec l'indication de ce qu'ils sont devenus, à la cessation de leurs fonctions. Cette liste s'arrête en 1729. Nous y voyons que 38 ont été tués pendant la guerre, un seul a été victime d'un duel, 31 sont morts en charge, 50 ont vendu. Un s'est démis en faveur de son fils, 5 ont été cassés, dont deux pour combat singulier, 24 se sont fait nommer gouverneurs de villes, 6 majors, 7 colonels ou lieutenants-colonels. Enfin 15 se sont retirés avec des pensions, qui pour 5 d'entre eux s'élevaient à 0,000 francs. On voit que pour la grande majorité, le grade de capitaine aux gardes était le terme de leur carrière.

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