LES MUSES RENDANT HOMMAGE A LOUIS XIV
Bas-relief, par Pierre Cartellier, de Paris.
Pierre Cartellier naquit à Paris le Si décembre 1757 et y mourut le 12 juin 1831. On lui doit plusieurs grands bas-reliefa «n ^niarbrc de l'Arc de Triomphe. 11 fut nommé membre de l'InsUlut en 1810. Son portrait a été lithographie par Boilly en 1820 et gravé par Fl^mf ^
LES ÉCHOS DE PARIS
Une trombe & Paris.
AVANT-HIER, 29 mai, vers deux heures et demie de l'après-midi, à la suite d'un coup de tonnerre assez violent, une trombe terrestre, qui s'est dirigée de la barrière d'Enfer vers celle de Belleville, en traversant le boulevard de l'Hôpital,
D'après une gravum anglaise de l'époque.
la rivière près du pont d'Austerlilz, et le quartier de Popincourt, a porté sur son passage Ti-poiJ* vante et la destruction. Des maisons ont été renversées, des toits entiers enlevés et IranspCïrtés y une distance inconcevable, des mur^* déplues, des bateaux submergés; de très gros arbres ont été déracinés, et d'autres rompus par le milieu et jetés au loin. Un homme et son chien *\\û ^o sont trouvés dans la direction de ce mèl'i'ie. <int été soulevés à plusieurs pieds de terre, et déposés & une vingtaine de pas du lieu où ils étaient.
Un fiacre dans lequel se trouvaient quatre personnes a été brisé par morceaux, le cocher et les quatre personnes grièvement blessés. Deux ▼oitures chargées de vin et d'autres marchandises ont été soulevées à six pieds de hauteur, et renversées, les chevaux et les conducteurs ont été blessés. Le factionnaire placé à la porte de l'hôpital a été renversé, et sa guérite par-dessus lui : la guérite et le factionnaire ont été roulés & quelques pas de distance. Dans une filature de coton de la rue Propincourt, les toits et les vitres ont été brisés, et tous les arbres du jardin déracinés; d'autres arbres ont été transportés dans le jardin, on ne sait d'où; plusieurs pièces de bois d'une dimension et d'une pesanteur énormes ont été déplacées. Les bâtiments les plus endommagés sont le magasin de farine de M. Léger, près le Jardin des plantes; l'hospice des Quinze-Vingts, l'ancienne manufacture de porcelaine cul-de-sac Saint-Sabîn; l'église de Saint-Ambroise ; la Salpètrière impériale, au coin de la rue Saint-Maur. Une grande partie . de leurs toits et de leur charpente a été enlevée. La porte d'entrée du magasin de fafin% haute de 18 pieds et très épaisse, a été brisée eo trois endroits : les autres portes intérieures de ce, magasin ont été forcées et fracturées. Enfin, depuis! l'hospice de la Salpètrière jusqu'à la barrière dèi Trois-CouronneSy des monceaux de ruines et de' décombres ont partout signalé le passage dé es méléore qui, heureusement, n'a duré que S à 6 minutes.
Cette colonne marchait en tourbillonnant iôr
elle-même et en porlant dans son sein des débris d'arbres, de planches et de pierres ((u'elle lançait au loin. On entendait à son approche un craquement épouvantable, semblable au bruit que causerait la ruine subite de plusieurs édifices qui s'écrouleraient en niènie temps.
Une odeur sulfureuse et la vapeur brillante dont ce terrible météore était formé, ont fait «roire aux habitants du quartier rpie le feu était ou chez eux, ou chez leurs voisins: et la fraveur était si grande
porte de ce théAtre qu'ils débutèrent. Plus tard et dans les derniers temps surtout, à ce que nous ont assuré quelques amateurs qui s'en souviennent encore, Bobèche trônait à la porte de l'ancien théâtre des Délassements-Comiques. qui, au milieu de ses innombrables péripéties, avait souvent changé d'étiquette. D'ailleurs, il lui arrivait d'aller en représentation devant diverses salles du boulevard, (pii l'engageaient pour leurs parades, (jalimafré était grand, un peu maigre, avec la
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VLAS DRKSSÉ 1' A R A. M EU M EH.
D'après les documents du temps. — (Collection Charles^ Simond.)
que chacun croyait être à sa dernière heure. {Journal de l'Empire, 2 juin 1809.)
Bobèche et Galimafré.
DE leur vrai nom, ces illustres pitres s'appelaient Antoine et Cuérin. Le premier était le filsd'un tapissier du faubourg Saint-Antoine, et le second, natif d'Orléans, remplissait les fonctions d'apprenti menuisier dans le même faubourg. Ils s'étaient engagés en 1809, sous les noms de guerre qu'ils devaient rendre si célèbres, dans la troupe de Dromale.qui exploitait alors Versailles, et qui vint presque aussitôt diriger le théâtre des Pygmées sur le boulevard du Temple. Ce fut à la
figure longue et le rire béte. Il avait pour spécialité non seulement la niaiserie, qui constitue essentiellement le pitre, mais la balourdise. La foule se plaisait à ses jeux de mots biscornus, ii son langage populacier, à son patois normand et à son esprit de rhinocéros en goguettes. Tantôt réjoui, bruvant, gros rieur peuple des pieds à la tète, tantôt d'une suffisance naïve et pompeuse qui faisait de lui le plus majestueux des Cassandres, c'était l'antithèse vivante de Bobèche, ce pitre distingué que les littérateurs de l'Empire allaient entendre, et que Monvel ne dédaigna pas de féliciter, en lui donnant des conseils. Galimafré se relira le premier pour se faire garçon machiniste à l'Opéra- Comique. II vivait encore il y a (juclques années;
PARIS SOUS LE PREMIER EMPIRE
peut-ôtrc vit-il toujours aujourd'hui, astre déchu, soleil éteint, inconnu de tous, après avoir versé des torrents de lumière sur la foule héante à ses pieds.
Mais le roi de la parade, ce fut le pitre Buhèche, dont le seul nom fait tressaillir encore les vieux amateurs dispersés du genre, et que Cli. Nodier dut plus d'une fois s'amuser à entendre, au sortir de chez Polichinelle. Les auteurs spéciaux, à commencer par Brazier, sont hien pauvres en renseignements précis sur ce grand homme : ils l'exaltent, sans doute, mais en termes vagues, qui
malice, un esprit, une causticité qui ne s'arrêtaient pas toujours à temps, et que la [lolice dut réprimer plus d'une fois par des avertissements salutaires.
C'est lui qui disait dans une parade, au moment d'une crise commerciale qu'on imputait à la marche du gouvernement :
fi On prétend que le commerce ne va pas. J'avais. trois chemises, et Jeu ai déjà vendu deux. » Non pas que BohéclieeiU la «léplorahle prétention d'être un personnage politicpie, et qu'il nourrît l'arrièrepensée d'arriver à la Chamhrc; mais une fois lancé
RK UNION DKS SUlVEHAlNS A C C O M P A G N A N T (.Si>) S. DONNÉ PAR LA VILLE DE PARIS, LE
D'après une gravure de A. Godefroy. (Collection du prince Roland Bonaparte.)
L K M p E H E l' H ET DÉCEMBRE 1809.