‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 116 sur 455 · K.-J.-B. I>» I I!IH · texte numérisé non relu

K.-J.-B. I>» I I!IH

Auteur dramatique

FH. FOMVINF,

Ar<hilecle(1702-ls.'.^j

(.LOKGK- (.IVIKIl

.Naturaliste (I7o0-is;;2),

JFA.N.NE-KMiLIE I EVFHD

-Vriiste dramatique

Imprimeur (mort en 18U0).

tanément quitté. » — Cirque Olympique de MM. Frûn' coni fils, rue Saint-Honorc — Jardin Doria (ouvert 11- 24 avril). — Jardin de la Crande Chaumirre, boulevard .Montparnasse, près du Luxembourg.

L Automate joueur de trompette, de Maelzel. — Le singe Jocko du Jardin des Plantes (envoyé par le général Decaen, capitaine général des lies de Fi*ance et de la Réunion, il mourut au bout de quelqu(>8 mois).

La restaurateur 'Véry s'installe au Palais-Royal.

Les IkrUu

Salon de 1808. (Le Couronnement ri les Sabines de David. — la Bataille d'Austerlitz de dérard. — l'Alala de Girodet. — La Bataille d'Eylau de Gros. — Au Justice poursuivant le Crime el Ps},chè tnlevèe par tes Zif;hyrs, de Prudhou). — S tableaux (de Cautherof, Girodfl, Cuérin, .Monsiau. Lejeune. Taunai, Barihékmy, Bach r d'Albei sont enlevés du Salon cl placés dans la galerie de Diane aux '1 uil< ries.

Portrait de Joséphine, par Guérin. — <iravures de la batiiille d<> Marcngo tt de la bataille d'Aboukir, d'sprès Us tul>l<aux de Lejeune. — Statue de Madame mère, par Canova. — Guillon- Lethière est nommé diredeur de l'Académie de l- ran( e à Rome.

lr"iio;,r:tphie (jrrcfjue de Visconli.

lie» IJvrcM de Tannée.

Delille : Les Trois Br<jn(s de la Xalure, poème 'avec d« s nol( s de Cuvier et autres savants). — Saint- Simon : liilrûduclion aux travaux ici'Utili'jues du \\\^ siècle. — Ch. Fourier : T'.éorie des quatre inoueem' uts el des deslinées fi-Ufrales. — Gall : In- Iroductiûu au cours de plnfiioloijie du cerveau.

Le iliéAtre. (Déuuts et phemières.)

A.cadëmie Impériale de musique (Opéra). — i'î mai. Aristippe, 2 act< s, paroles de^iiraud et Lechrc, ujusique de Kreut/er isuccèsi. — 20 déc. Alexandre ehc: Aprlles, ballet de Garde!, musique de Catel (pour la !'■«' fois le cor anglais se fait entendre à l'Opéra).

Théâtre -Français. — 3o avril. Artaxerxe, trat'édie, par Delri.-u (succès). — Débuts de Mlle Emilie Levert dans la Co/uellc corrigée (ao:';l).

Opéra-Comique. — Ji mai. in jour a Paris *>\i Il le- ou siiifiulii're, 3 aries, d'tlienne el .N'icolo.

Théâtre de l'Impératrice (Louvois). — L*3 février. Monsieur Têtu ou la Crdnomanie, i acte en prose par A. Duval (comédie contre le D"" hall, ne réussit pas). — IJ juin. Dernière repri'ientation à la iullc Louvois. — 15 juin. Ouverture de la salle fiùtie par Clialuriu : Le Vieil Amateur, prologue en vi-rs d'A. Duval. La Comédie au Foyer, de Chazet. — li noveuibre. La Famille Bretonne, 3 actes en vers, par C'ollin d'ilarfeville, con)édic posthume (succès).

"Vaudeville. — 13 janvier. La Marchande de modes, \iarodie de la Vestale, 1 acte par Jouy. — 7 juin. Arlequin en Pirse, parodie d*.4r/a.rcr.tc, 1 acte par Barré, Radet, Desfontaines et Dieulafoy (succès).

Opéra Buffa. 12 mai. Il Credulo, de Cimarosa.

Variétés. — 7 janvier. Cadet Uoussel au Jardin Turc, l acte i>ar Aude (grand succès).

Oalté. — 4 mars. M. Quinquina et Mlle Bourrache ou un Tour de Carnaval, i acte p<ur Calmel. — 25 octobre. Ouverture de la nouvelle salle : prologue de .Marlainville, le Mariage du Mélodrame et de la Oaité.

Porte Saint-Martin. — Ouverture tous le litre de Jeux Cymnastiques.

