‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 139 sur 455 · Funérailles du cardinal Caprara · texte numérisé non relu

Funérailles du cardinal Caprara

Août.

15. — Fête du 15 août, beaucoup moins brillante que les précédentes. Illuminations mesquines et troublées par la pluie. Le soir, concert aux Tuileries : & peine est-il terminé, à onze heures, que l'Empereur, excédé de fêtes comme sa cour et ses sujets, se hâte de partir pour Saint-Cloud. — Inauguration de la colonne "Vendôme 1 1 de la statue de Desaix sur la place des Victoires. Krochot, préfet de la Seine, olfre, au nom de la Ville de Paris, une toilette & l'Impératrice.

16. — Distribution des prix du concours général (prix d'honneur, discours latin : "Victor Coasin).

24. — Visite de l'Empereur et de l'Impératrice à la manufacture d'Oberkampf, à Jouy.

29. — Entrée à Paris et défilé sur les boulevards, drapeaux déployés, des grenadiers de la garde royale de Hollande. Leur haute stature et leurs énormes moustaches excitent l'enthousiasme des Parisiens.

Scptembro.

6. — Réception de Népomuoèae XiSmeroier à l'Institut (éloge de Naigeon).

6. — Distribution par la classe des Beaux-Arts de l'Institut des grands prix de psinturs. Sculpture

Paris eut cette conviction. Et le président du Sénat fut surtout l'interprète des Parisiens lorsque, le 22 mars i8li. quarante-huit heures après la naissance du roi de Rome, il alla, en tête de tous les grands corps de TÉtat, complimenter l'Empereur :

— Vos peuples, sire, saluent par d'unanimes acclamations ce nouvel astre qui vient de se lever sur l'horizon de la France et dont les premiers rayons dissipent jusqu'aux dernières ombres des ténèbres de l'avenir.

La phrase était dans le style ofïiciel et classique de l'époque : pompeuse, ampoulée, sonore, massive comme un meuble empire, mais la pensée venait vraiment du cœur.

L'attente avait été solennelle le 19 mars, lorsque Paris apprit que la délivrance de Marie-Louise était proche. Toute la nuit, les églises, restées ouvertes, s'étaient remplies de fidèles venant prier Dieu pour la mère et l'enfant. La foule s'était ensuite transportée, immense, anxieuse, dans le jardin des Tuileries, et là, toutes les oreilles tendues, tous les cerveauxexaltés, toutes les poitrineshaletantes,on

LHEIREIX PHESSEMIMLM

(îravurc de répoque. — (Collcclion <lu prince Roland Bonaparte.)

avait gardé le profond silence de l'espoir et de l'incertitude. Mais au vingt-deuxième coup de canon, attestant que c'était un fils, la joie avait fait explosion avec des transports de délire : • La Destinée, suivant l'expression d'un historien, semblait désormais la servante de Napoléon. >

Au premier page qui vint apporter la nouvelle à riIôtel-de-Ville^ Paris vota dix mille francs de rente, et tout de suite il fut décidé que le prince, « né pour le bonheur de la France et du monde, > aurait, au sommet de la montagne qui domine la plus belle partie de la capitale, un palais égal en grandeur, en magnificence, i celui de Versailles, et dont Fontaine et Percier seraient les architectes.

L'Empereur voulut donner aux Parisiens

une preuve manifeste, éclatante, de son attachement pour eux : au sortir de la cathédrale, le 9 juin, après la cérémonie du baptême, pendant lequel, malgré la sainteté du lieu, les salves d'applaudissements s'étaient répétées cent fois, il avait, entre les troupes formant la haie, pris le chemin de l'IIôtel-de- Ville, où, entouré des rois ses frères, des princes étrangers, il dfna en public, la couronne sur la tète.

Escorté par le peuple, ivre d'enthousiasme, il était de là rentré aux Tuileries, précédé de (lambeaux et de fanfares, traversant les rues

splendidement illuminées et salué sur son passage par les acclamations sincères de toute la population.

Ce fut une année de prestige incomparable, ne laissant aucune place aux préoccupations qu'auraient dû créer certaines nouvelles peu favorables de la guerre d'Espagne, comme la rencontre indécise entre Masséna et Wellington, qui était bien, en dépit des promessesoflicielles, un nuage à l'horizon, eiïacé, il est vrai, six semaines plus tard, par la prise de Les succès de Suchet faisaient perdre de vue l'avertissement donné par la bataille de Fuentes d'Onoro. Paris ne songeait pas, au reste, à l'Espagne, qui était si loin : il n'avait de pensées et de regards que pour l'Empereur, qu'il allait entendre délibérer sur le Concile national au Conseil d'État, où, sous le dôme de la salle, semblait se refléter sur le front du maître la gloire d'Austerlitz dans le rayonnement du tableau de Gérard. On ne se lassait point de contempler ce front large et penseur, qui enfermait les mystères de demain. On était subjugué par la flamme de ces yeux qui pénétraient au fond des âmes, et l'on ne doutait point de l'irrésistible victoire de cette volonté sur les ennemis assez téméraires pour la

Tarragone.

PARIS SOUS LE PREMIER EMPIRE

combattre. Roi issu du peuple, ayant à ses pieds les rois issus des rois, il les accablait de la grandeur colossale de son génie, de sa puissance, et ce génie, cette puissance, voici que Paris en possédait l'héritier qui soutiendrait la renommée de la dynastie et de Tempire et retendrait encore. Toutes les imaginations faisaient ce rêve, aucune n'en appréhendait l'inanité. Les mains paternelles n'avaientelles point tout préparé

Pour doter l'huniLle enfuul de splendeurs élenielles?

La ville s'embellissait pour paraître plus

ment l'organisation des sapeurs-pompiers, en même temps que l'on inaugurait les assurances contre les incendies administrées par la ville.

Paris se met à l'unisson de la cour, qui prodigue fêtes et plaisirs. Les théâtres sont plus (jue jamais bondés de spectateurs, et pour peu qu'une pièce y réussisse, la mode en popularise les cosUimcs, les magasins y prennent leurs sujets d'enseignes qui font faire fortune. Lr/ Petite Cend ri /Ion révoïuiionne toutes les cervelles de femme et inspire tous les mai'chands de nouveautés ou de bijoux

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