CHAPITRE DEUXIEME
5° L'accès, pour la femme, à toutes les écoles spéciales ou supérieures . .
S" La création d'un syndicat des institutrices se rattachant aux autres syndicats ouvriers. »
D'après ces déclarations et ces programmes , les représentants des associations syndicales d'ouvriers, entendent, on le voit , prendre au plus vite en main et diriger exclusivement l'éducation de toute la jeunesse nationale. Ils affirment que l'instruction est la seule question sociale; que^par elle, ils arriveront infailliblement à la réalisation de toutes leurs espérances.
N^ous pensons aussi que la question sociale se résume dans l'éducation de la jeunesse. C'est parce que nous le pensons qu'il nous a paru nécessaire de signaler l'imminent péril auquel sont exposées nos institutions et nos croyances assiégées par ces audacieuses entreprises.
En présence de tels assauts livrés à l'édifice social, conviendrait-il de fermer les yeux et de se boucher les oreilles pour ne rien voir et ne rien entendre? Les hommes d'ordre, au spectacle de cette guerre ouverte aux principes qui sont la gloire de noire civilisation et la foi de l'avenir, se désintéresseront-ils des questions de l'instruction? Abandonneront-ils à ces périls la jeunesse de la France? Laisseront-ils enfin, de l'aveu même des adversaires de l'enseigne-
ment spiritualiste, envahir le domaine de la conscience, livrer l'instruction au matérialisme et préparer des générations insouciantes de Dieu, des principes sociaux, de tout ce qui fait en un mot, l'honneur et la grandeur des nations chrétiennes?
Réagissons donc, par d'énergiques efforts, contre ces doctrines néfastes ; effaçons en la trace dans le sillon lumineux que laissera après elle une immense diffusion de l'instruction morale et religieuse.
Améliorons d'ahord , par tous les moyens en notre pouvoir, les conditions actuelles de l'éducation populaire. Me sont-elles pas, en effet, incomplètes et insuffisantes? Fortifient-elles l'esprit de l'ouvrier contre les égarements, les chimères, les préjugés? Lui fournissent-elles assez de connaissances pratiques pour qu'il puisse développer ses aptitudes industrielles ? Assez de lumières pour qu'il prenne sa voie dans la vie et améliore sa situation?
Nier que des facilités nouvelles soient chaque jour ouvertes aux enfants pour acquérir cette éducation virile et éclairée, serait être injuste envers notre société. Croire que ces facilités sont suffisantes, serait se bercer d'illusions trompeuses et s'abandonner à un dangereux optimisme.
Il ne nous appartient cependant pas, tout en constatant ici les besoins, les intérêts et les aspirations des populations ouvrières, il ne nous appartient pas