Les morCs de ramnée.

L'acteur Desfaucheretz (18 février). — L'imprimeur Pierres (18 février). — Le peintre Hubert Robert (15 avril). — La duchesEe de Brissao, femme de l'ancien gouverneur de Paris (2 mai). — Le médecin Cabanis (6 mai). — Le cardinal de Belloy, archevêque de Paris (10 juin). — Le dessinateur Marilhier (il août). —René-Louis Oirardin, propriétaire d'Ermenonville (20 septembre). — Le danseur Vestrls père (23 septembre) . — La mère des Chénier (0 novembr»). — Le graveur Mille.

- âi^

(D'après une gravure anglaise de l'époque.)

En 1GI,5, Marie de Méilici> fil jeler les ftindemcnls du palais du Luxembourg. Il s\*leva sur !»• moiirle du |>alais IMlli de Moron. e. Jacques I)e8l)^08sc^ en fut rarrhili-clc. La reine nt- l'iiabita qu • peu do t<!mps. Il < liangea au lOiirs ile> wir et xviii* sièc 'es plusieurs fois dj nom. liunaparle eu tit le palais du Consulat, et en ISU'i le palais du Sentit conservateur. Kn ISul, on renouvela tous les arbres de la partie orientale du jardin, dont Cl>als:rin re.l«'ssina les plans. Lu 1800, on y projeta de nouviMUx cliinjçe;nenls <|ui furent exécutés en

1809 marque l'apogée de la puissance impériale. C'est Tannée de Wagram et du di-

LE MEUDLE EMPIRE (lIT d'OPPICIER).

D'apprs un document du temps.

(Musée Carnavalet.)

vorce. Le premier trimestre se passe en fêtes et en préparatifs militaires, le second et le troisième en victoires, le quatrième en tentatives faites pour assurer des garanties de durée à un régime reposant tout entier sur le génie d'un seul homme, et par conséquent à la merci d'un boulet de canon qui pouvait mettre fin à sa vie sur un champ de bataille, ou d'une infidélité de la Fortune qui aurait porté une irréparable atteinte à son prestige personnel. L'heure des revers n'est pas encore venue, mais la population parisienne, tout en conservant intacte son admiration pour les prodigieux talents militaires de l'Empereur, commence à douter de son infaillibilité politique. Le monde des afl'aires, qui avait manifesté un enthousiasme illimité pour le gouvernement du Consulat, ne paraissait i)lus avoir autant de confiance dans l'avenir réservé aux fonds publics. La rente cinq pour cent, qui avait atteint en 1807 le cours de 93 fr. 40 centimes et qui avait oscillé en 1808 entre un maximum de 88 fr. 15 et un minimum de 78 fr. 10, n'avait pas dépassé le prix de 8i fr. en 1809, et était tombée à 76 fr. 25 la môme année. Plus Napoléon remi)orlait de victoires, plus la foi qu'inspirait la stabilité de son gouvernement paraissait ébraLlée. Aux sourdes inquié-

tudes provoquées par la guerre d'Espagne, dont les péripéties restaient entourées d'un mystère iniixînétrable, étaient venues s'ajouter les anxiétés causées par les préparatifs d'un conflit avec l'Autriche. Le sénatus-consulte du 25 mars, qui mettait à la disposition du gouvernement vingt mille conscrits pris sur les classes antérieures, avait i)roduit sur les couches les ])lus éclairées de la population parisienne une douloureuse iiiii>ression. C'était, dans la capitale, parmi les élèves des écoles sui)érieures. que se trouvaient le |>lus grand nombre de jeunes gens qui, pour activer leurs études, avaient usé de la faculté de fournir un remplaçant, lis n'étaient pas d'ailleurs les seuls atteints |>ar un inexorable système de recrutement (jui ne se contentait plus de la moisson annuelle de conscrits, revenait sur le passé et ai)pelait sous les drajieaux des hommes qui avaient déjà bénéficié de quelque dispense légale et payé leur dette à la loi.

