CHAPITRE DE;UXIÈME
qui rattache leurs intérêts réciproques dans l'éducation morale de la jeunesse.
Nous pourrions multiplier ces exemples des grandes entreprises industrielles où les directeurs de l'exploitation et, on peut le dire, les ouvriers eux-mêmes ont compris la corrélation étroite, intime, qui lie la question de l'éducation morale à celle de l'instruction.
En abordant la question de l'éducation de la jeunesse ouvrière, on se trouve, il est vrai, sur le terrain le plus ardu et le plus difficile. 11 ne s'agit point seulement de ce que l'on apprend dans l'école, ou même dans la famille, mais, problème plus grave, des influences diverses exercées par l'éducation, dans la sphère où il est placé, sur Tintelligence, le caractère et les sentiments de l'ouvrier.
En observant de près cette puissance merveilleuse de l'éducation sur la direction des hommes , on s'explique les luttes ardentes, les compétitions et les convoitises de tous ceux qui veulent, pour arriver à les dominer, tenir dans leurs mains ce grand levier de gouvernement. On comprend ainsi les ardeurs et Tacharnement que les partis apportent sur toutes les questions relatives à l'instruction. Là surtout on aperçoit avec clairvoyance le but où tendent les visées et les entreprises du radicalisme, en voyant à l'œuvre son plus énergique instrument de
propagande et de conquête, les associations syndicales d'ouvriers.
Imprimer d'abord à l'instruction et à l'éducation des tendances qui les dégagent de plus en plus de la direction spiritualiste; détruire pour cela les influences de la famille et de la religion sur l'esprit de la jeunesse; s'emparer ensuite progressivement du domaine de l'instruction, et le posséder sans partage dans l'avenir; exercer par là sur tous les esprits, sur toutes les volontés, un empire absolu , tel est le programme dont les chambres syndicales d'ouvriers poursuivent ouvertement la réalisation à la face des gouvernements et du pays. En voici les preuves :
Dès 1867, les délégués à l'Exposition universelle de Paris réclamaient le droit, pour les diverses associations coopératives, de s'occuper de toutes les questions intéressant l'apprentissage , de créer des écoles d'enseignement primaire et des écoles professionnelles, des bibliothèques, etc.; en un mot, le droit d'organiser à leur manière toutes les institutions d'enseignement populaire.
Le préambule du rapport de la délégation des ouvriers français à l'Exposition de Vienne affirme avec plus de force encore ces revendications. Après un exposé des réformes sociales proposées à l'adhésion des délégués, le rapport ajoute ces paroles significatives ' :
• Rapport d'ensemble des délégués à l'Exposition de V^ienne.