CHAPITRE DEUXIÈME
de tracer le programme, ni d'arrêter les bases de l'éducation la mieux appropriée à la condition de l'ouvrier.
L'éducation est un fait complexe ; elle prend sa place dans le coeur comme dans l'esprit des hommes ; elle exerce son empire au foyer , à l'école , à l'atelier même; c'est dans les enseignements de la famille, dans les leçons du maître, dans l'exemple du patron que l'on en retrouve l'expression la plus parfaite. C'est le plus grand bonheur, dans son existence mortelle, que le cœur de l'homme ait été pénétré dès le jeune âge, des principes d'une bonne éducation. S'il n'a point été favorisé de cette chance heureuse, il sent peser sur sa vie tout entière le poids d'un mal irrémédiable. On ne saurait trop signaler la gravité de cette considération aux parents, aux patrons, aux législateurs et aux goui^ernements, à tous ceux qui, par mission, doivent prendre quelque souci du progrès moral de l'enfance.
Notre pensée sur ce sujet se résume ainsi : nous estimons, comme un économiste des plus autorisés, AI. Leroy-Beaulieu ' , nous estimons qu'on ne saurait trop se préoccuper d'améliorer la situation des ouvriers ; cette amélioration est aussi réalisable que désirable; l'un des moyens les plus sûrs d'y
ï M. Lerov-Beaulieu. V Etal moral et intellectuel des popuiations ouvrières.
parvenir, est de relever, par tous les efforts possibles, leur condition morale. Comme lui, nous voyons dans l'instruction l'un des plus efficaces agents du progrès matériel et intellectuel des populations ouvrières. Mais pour ne rien laisser dans l'ombre et l'incertitude, nous affirmons, avecl'autorité de l'expérience générale et la sincérité de nos propres convictions, qu'à l'influence de l'instruction il convient d'ajouter celle d'une puissance beaucoup plus effective encore du relèvement et de la dignité de la conscience humaine, nous voulons dire, l'éducation morale.