‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 51 sur 191 · Une ordonnance de décembre 1710 décida que l'armement des · texte numérisé non relu

Une ordonnance de décembre 1710 décida que l'armement des

Louis XV même, des officiers généraux ne s'astreignaient pas à porter l'habit militaire ; le maréchal de Contades conservait l'habit de ville et la grande perruque ; des officiers des gardes françaises montaient la garde à Versailles en habit noir, n'ayant d'autre marque distinctive que le hausse-col sur la poitrine l. Longtemps les grades ne furent pas indiqués par le nombre des galons et par l'épaulette. Les officiers subalternes faisaient charger leurs habits et les housses de leurs chevaux de galons d'or et d'argent. Une circulaire de 1725 voulut leur imposer de se contenter d'une simple bordure légère. Rien n'y fit. Une nouvelle ordonnance de 1737 leur enjoint de porter leur uniforme, pendant qu'ils sont au corps, sans y ajouter aucun ornement superflu2. « A Dantzig, en bas de soie et en escarpins, ils ressemblent plus à des arlequins qu'à des gens de guerre 3. » Une ordonnance de 174V prescrit aux officiers généraux en campagne, afin d'être promptement reconnus de leurs inférieurs, « de porter un habit uniforme bleu de roi, orné d'un galon double sur les manches pour

officiers serait uniforme; que les colonels et les capitaines porteraient an esponton de sept pieds et demi à huit pieds de long, et que les officiers subalternes seraient armés de fusils garnis de baïonoettes, ,i L'exception des officiers des gardes françaises et suisses, qui raient l'esponton. (Recueil Cangé, t. XXXVIII.)

i . Bégur, Mémoires, t. I, p. 85.

•>. Recueil Cangé< t. XLTV, LI.

: lettres françaises cl germaniques par Mauvillon), p. 10.

les lieutenants généraux, simple pour les maréchaux de camp l. » En 1753 , l'état de choses auquel on veut remédier ne s'est pas modifié.

« Il n'y a nulle distinction, écrivait un officier, dans l'uniforme entre un brigadier des armées du roi et un sous-lieutenant. Cette absence de marque distinctive permet à des gens de naissance et sans conduite de s'annoncer pour officiers et de porter atteinte au renom que le corps d'officiers s'est acquis 2. » L'uniforme était mal vu en dehors du régiment. Vers 1735, le marquis de Mirabeau fut rencontré en uniforme sur le cours d'Aix par son père. « Monsieur, lui dit celui-ci, quand on doit paraître devant les gens à qui l'on doit du respect, on quitte son habit de caporal, qui ne va nulle part qu'à la tête de sa troupe. Allez quitter cet habit 3. » Sous Louis XVI même, il était à peine admis à la cour. Sauf les officiers des gardes et les colonels qui venaient prendre congé du roi , on n'y rencontrait personne en uniforme 4.

On y tenait pourtant davantage au régiment. Le maréchal de Belle-ïsle l'avait imposé aux officiers dans leur garnison. Il avait voulu ainsi mettre un terme au luxe exagéré des vêtements, qui avait fait naître

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