DU MARIAGE DE NAPOLÉON ET DE MARIE-LOUISE
(Musée Carnavalet.)
Clovis et le Jugement dernier^ s'est mis en 1810 à écrire des chansons : Jean-Pierre de Déranger.
Jacques Bainville.
ENTRÉE DANS PARIS DE t/eMPEREUR ET DE t/ I M P É R A TR TC E.
Dessiné par Percier et Fontaine, gravé par C. Normand. — (Calcograpliie du Louvre.)
LES ÉCHOS DE PARIS
La première rencontre de Napoléon et de Marie-Louise
NAPOLÉON avait ordonné que trois tentes fussent dressées à deux lieues en avant de Soissons, et le programme portait cette
disposition sacramentelle : « Lorsque Leurs Majestés se rencontreront
dans la tente
du milieu,
l'Impératrice s'inclinera
pour se mettre à genoux; l'Empereur
la relèvera,
l'embrasse -
ra, et Leurs
Majestéss'as-
seoiront. »
Maisl'Empe-
ccthùtc, c'était lui. On était sur le qui-vive, empereur, rois, reines et chambellans : car le cérémonial exigeait que toute la cour accompagnilt Napoléon à l'entrevue. La garde à cheval attendait l'ordre pour les escortes, et les voitures étaient prêtes ; chacun aussi était prêt à y monter, t Vous devriez bien, dis-je au comte de Kémusat, premier chambellan chargé des théâtres, nous donner ce
soir pour intermède Hercule aux pieds d'Omphale. » Nous en étions là de nos causeries dans le salon de service, quand on vint nous dire qu'Hercule avait disparu.
reur avait médaille frappée a l'occasion de l'inacgoration du canal de l'ocrcq En effet,
compté sans le 2 décembre 1808. profitant du
son hôte, et (Musée de* médaiUes de la Monnaie.) trouble du
palais, de l'obscurité et du mauvais temps, l'Kmpereur s'était esquivé par uu escalier dérobé et était sorti par une petite porte du parc. 11 y avait trouvé une simple calèche bien attelée où. j>récédé d'un seul courrier, il se jota avec Mural, enveloppés l'un et l'autre dans de ijrrands manteaux. et à toutes brides il alla s'ombus(pier à deux Iiou(»s de Soissons, au villa^^e de Courcelles, sous le porche de l'éirlise. pour y «luetterrarrivéo de Marie- Louise. Knfin parut la voiture si désirée : à l'instant, comme un sous-lieutenant qui revoit sa cousine. Napoléon s'élança de la calèche, «mvril brusquement la porlière de la berline impériale, mit sa sœur Caroline sur le devant, prit place et embrassa l'impératrice .
Tout <'ela se lit si rapidement qu'il avait dix l'ois embrassé la jeune archiduchesse, qu'elle savait à peine à qui elle devait cet impronq)tu. Ce fut une allai re il" a vaut- postes, conçue et exécutée militairement : Marie - Louise fut surprise et conquise.
Pendant que cette scène d'un romanesque si original se passait sur la grande route, nous avions eu le temps de visiter les délicieux appartements (jue le bon goût et le luxe des artistes et des tapissiers de la cour avaient décorés pour la jeune souveraine.
Je ne puis oublier un boudoir où l'on achevait encore de suspendre des draperies : il était tellement plafonné, tapissé et drapé en magnifiques châles de l'Inde, et en telle quantité, ([ue ce cadeau impérial était estimé huit cent mille francs.
C'était de l'invention de Napoléon, homme à bi fois taillé à l'antique et à l'orientale. L'ameublement était complètement asiatique : je n'ai jamais rien vu d'aussi riche, d'aussi complet et en même temps d'aussi simple au premier aspect ; Napoléon aussi était plus beau avec l'uniforme de sa garde que sous le costume impérial. Marie-Louise fut frappée de la nouveauté de ce boudoir comme d'une féerie; bien d'autres magnificences l'attendaient ailleurs.
Un courrier vint tout à coup annoncer le cortège. Il pleuvait à verse. On illuminait à force