PARATONNERRE D UNE CONSTRUCTION NOUVELLE
Gravure de 1811. — (CoUeclion G. Hariniaiin.)
Les paratonnerres étaient connus des anciens Égyptiens. L'Europe et TAniérique en ignorèrent la constructiont l'usage et la théorie jusque vers le milieu du xviii* siècle. On en attribue généralement l'invention et les principes scientifiques à l'illustre Benjamin Franklin, un des fondateurs de l'indépendance américaine. Il inventa le paratonnerre et en donna les lois vers 1735, suivant les ans, 1755 ou 1760 selon les autres. Presque à la même époque an prêtre de Bohème, Procopius Divisch, professeur de philosopliie et de théologie k Bruck, construisait k ZoaTm un parafoudre. A Paris les paratonnerres furent surtout adoptés à partir de 1810, et l'on en fit de toutes façons. Celui que l'on voit ici eut, & cause de son originalité, du soccèi en 1811.
Chapeau de Virginie. Douillcllc de Florence.
(D'après h' Coitume parisien de 1811.)
J'obéis, et le soir je me rendis avec Sa Majesté chez M. de Maresealclii. Je l'habillai de mon mieux en domino noir et m'appliquai j'i le rendre tout à fait méconnaissable. Tout allait assez bien, malgré bon nombre d'observations de la part de l'Empereur sur ce qu'un déguisement a d'absurde, sur la mauvaise tournure (|ue donne un domino, etc. Mais quand il fut question de changer de chaussure, il s'v refusa absolument, malgré tout ce que je pus lui dire à cet égard; aussi fut-il reconnu dés son entrée au bal. 11 va droit à un masque, les mains derrière le dos, selon son habitude ; il veut nouer une intrigue, et à la première question qu'il fait on lui répond en l'appelant Sire.., Alors, désappointé, il se retourne brusquement et revient à moi : « Vous aviez raison, Constant, on m'a reconnu... Apportez-moi des brodequins et un autre costume. » Je lui chaussai les brodequins et le déguisai de nouveau, en lui recommandant bien de tenir ses bras pendants, s'il ne voulait pas être reconnu au premier abord. Sa Majesté me promit de suivre de point en point ce qu'elle appelait mes instructions. Mais à peine entrée dans' son nouveau costume, elle est accostée par une dame qui, lui voyant encore les mains croisées derrière le dos, lui dit : » Sire, vous êtes reconnu ! » L'Empereur laissa tomber ses bras ; mais il était trop tard, et déjà tout le monde s'éloignait respectueusement pour lui faire place. 11 revient encore âi son appartement et prend un troisième costume^
PARIS SOUS LE PREMIER EMPIRE
me promettant bien de faire attention à ses gestes, à sa démarche, et s'ofTrant à parier qu'il ne sera pas reconnu. Cette fois, en effet, il entre dans la salle comme dans une caserne, poussant et bousculant tout autour de lui ; et malgré cela on vient encore lui dire à l'oreille : « Votre Majesté est reconnue. » Nouveau désappointement, nouveau changement de costume, nouveaux avis de ma part, nouvelles promesses, même résultat ; jusqu'à ce qu'enfin Sa Majesté quitta l'hôtel de l'ambassadeur, persuadée qu'elle ne pouvait se déguiser, et que Vemperenv se reconnaissait sous quelque travestissement que ce fiU. Le soir, au souper, le prince de NeuchAtel, le duc de ïrévise. le duc de Frioul et quel<|ues autres ofliciers étant présents, l'Empereur raconta l'histoire de ses déguisements et plaisanta beaucoup sur sa maladresse. En parlant de la jeune dame qui l'avait reconnu la voillo, et qui l'avait, à ce qu'il parait, assez fortement intrigué : « Croiriez-vous, Messieurs, dit-il, que je n'ai jamais pu reconnaître cette coquineAkI «
* M^^moiresde Constant. »
Les plaisirs de Paris en 1811.
EN 1811, trois choses occupaient d la fois les Parisiens : les bulletins de la grande armée, la comète et la comédie bourgeoise A leur arrivée, les bulletins de nos victoires étaient lus.
Bandeaux de diamants. Robe d'étoffe de Lyon (D*après le Costume parisien de 1811.)
Chapeau et spencer de soie. Brodequins de peau.
(D'après le Costume parisien de 1811.)
le soir, dans tous les théâtres, au milieu de l'enthousiasme général.
La comète était l'objet de toutes les conversations; depuis son apparition, Paris vivait sur les boulevards, sur les ponts, sur les quais, occupé à en observer les phases.
Quant à la comédie bourgeoise, c'était une fièvre qui avait saisi toutes les classes de la société. On comptait plus de deux cents théâtres bourgeois dans la capitale. On jouait la comédie dans les salons, dans les chambres, dans les greniers,les caves, partout enfin. J'ai vu chez un gros marchand de la rue Saint- Denis jouer VAbbi de l'Épée et le Parleur éternel, dans une chambre à coucher dont l'alcôve servait de théâtre. C'était le fils de la maison, un collégien de quinze à seize ans, qui jouait Vabbé de l'Apée, et sa mère, qui avait bien la cinquantaine, remplissait le rôle du jeune sourd et muet. C'était une ancienne coquette qui aimait à s'habiller en homme, goût fort répandu alors parmi les boutiquières. Quant au rôle du parleur étemeU il était joué par le caissier de l'établissement, qui était bèyue.
L'archichancelier Cambacérés avait un théâtre dans son hôlel où venaient jouer des artistes du Vaudeville et des Variétés.
On donnait encore des représentations théâtrales chez le comte François de Nantes, directeur des droits généraux réunis ; chez le conseiller d'État Duchàtel; chez le comte de Latalette, directeur
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D'après une caricature allomande de IVpoque. — (llihliollièquc de la Ville de Paris.)
général des postes, et chez ])^aiu*oup d'antres nu- avait aussi, dans sa maison de campagne, une
tabilités de l'empire. Des hommes et des femnies salle do spe<taele où il faisait venir souvent les
du monde, des artistes des Italiens faisaient hahi- acteurs des Variétés : Brunet, Potier, Tiercelin. tuellement les frais de ces soirées.
Le comte Hegnaud de Saint -.lean-d'.Vngély joislin delasalle.