Ces appels supplémentaires qui n'avaient pas été nécessaires pendant les premières années de l'empire et devaient se renouveler si fréquemment dans la suite, furent une des principales causes du revirement qui s'opéra dans les esprits. Napoléon devint odieux à toutes les mères et ne tarda pas à avoir toutes les femmes contre lui. Le gouvernement s'efforçait en vain de réchaufTer l'enthousiasme populaire en ordonnant des représentations gratuites dans tous les théâtres pour célébrer les victoires remportées sur les Autrichiens et en faisant lire sur la scène le bulletin officiel qui apportait la nouvelle de la bataille de Wagram; la France commençait à éprouver la satiété de la gloire avant de connaître les

amertumes de la défaite; le régime impérial ne devait plus retrouver dans la capitale les ovations et les apothéoses spontanées qui avaient suivi les journées d'Austerlitz, d'Iéna et de Friedland. C'est à partir de 1809 que le peuple français ne se fait plus d'illusion sur le sort qui l'attend, il sent qu'il est condamné à la guerre à perpé-

l'REMIER PHOJET DE LA COLONNE VE.NDUME. D'après une gravure du temps. — (Collection G. Hartmann.) Ce projet ne fut pas exécuté. 11 fit place à celui du monument qui, commencé le 25 août 1S05, fut terminé le 5 août

tuile, et cette convielion se traduit sous les formes les plus inattendues. Les inventeurs travaillent avec une indomptable persévérance à remplacer par des produits artificiels les denrées coloniales dont les prix étaient devenus inabordables de|)uis que l'Angleterre exerçait une dictature absolue sur toutes les mers du globe. Les femmes elles-mêmes se mettaient de la partie. Une Parisienne crut avoir découvert le moyen de faire du café où n'entraient que des légumes récoltés sur le sol national. Après quelques jours d'engouement, le nouveau breuvage dont la couleur seule pouvait faire naître quelques illusions dans l'esprit des consommateurs, tomba peu à peu dans l'oubli. La femme qui venait d'inventer cette mixture avait entrevu dans un éclair de génie les services que rendrait un jour la chicorée, mais elle n'avait pas découvert laformule définitive du café de l'avenir. Les inventeurs, qui essayaient d'affranchir la France du tribut qu'elle payait aux colonies, poursuivaient leurs recherches avec d'autant plus de confiance qu'ils n'avaient pas à craindre que le rétablissement de la paix générale ne vînt à bref délai leur enlever la récompense de leurs travaux. Dans les documents officiels, qui jettent une si vive lumière sur l'affaire du Divorce, l'Emiiereur laisse voir avec une singulière inconscience

PARIS SOUS LE PREMIER EMPIRE

qu'il ne croit pas à l'avenir de sa dynastie. Il invoque la raison ou plutôt le prétexte d'Etat pour rompre les liens qui l'unissaient à Joséphine, et c'est après quatorze ans qu'il vient dire à la façon d'un empereur romain :

D'aucun gage les dieux n'ont honoré sa couche, L'empire vainement attend un hérilior.

Mais cette prétendue nécessité de laisser dos successeurs issus de son sang n'est pas le véritable motif de cette répudiation de l'Impératrice. Napoléon comprenait à merveille qu'il n'aurait aucune révolte à redouter à Tintérieur aussi longtemps que la fortune des batailles lui resterait fidèle, mais qu'au dehors ses victoires seraient im|)uissantes à reconstituer une Europe nouvelle sur des bases durables, tant que la France ne pourrait sérieusement compter sur l'alliance d'aucun État de premier rang. Des expériences réitérées n'avaient laissé, dans l'esprit du vainqueur de Wagram, aucun doute sur la fragilité des liens purement dii)lomatiques contractés pour obéir aux convenances du moment ; il se fit l'illusion de croire qu'à partir du jour où il serait devenu le beau-frère du Tzar ou le gendre de l'empereur François II, la Russie, ou FAutriche, serait à jamais attachée à la dynastie du nouveau Charlemagne.

Dans toutes les classes de la société parisienne, l'opinion publique se montra sévère pour un divorce inspiré par des considérations politiques dont il n'était que trop facile

PRANÇOIS-AUGUSTE, VICOMTE DE CHATEAUBlilANn.

Né à Saint-Malo le 4 septembre 1768, mort à Paris le 4 juillet 1848.

ChaUaubriaiid a Unu une pla» e considtrable dans la liUératurc et la politique $.oas l'Empire et après la cliule de Napoléon I". Son génie lilléraire brilla du plus vif éclat en 1809, date de la publication des Martyrs.

l N HHAVE.

D'après l'original de Cliarlet.

