‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 60 sur 191 · Lettre du 5 sept. 1 730. Arch. de la guerre, adm · texte numérisé non relu

Lettre du 5 sept. 1 730. Arch. de la guerre, adm

et le gradede sous-lieutenant. L'avancement était peu rapide clans ces corps, parce que les grades supérieurs étaient réservés aux grands seigneurs. Un garde du corps, au service depuis dix ans , n'espérait pas devenir brigadier avant dix autres années. Il soupirait après une lieutenance, afin, écrivait-il à son père avec une orthographe fantastique, « d'ogemanter meis revenut ; » mais il ne voulait pas d'une lieutenance de maréchaussée pour ne pas « fair to'rre » à son avancement l.

L'avancement, c'est la préoccupation, c'est le souci de la plupart des officiers, de ceux qui suivent patiemment leur carrière comme de ceux qui la parcourent rapidement, grâce à leur mérite ou à la faveur. Sans doute Lien des lieutenants et des capitaines se résignent à ne pas obtenir des grades plus élevés que ceux qu'ils possèdent; mais ce n'est que dans la maturité de l'âge qu'on aperçoit nettement les limites de son avenir ; dans la jeunesse, elles échappent aux regards, et le cadet, à qui Ton dit qu'il a dans sa giberne le bâton de maréchal, n'est pas éloigné de le croire. Pourquoi le jeune officier aspire-t-il après la guerre? C'est qu'elle est une sorte de loterie glorieuse, où sa vie est l'enjeu, mais où il peut gagner honneur, grade et profit; c'est une tontine dont les survivants se partagent les bénéfices. On ne cherche pas seu-

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