LES CHANTEURS DES ROES
D'après une gravure du temps.
(Bibliothèque nationale. — Collectioo Hennin.)
à ralentir mon pas : c Avez-vous la goutte? lui
(i) On doit au physicien Benjamin Thomson, comte de Rumford,
deiTiandai-je. — Non, mais je digère — Je digère aussi, et je n'en suis que plus leste. A digérer aussi pénihlement, si vous n'avez pas la goutte, vous la gagnerez sûrement. — J'en ai bien déjà quehiues atteintes. — Chez qui avez-vous donc dîné, et comment? — Chez Méot, et voici comment : on m'a servi un vol-au-vent avec crêtes et laitance, un frétot de poulet, des côtelettes à la minute, un salmis de perdreaux fiux truffes, un ma(iuereau, des petits pois admirables, et ma bouteille de vin de Volnay. — Je conçois que digérer devient, dans ce cas, une anivre pénible; l'abstinence serait plus facile à supporter. — Si vous dîniez chez nos restaurateurs ! — Je commencerais par les débaptiser. Je ne donnerai pas ce nom à l'homme qui, loin de me restaurer, minerait ainsi ma santé, et dont l'art assassin me conduirait infailliblement au tombeau : cependant, aujourd'hui, j'ai, par extraordinaire, dîné chez un restaurateur qui, beaucoup plus que votre Méot, mérite cette qualification; mon dîner n'a pas été si fin, si délicat, et sûrement si cher que le vôtre, mais mon appétit est satisfait, et surtout je digère. — Quel est donc ce restaurateur qui laisse digérer? — Demain, si vous le désirez, je vous y conduis. — Volontiers, mais à une condition : vous dînez rarement chez les restaurateurs, c'est une débauche que vous ferez pour moi ; permettez que je vous y traite. — Non, c'est moi qui vous donne à dîner. — Entrons au café de la Régence, je vais prendre du thé, vous en accepterez. — Non, je n'en ai nuUenient besoin; je digère merveilleusement sans cela; adieu, à demain : venez me prendre, je pars ce soir pour la campagne, nous dînerons de bonne heure, ne déjeunez point. »
J'attendais mon convive, il fut exact au rendezvous. Au moment de partir, il désira un verre de vermouth; je lui fis servir de la liqueur verte, ne fût-ce que pour le remettre de sa digestion de la
qui vint se fixer en France en 1800, le premier établissement & Paris, cette m^'me année, des soupes êconoiniques.
veiHô. « Y a-t-il des femmes qui aillent dîner chez votre restaurateur? — Oui. — Elégantes? — Pas précisément. » Se plaçant alors devant une glace, il rajuste quelques mèches de cheveux et refait le nœud de sa cravate : nous partons et nous nous acheminons vers la rue (hi Mail. « C'est dans cette rue-ci que nous dînons. — Je n'y connais pas de restaurateur. — Nous y voici, entrons. — J'ai heau flairer, mon odorat ne me dit non. Je me charge d'étudier la carte; c'est une affaire. — l'as très
D'après une gravure du temps —(Collection du prince Roland Bonaparte.)
Ce château, siliié à (Jeux lieues ol «leinio de Paris dans la v.illée do Sainl-(îerm»in, date du moyen ;ige. T, eh»il au IX* siècle la « Mnla .lonnjs > ou. suivant la tradition, l«>t Normands'iivaienl abordé quand ils vinrent faire le siégf de Paris. Hichelieu en lit l'acquisilion. I- Ho devint la propriété de Joséphine de Meauhiirnais, qui en fil un séjour délicieuv Bonaparte l'habita avec elle après si>n mariage. Jose[)hine y mourut le "> avril isli: son lils. le princ»- l"ujjèn<^ en devint i-nsnite propriétaire. La Malniaison fut pillée par les alliés on Isfii. On en vendit le mobilier en fx.'O. La reine d'Kspagne achota la propriclè en |si.'. Lllc a été revendue, il y n quciquos années, par lots. On restaure actuellement le 'lliàteau iMnir en faire un mu-^éc rétros[)0clir.
longue. Tenez, la voilà » Je tire de ma poche la carte iniju-imèe (jiie voici :
SOUPE A LA RCMPORl)