‹ La vie morale et intellectuelle des ouvriersChapitre 22 sur 196 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

a La meilleure garantie que nous puissions nous assurer de la réalisation de nos idées, c'est l'éducation et l'instruction qui doivent permettre à la génération qui nous suivra de continuer notre œuvre sans dévier du chemin déjà tracé.

« Pour atteindre ce but, il est indispensable d'organiser : l'instruction et l'éducation professionnelles, pour assurer à l'enfant arrivant à l'âge d'homme, sa liberté d'abord et ensuite les moyens de rendre à la société les services qu'il en a reçus.

« L'instruction et l'éducation générales , indispensables au développement de ses facultés morales et intellectuelles et à la connaissance de ses droits et de ses devoirs envers la société. Aidé de ces deux, leviers, le prolétariat pourra bientôt, nous en avons le ferme espoir, prendre la place qui lui appartient dans l'ordre social, et, soulevant les obstacles qui s'opposent à son entier développement, s'épanouir, libre et digne, à la surface de la civilisation. »

Ainsi l'intention bien arrêtée de s'emparer de la direction de la jeunesse est on ne peut plus nettement afGrmée par les chambres syndicales d'ouvriers; cent sept délégués de professions différentes ont nominativement adhéré à ce programme.

Si nous parcourons maintenant les rapports des instituteurs et des institutrices délégués par les mêmes associations à l'Exposition de Vienne, nous pouvons juger des moyens d'action et d'organisation.

Dans un premier rapport intitulé : Rapport des délégués du syndicat des instituteurs , institutrices et professeurs libres laïques de France, on signale que ce syndicat, comptant à peine deux années d'existence, « est parvenu, depuis sa fondation, à grouper dans son sein la plupart des instituteurs et des institutrices libres laïques, placés à la tête des principales écoles du département de la Seine; il a en outre reçu de la province des adhésions nombreuses « .

Deux délégués ont été nommés pour représenter le syndicat des instituteurs et institutrices à Vienne*. Ces délégués étaient guidés dans leur enquête par un questionnaire discuté et arrêté en assemblée générale des syndicats. Ce questionnaire est divisé en quatre chefs : 1° moral et intellectuel , 2° matériel et d'hygiène, 3" personnel, 4° législation , association et publicité.

Dans leur rapport, les délégués des intituteurs laïques se livrent à des considérations historiques, qui ne sauraient passer inaperçues, sur le caractère à imprimer à l'enseignement de la jeunesse :

a En France, disent-ils, l'éducation républicaine a été résolue en principe par la Constituante de 1791 et créée par le décret de la Convention nationale du 29 frimaire an II (18 décembre 1793). Ce

* Mademoiselle Bardillon, directrice de l'école de jeunes filles de la rue Jean Lantier, et M. Ouin, professeur des arts de dessin.

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