Voici la formule employée pour la réception en
Instruction pour recevoir des chevaliers de l'ordre militaire de Saint-Louis.
Lorsque les officiers que (en blanc) doit recevoir chevaliers dudit ordre se sont rendus près de luy pour estre reçus conformément aux ordres du Roy, il les fera mettre à genoux et découverts, ayant les mains jointes, et luy debout et couvert fera lire à haute voix le serment qui suit :
Vous jurez sur la foy que vous devez à Dieu vostre créateur, que vous vivrez et mourrez dans la religion catholique, apostolique et romaine.
Que vous serez fidelle au Roy, et ne vous départirez jamais de l'obéissance qui luy est due, et à ceux qui commandent sous ses ordres.
Que vous garderez, deffendrez et soustiendrez de tout vostre pouvoir l'honneur, l'autorité et les droits de Sa Majesté et ceux de la couronne , envers et contre tous.
Que vous ne quitterez jamais son service pour entrer dans celuy d'un Prince eslranger, sans la permission et agrément par écrit signé de Sa Majesté.
Que vous luy révélerez tout ce qui viendra à vostre connoissance contre sa personne et contre son Estât, et garderez exactement les statuts et règlemens de l'ordre de Saint-Louis, auquel Sa Majesté vous a aggrégé, et vous a honoré d'une place de chevalier en iceluy.
Que vous vous comporterez en tout comme un bon, sage, vertueux et vaillant chevalier est obligé de faire, ainsi que vous le jurez et promettez.
Le dit serment lu, et le chevalier ayant promis de garder et observer ce qui est contenu (blanc) tirera son épée du fourreau, et leur en donnera un coup de plat sur chaque épaule; et les embrassant ensuite, leur dira ces mots : Au nom de Sa Majesté et suivant le pouvoir qu'elle m'en a donné, de par Saint Louis, je vous fais Chevalier ; et à l'instant, il leur remettra à chacun une croix dudit ordre, avec le ruban couleur de feu, pour estre les dites croix atta-
lieutenant du bataillon de milice de Lons-le-Saulnier fut condamné à être dégradé des armes et de noblesse et à subir vingt ans de prison, « comme atteint et convaincu du crime de s'être décoré indûment de la croix de Saint-Louis1. »
Cette croix avait conservé, jusqu'aux derniers temps, son prestige aux yeux du public. « Partout, dit-on, on cède le haut du pavé aux chevaliers de Saint-Louis; on est honoré de leur fréquentation ; le beau sexe surtout chérit leur compagnie ; dans les cérémonies publiques, toutes les portes s'ouvrent devant eux2. » Et au moment de la Révolution , l'auteur d'un Voyage sentimental montrera dans une auberge en flammes un voyageur risquant ses jours pour aller chercher sa croix de Saint-Louis. « Heureux, s'écrie cet auteur, les pays où la fortune et la vie le cèdent à l'honneur 3! » L'institution de Louis XIV était vrai-
chées et portées doresnavant sur l'estomac, comme font et sont obligez de faire les autres chevaliers du dit ordre; ensuite de quoy, ils se retireront et (blanc) informera Sa Majesté de ce qu'il aura fait en exécution de la présente, et marquera le jour qu'il aura procédé à la réception dudit chevalier. Fait à... (Recueil Cangé, t. XLII.)
Dans le principe, c'était le roi qui recevait lui-même les nouveaux chevaliers. En 1703, il se fait remplacer par le duc de Bourgogne. Les croix étaient fabriquées à cette époque par le « Directeur de la monnoye des médailles aux galeries du Louvre. » Les grandes croix lui riaient payées par le roi 120 1., les petites 75. (Même recueil, t. VIL)
1. Jugement du conseil de guerre, à l'hôtel des Invalides, le 17 octobre 1785. Arch. de la guerre, adm. milit., 3748.