‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 59 sur 191 · Bourrelly, le Maréchal de Fabert, t. I, p · texte numérisé non relu

Bourrelly, le Maréchal de Fabert, t. I, p

3. L'Héroïne mousquetaire, histoire véritable, llp édit., 1703; 2e

d'officier de dragons. Engagée dans la cavalerie, elle avait lait avec valeur plusieurs campagnes, et s'était tirée avec honneur de ses aventures de guerre. En temps de garnison, elle reprenait parfois ses habits de femme, et sa vertu passait pour égale à son courage l. On peut citer aussi, en 176-2, une demoiselle de Saint-Simon , âgée de 24 ans, jolie et fort aimable , qui leva une petite recrue sous le nom de ses frères et fit toute la campagne, en qualité d'officier surnuméraire, dans le régiment de Vaubecourt, où son père était lieutenant-colonel2. On sait aussi qu'en 1792 deux sœurs, Théophile et Félicité de Fernig, se distinguèrent à l'armée du Nord , comme aides de camp du général Dumouriez, et qu'elles furent signalées plusieurs fois à l'Assemblée législative et à la Convention pour leur valeur exceptionnelle. Non content de les comparer à Jeanne d'Arc, on disait qu'au milieu de l'armée, composée de jeunes citoyens, elles étaient honorées et respectées, et qu'elles savaient « joindre au courage les plus aimables vertus de leur sexe, la douceur et la modestie 3. »

Les volontaires de bonne famille parvenaient ra-

1. Histoire de la Dragonne, contenant les actions militaires et les aventures de Geneviève Premoij sous le nom de chevalier Jialtazar, 1703, m-12 de 614 p. L'auteur a été « nourrice supplémentaire pendant un an du duc de Berry, » mais n'a pas été assez m heureuse pour donner son sein à ce grand prince. »

'. Mercure dijonnois, publié par M. Dumay, p. 147.

3. Réimpression du Moniteur , t. XIII, p. 490, t. XIV, p. 112.

pidement au grade de sous-lieutenant *. Cependant, faute de protection, quelques-uns peuvent attendre indéfiniment leur commission d'officier. Tels sont deux frères qui passent pour gentilshommes et font partie depuis dix ans du régiment de la Vallière. Ils y ont toujours vécu avec les lieutenants, se sont parfaitement comportés, et sont fort estimés. Ils ont de bonnes mœurs; il n'y a qu'une voix sur leur compte, et comme de plus ils sont assez bien faits, on déclare qu'ils sont très propres pour être officiers ; cependant ils n'ont pu avoir d'emploi dans ce régiment, quoique le colonel leur en eût promis. Dans tous les cas, c'était un stage un peu long , et l'un des frères en était réduit à quitter le régiment pour aller se faire recevoir ingénieur à Paris 2. Les places d'enseigne ou de cornette étaient souvent données à ceux qui désiraient devenir officiers; mais, bien qu'inférieures au grade de sous-lieutenant, on n'avait pas besoin de celui-ci, ni même de celui de lieutenant, pour se faire nommer capitaine.

Beaucoup de nobles débutaient par se faire admettre dans les troupes de la maison du roi , où les simples gardes du corps, les mousquetaires, les grenadiers à cheval et les gens d'armes avaient le rang

1. Sous Louis XIII, il fallait servir un an pour le moins avant d'être lieutenant ou enseigne. Règlement pour l'infanterie, 1622. Recueil Cangé.

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