‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 145 sur 455 · HERCULE ET MÉDÉ REMETTANT LEUR FILS DANS LES BRAS DE CYBÉLE · texte numérisé non relu

HERCULE ET MÉDÉ REMETTANT LEUR FILS DANS LES BRAS DE CYBÉLE

Allégorie de lu naissance du roi de Rome. Gravure da temps. — ^Musée Carnavalet.)

A cinq heures, tous les divertissements étaient eu activité. Ils se sont prolongés jusqu'au moment de l'illumination, qui était générale.

A six heures, Leurs Majestés l'Empereur et l'Impératrice se sont promenés en calèche dans le parc. L'air a retenti des plus vives acclamations

A huit heures, six chaloupes canonnières ont exécuté sur la Seine le simulacre d'un combat naval Mme Blanchard avait reçu l'ordre de se tenir prête à partir à neuf heures et demie, au signal qui lui serait donné. A neuf heures, l'aérostat étant rempli, elle est montée dans sa nacelle : on l'a

conduite à l'extrémité du bassin des Cvgnes, en face du château; on l'a maintenue jusqu'au moment de son départ dans cette position, et à une hauteur qui dépassait celle des arbres les plus élevés, en sorte qu'elle a été vue pendant plus d'une demi-heure de l'immense nombre de spectateurs qui assistaient à la fête.

C'est la première fois qu'on a vu une femme s'élever hardhnent dans les airs, entourée de feux d'artifice : elle paraissait se promener sur un char de feu à une hauteur immense. Elle a semé sur son passage des couplets en l'honneur de Leurs Majestés et du roi de Home.

A dix heures, les artilleurs de la garde ont tiré un feu d'artifice dans lequel ils ont déployé toutes les ressources de la pyrotechnie. C'est à coup sûr le plus beau qu'on ait vu. A dix heures et demie du soir. Leurs Majestés se sont rendues à l'Orangerie : elles étaient suivies de leur cour. Toute la partie des jardins qu'elles ont parcourue présentait un coup d'œil dont il est impossible de se faire une idée. Les illuminations étaient dessinées avec un goilt parfait, les jeux offraient une grand variété et de nombreux orchestres cachés dans les arbres ajoutaient encore à l'enchantement. On a remarqué une optique dont les tableaux avaient été composés par M. Isabey. Parmi les principaux on distinguait l'Impératrice à Schœnbrunn, son départ de Vienne pour la France, sa première entrevue sur la route de Compiègne avec son auguste époux, et son entrée à Paris. Leurs Majestés ont ensuite trouvé sur la route qu'elles wit

parcourue une loterie arrangée de la manière la plus élégante. A un signal donné trois colombes sont parties du haut d'une colonnade surmontée d'un vase de fleurs et sont venues oflrir à Leurs Majestés Impériales et à Son Altesse Impériale le grand-duc de Wurtzbourg plusieurs devises très ingénieuses. Plus loin, des pavsans allemands dansaient des valses sur une pelouse charmante et couronnaient de fleurs le buste de Sa Majesté l'Impératrice. Enfin, à quelques pas de là, on apercevait un théâtre élevé au milieu des arbres, et sur lequel les acteurs du Théâtre Fevdeau ont

même était insignifiant, il n'y avait de charmant à voir que les deux princesses, mais la princesse Borghèse était idéale surtout de beauté.

Elle représentait l'Italie, et sous ce costume purement de fantaisie, et créé avec le goût le plus parfait, elle était ravissante... Elle avait sur la tête un léger casque d'or bruni, sur lequel étaient quelques légères tètes de plumes d'autruche, d'un blanc éblouissant ; sa poitrine était couverte par une petite égide à écailles d'or, de laquelle partait une tunique de mousseline de l'Inde brodée de lames dor; mais ce qui était ravissant, c'étaient

LYCURGUE PRÉSENTE l/ HÉRITIER DU TRÔNE AUX L A C É 1) É M O N I E N S.

Prix de Rome. Premier grand prix de peinture en 1811. — Tableau d'AbEL de Pujol. (Écolo des Beaux-Arts.)

exécuté la Fête du village, dont la musique avait été composée par M. Nicolo; et M. Gardel y avait ajouté des ballets qui ont été exécutés par les premiers sujets de l'Opéra. Après le spectacle, on a servi un magnifique souper à l'Orangerie, et LL.MM. sont ensuite rentrées dans l'intérieur de leur palais.

{Moniteur, 1811.)

Le quadrille de TAmour et des Heures.