(Colleriion du priii» e Holand l{on.i|.arlo.)

de pressentir le néant. Ce n'était j^as un mariage avec une archiduchesse, mais la lin de la guerre d'Espagne et un traité de [)aix avec l'Angleterre qu'il eût fallu pour issurer l'avenir de l'empire. Joséphine l'ut regardée comme la victime d'une raison d'Ktat dillicile à justifier, et d'universelles sympathies se prononcèrent en faveur de l'épouse répudiée qui. pendant la période du Consulat, était intervenue pour obtenir quelques atténuations aux rigueurs parfois excessives du maître, et qui, sur le trône impérial, avait été un modèle de gn\ce et de bon goût. On s'apitoyait d'autant plus sur le sort de l'Impératrice que ses enfants étaient accusés de l'avoir abandonnée dans la mauvaise fortune. Le sentiment public se laissait évidemment entraîner à d'injustes exagérations en reprochant au prince Eugène « d'avoir dansé aux funérailles de sa mère ». Le noble exemi)le que devait donner plus tard l'ancien vice-roi d'Italie au milieu des défections et des trahisons qui suivirent la chute de l'empire n'a laissé aux yeux de la postérité aucun doute sur l'élévation et la droiture de son caractère. Il n'en était pas moins à déjïlorer que dans son discours au Sénat, sur l'affaire du Divorce, le fils de Joséphine n'eût pas su plus exactement discerner la limite qui séparait l'abnégation de la servi-

lité.Pour efTûcer au plus vile Timpression pénible que la répudiation d'une épouse dont il avait reçu tant de marques de dévouement à toute épreuve produisait sur les esprits, Napoléon eut recours à l'un de ses procédés habituels de gouvernement; une fois de plus il rétablit sa popularité en réchaufTant les imaginations au soleil de sa gloire. Soixante caisses contenant les objets d'art conquis pendant la dernière guerre défilèrent dans les rues de Paris. Les rois de Wurtemberg, de Saxe, (le Hollande, de Westphalie et de Naples furent invitas à se rendre à l'Hôtel de ville et à rehausser par leur présence Téclal de la fête donnée par le préfet de la Seine |»our célébrer ianniversaire du couronnement de l'Empereur. A peine les grands vassaux de renii)ire s'élaient-iis éloignés des bords de la Seine que le Moniteur annonçait l'arrivée du roi et de la reine de Bavière. Pendant les derniers jours de 1809, Paiis eut à bon droit la sensation d'être la capitale de l'Kurope.

La vie intellectuelle de la France, qui avait quelquepeu sommeillé sous le consulat et pendant les premièies années de l'empire, se réveilla à partir du moment où les classes les plus éclairées de la nation se montrèrent de plus en plus fatiguées de la guerre érigée en système de gouvernement. Le prodigieux enthousiasme qui accueillit la publication des Mrt?7//r5 prou va que la France ne se laissait pas absorber tout entière par le culte d'un seul homme, et savait réservei* une part de son admiration pour la gloire littéraire. Malgré le mot cruel de Talleyrand qui avait condamné l'ouvrage « à être livré aux bêtes » comme les pieux héros dont l'auteur des Martyrs avait célébré les exploits, deux éditions de ce chef-d'œuvre furent épuisées à peu de mois d'intervalle.

MKD.MLI.E PnAl'PKK EX 1809 AVANT LE DIVOHCE

(.Musre des médailles de la Monnaie.)

C'était, à cette époque, le plus éclatant succès de librairie que pût rêver un écrivain. La gloire de Chateaubriand fit promptement oublier la célébrité qu'une consécration officielle tombée d'une bouche toute-puissante avait donnée à Luce de Lancival. Au sortir de la représentation de\a Mort d'Hector, l'Empereur avait dit : « C'est une pièce de quartier général ; après l'avoir entendue, on marche avec plus d'entrain à l'ennemi. » Quelques jours plus tard . un décret impérial ajoutait à cette appréciation (latteuse une sanction plus substantielle sous la forme d'une

pension annuelle de six mille francs accordée à l'auteur de cette tragédie. Les démêlés survenus entre Luce de Lancival et Geoffroy, le plus impitoyable des critiques, les parodies d'Hector valet (le carreau et de Cadet Roussel Hector excitèrent un mouvement de curiosité universelle et prouvèrent que le public commençait à s'intéresser à des querelles purement littéraires.

Mais ce n'est pas sur la scène, c'est plutôt sur les tréteaux, devant la porte du théâtre, qu'il faut chercher le plus éclatant succès de l'année. Bobèche et Galimafré débutèrent peu de temps après la bataille de Wagram. Le premier surtout se distinguait par la liberté de ses propos. Il avait repris, sous une forme nouvelle, le rôle du soldat romain qui faisait entendre de dures vérités derrière le char de triomphe de César. Telle était la véritable cause de l'engouement qu'il excitait dans la foule. Il était, avec Chateaubriand, le seul Français qui se permît de critiquer les actes du gouvernement impérial. A cette époque-là, pour oser faire de l'opposition à l'Empereur, il fallait être ua pitre ou un homme de génie.

G. L.kb.vdie-Lagr.vve.

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