LE REPAS DE BELZEBUTU
D'après une caricature anglaise de James Gillray. — (Bibliothèque des Beaux-Arts.)
Celle caricature date de 1803, mais elle ne p.;aélra en France qu'en 1808, en quelques exemplaires iulroduils avec grand danger el vendus fort cher.
cria : t Dites vite, monsieur, qu'est-ce que signifie cet écriteau? — Vraiment, répliqua l'empereur, moi seul j'en veux être instruit, et pour te punir de tes mauvaises plaisanteries, tu n'en sauras rien. Parlez-moi bas et à l'oreille, monsieur, cela ne regarde point l'impératrice. »
Et l'impératrice eut beau s'approcher, l'impératrice eut beau prier, il fallut que l'aide de camp parlât tout bas et à l'oreille de Napoléon ; il fallut que Joséphine n'entendit rien de ce qu'elle désirait tant savoir. L'empereur remonta dans ses appartements sans lui avoir appris le secret du mystérieux écriteau, sans qu'elle eût entendu autre chose que ces paroles de Napoléon à l'aide de camp : t Dites au colonel de m'amener cet homme demain matin à la parade. >
gents,et placé à l'extrémité de la ligne des soldats.
L'empereur, préoccupé par les grands événements politiques survenus tout à coup, avait totalement oublié l'aventure de la veille, de sorte qu'arrivé devant le vieux soldat à genoux, il s'arrêta brusquement et demanda : Ou'est-ce que cela signifie? Le vieux militaire avait le cœur gros et les veux mouillés de larmes, il ne put répondre. L'empereur fit signe au colonel de s'avancer : « Monsieur, qu'est-ce (pie cela signifie? lV)urquoi cet homme à genoux? Pourquoi ces larmes? — Sire, Votre Majesté doit se rappeler «ju'hier elle a donné l'ordre de lui amener aujourd'hui cet homme : c'est lui dont l'écriteau...
— Ah! ahî je me souviens de cela. »
Et il retourne au militaire.
1»ARIS DE 1800 A lUOO.
LA FULIE 1)1 JOLH. — LA S E H I N (1 O M A M E .
D'après une caricature du temps. — (Bibliothèque nationale.)
(Xlc fui;-- du jour i-ui pUisiruis années de duré'-. La caricature (jui y fait allusion était t'iicor.- très répandue en 180S, ol plusieurs écrils de léiioqu»', journaux, iiainj-lilels la citent eu la couinienlant et en lui trouvant même un sens politi.jue, auquel cerlainemenl le caricalurivte n avait jtas pensé.
« (l'est toi qui tavi.ses, mauvai connue ua vrai chenapan et d'av mauvais? Tu insultes tni de tes chefs î tu le frap|)es, te voila dans de beaux draps :
et qu'est-ce qu'il va l ;] river de tout ceci ?
tu ne rougis pas d'une telle conduite, toi qui pori.cs à la bouton ni ère une pareille décoration î cela t'arrive-t-il souvent de te priser?
— Non, Sire, répondit le colonel pour le pauvre soldat ému et trop interdit. — vas [jasser aujour^ devant le conseil de tu dois savoir ce <\m 1 Httend Cependant si j'étais mu- que lu fusses un bon camarade... Estce un bon camarade? demanda-t-il en se tournant vers le régiment. — Oui, oui, Sire, cria-t-on de toutes parts.
— Où a-t-il gagné la croix qu'il porte?
— A Austerlitz. »
L'empereur retourna vers
s sujet, de te griser oir le vin
le
soldat et le e Comm
LE nOCtEUR GALL A CYTHÈRE.
(D'après une gravure de 1808.
Musée Carnavalet.)
Franvoi8-Joso]th Gai), célèbn' médecin allemand (né en 1758, mort on 1828), se iil naturaliser Français en 1819. Il fut le créateur de l'anatomie du cerveau et fonda la science conjecturale de la phrénoloffie qui fit tant de bruit parmi les savants et les gens du monde en 1808. La caricature s'égaya prodigieusement À ses dépens. Les journaux publièrent des articles satiriques sur • les lx)Kses et leur observateur ». En somme, il eut un succès énormi? qui lui survécut même.
prit par les moustaches :
lent, mon vieux, tu étais à Austerlitz, lu v gagnas la croix d'honneur et tu te conduis comme un conscrit sans discipline! (}u'est-ce qu'il le serait arrivé jiourtant si ma iemme n'eût pas eu de bons veux, ou si ma voiture n'eût point passé visà-vis la prison?
« Allons, lévetoi , va-t'en à ton rang, et si jamais tu t'avises encore de te griser, gare à loi! i
Jùf^ezi (les cris de : Vive l'empefeur! qui s'élevèrent de (ou tes parts.
Jugez de l'enthousiasme qu'excita ce généreux pardon; on n'entendait que des vieux militaires qui faisaient serment de se] battre comme des enragés et de mourir quand ils en trouveraient l'occasion
pour un bon b comme
l'empereur.
(Anonyme — i808).
Janvier.
1. — Éclairage de l'hôpital Saint-Louis par 300 becs de gaz, i-Uiblis ])ar le chimiste Darcel. Le succès do celle expérience provoque la créalion de trois fal)ri(|ues tie gaz : une près de l'abattoir de Moiiiniarlre, une autre près de la barrière de Monceaux, la troisième fondée jiar Pauwels fils.