CE fut à peu près vers cette époque qu'il y eut à la cour, dans la salle du spectacle du château, un quadrille où les sœurs de l'Empereur jouèrent le principal rôle : le quadrille lui-

ses bras et [ses jambes!... ses bras entourés de larges bracelets d'or, où se voyaient les plus beaux camées de la maison Borghèse, la plus riche en ce genre de bijoux... ses petits pieds étaient chaussés par des brodequins à bandes de pourpre brodées d'or, et dont chaque croisement sur la jambe était arrêté par un camée. La plaque qui réunit V égide et la fixe sur la poitrine était un magnifique camée représentant Méduse mourante. C'est sans doute un des morceaux les plus curieux de la belle collection de la maison Borghèse. Le costume de la princesse Pauline était complété par une demi-pique d'or qu'elle tenait à la main. .

Il est impossible de rendre l'effet qu'elle produisit k son arrivée sur la scène, où elle joua une très courte pantomime avec sa sœur, qui représen-

PARIS SOUS LE PREMIER EMPIRE

tait la France. La princesse Pauline avait l'air de ces apparitions fantastiques, évoquées comme une intelligence céleste... c'était un ange descendant du ciel sur un rayon lumineux. Cette idéale créature, toute suave, toute svlphide, avec ce casque et cette lance, et ce léger nuage blanc ondulant sur cette surface étincelante du casque d'or, et puis ces mouvements doux et moelleux, parce que son corps fatigué et surtout paresseux n'avait pas la volonté de se mouvoir, tout en elle, jusqu'à cette nonchalance, était adorable. Ah î si jamais

de perles, de joyaux, et de mauvais goût, il n'était pas sorti une charmante tète, bien fraîche et bien gracieusement jolie, c'était à faire un trop bizarre contraste avec cette apparition lumineusement belle dont sa sœur faisait le prestigieux efTet ... Elles dansèrent toutes deux une manière de pas que Despréaux leur composa, et dans lequel la princesse Pauline eut encore tout l'avantage de la légèreté de son costume et la grAce qu'il permettait à ses attitudes.

Et puis il y eut aussi un autre quadrille, celui

LE QUARTIER DU TEMPLE EN 18il.

Plan dressé d'après les documents du temps par M. A. Meunier. — (Collection Charles Simond.)

sa sœur fut jalouse 'de'sal gracieuse] beauté, cette soirée n'a pas dû éteindre son envie... j'ignore comment la reine de Naples a pu être assez mal conseillée pour adopter un costume aussi ridicule que celui qu'elle avait, surtout avec sa taille, qui était déjà à cette époque courte et ramassée... Elle avait une robe assez longue, avec un manteau de pourpre brodé d'or, avec lequel elle figurait la France (i); et puis sa tète était surmontée d'un casque, d'un panache; tout cela était lourd, sans grâce; et si du milieu de ce monceau de dorures,

(1) Peut'étre était-elle l'Italie, et la princesse Pauline la France : je n'ai pas le fait assez présent pour décider la chose, qui est au fait de bien peu d'importance.

des Saisons, qui fut vraiment charmant par la fraîcheur des costumes, leur richesse, le soin avec lequel tout était fait; et ce qui était bien, aussi remarquable, parce que cette magnificence-là est impossible à imiter, c'était la multitude de ravissantes personnes qui formaient le groupe des Heures suivant le Soleil.

Ce Soleil, c'était quelqu'un qui avait le surnom de beau, c'était un aide de camp de Berthier, M. Charles de Lagrange. Il était sans doute fort bien ; il avait une belle tournure, même une belle figure, quoique ses deux yeux ne fussent pas toujours d'accord:... enfin il était fort bien;... toujours est-il qu'il faisait Apollon, qu'il avait un

tricot couleur de chair, qu'il était couronné de Valloro obligé ol qu'il portait la Ivre. Par exemple, si les femmes étaient charmantes sous tous les costumes qui étaient mis en réquisition pour les quadrilles, rien n'était plus ridicule que les hommes. Ils avaient l'air de mardi grax.

Ce fut au milieu de ce groupe déjeunes et jolies personnes qu'une femme également [charmante fit son entrée dans ce monde dont le tribunal donne lui seul b* droit d'être appelée belle. Cette jeune femnio était la comtesse Legrand, femme du général Legrand

Mme Logrand avait d'abord d\\ faire VAmour dans le «iiiadrillc des Saisons; je crois qu'ensuite elle ne If fit pas

Parmi les Ileuros. c'étaient toujours les belles

personnes ('(uinuos: c'était .Mme Hegnaud deSaint-

Jean-d'Aiigély, Mme de Rovigo. Mme Durbatel.

Mme(iaz.'ini. Mme de Bassanc^ et une foule d'autres.

Ducbessc d'ABKANTÈs (Mi-moires).

L'Empereur au bal.

LE matin. rEiiipereur m'appela et me dit : « Constant, je me dérido à danser ce soir chez l'ambassadeur d'Italie ; vous porterez dans la journée deux costumes complets dans rap{»artenient (ju'il a fait préparer pour moi. »

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