‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 66 sur 191 · tournai de Vavocal lUirbier, !.. VII, p · texte numérisé non relu

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2. L'art. 5G de Tord, de juillet 1534 avait décidé qu'un anneau d'or serait accordé comme «■ preuve de vertu » à ceux qui se dislingueraienl en bataille, assaut de place, prise de ville. L'article 16 des propositions de l'assemblée des notables de 1626 demanda la création d'un ordre militaire nouveau sons le litre de Saint-Louis. (Recueil 1 m- ! VII. - On sait qu'il existait d'autres ordres de chevalerie

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aussi une récompense et un stimulant pour les officiers de tout rang ; pour ceux qui étaient arrivés au terme de leur carrière , elle était le dédommagement du grade qu'ils ne pouvaient atteindre; elle était h la fois un honneur et un supplément de ressources, puisqu'elle leur conférait le droit à une pension, qui variait de 200 à 800 livres. Aussi la demandait-on comme on demande un grade. L'un fait valoir qu'il a vingt-sept ans de service, qu'il a été douze ans lieutenant et sept ans capitaine. L'autre est capitaine de dragons; il a été blessé avant seize ans, réformé trois fois et n'a qu'un traitement de 720 francs. C'est le vicomte de Flavigny, auteur de publications militaires, qui se dit « ruiné de fond en comble » par les voyages qu'il a faits en Suisse et en Italie pour y étudier les milices , et que son état de gêne confine pour jamais dans son village l. » A coup sûr, il a droit à la

antérieurs à celui de Saint-Louis; mais l'ordre du Saint-Esprit était réservé aux princes, aux grands seigneurs et à de hauts dignitaires l'ordre de Saint-Michel était donné presque exclusivement à des fonctionnaires, à des savants, à des artistes. D'autres ordres étaient tombés dans le discrédit par la facilité avec laquelle on y était admis : tel était celui du Saint-Sépulcre de Jérusalem. L'ordre de Saint-Lazare et du Mont-Carmel était reconnu d'une manière officielle ; mais en 1760 tous les élèves de l'École militaire avaient le droit d'en porter les insignes en qualité de chevaliers novices ; la croix de cet ordre ne leur était interdite qu'en cas de châtiment exemplaire. (Archives nationales, MM. 666, fol. 33, 101 et 108.)

1. Arch. delà guerre, adm., 3017, 3683. — La lettre de Flavigny est de 1773 ; il dit qu'il a 27 ans de service, et la Biographie générale Didot le fait naître à Craonne, en 1741.

croix plus que beaucoup d'autres. Tous la recherchent , quoiqu'elle ne soit pas exclusivement donnée au mérite. Elle sert à marquer le nombre des années de service; elle est accordée au grade, et non à l'homme ; elle devient un insigne du rang, et non de la valeur. Guibert dit, en 1775 : « La croix de Saint- Louis a perdu toute considération ; mais elle est encore un appât pour les officiers; ils ne s'en tiennent pas honorés , mais ils veulent l'avoir parce que les autres l'ont1. » Cependant elle semble si utile que le maréchal de Belle-Isle fait instituer, sous le titre d'ordre du Mérite militaire, un ordre spécial pour les non-catholiques2. Le premier engagement que prenait le chevalier de Saint- Louis, lors de sa réception, était de jurer qu'il vivrait et mourrait dans la religion ca t bolique et romaine. La réception se faisait, du reste,

1. Examen critique, 1. 1, p. 1%.— Voyages en France, p. 11. — Il y avait en 1789 trente-neuf grands-croix et soixante-dix-huit commandeurs de l'ordre de Saint-Louis. Tous les grands-croix étaient, lieutenants généraux, sauf trois maréchaux; tous les commandeurs étaient lieutenants généraux et maréchaux de camp. Cependant il y avait de rieux officiers qui ne pouvaient obtenir la croix de chevalier. Aussi l.i noblesse d'Auxois demandait-elle en 1789, dans son cahier, que cette croix fût accordée de droit après vingt ans de service.

2. Les dignitaires de l'ordre du Mérite militaire étaient tous des Allemands ou des Suisses au service de France. (État militaire ])<>ur 1789, p. 112.) Le cordon de cet ordre était bleu foncé, sans être onde. La croix était d'or; sur le côté, une épée en pal, avec la légende : Pro rirlute bellicâ ; sur le revers, une couronne de laurier, avec ces mots : Ludovicus XVinstituil, 1759. [Almanach royal j)our 1789, p. 224.)

avec des formes solennelles qui prouvaient l'importance qu'on attachait à la dignité qu'elle conférait { . Cette importance était également attestée par la rigueur avec laquelle on en punissait l'usurpation. Un

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