‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 173 sur 455 · LE JARDIN DES PLANTES EN · texte numérisé non relu

LE JARDIN DES PLANTES EN

Dessin d'après des documents de l'époque par A. Meunier. — (Collection Charles Simond.)

indispensable que le nouveau corps fût composé à la fois de cavalerie et d'infanterie.

L'Empereur, ayant adopté mon idée, fît rédiger un projet que le Conseil d'État discuta; il fut •combattu par les honmies de guerre, qui ne pouvaient supporter la pensée d'une troupe militaire entièrement placée sous le conunandement d'un administrateur civil. Ce fut à ce sujet que Napoléon, défendant le projet, prononça des paroles xjui justifiaient ma conduite dans l'affaire Malet : c Quand je suis arrivé ici, dit-il, je ne savais •encore que penser de la conduite du préfet de

de Paris, composée, ainsi que Je l'avais demandé, de cavalerie et d'infanterie. Elle fut mise dans une entière dépendance de mon administration, et je dus remplir auprès d'elle les fonctions de commandant supérieur, toutefois avec assistance d'un colonel chargé de commander le service.

J'ai peu fait dans ma vie de travail qui m'ait causé autant d'embarras et m'ait été aussi pénible que celui-là. Complètement étranger aux règles compliquées de l'administration et de la comptabilité militaires, il me fallut les étudier. Le duc de Rovigo m'éclaira de ses conseils, avec une

MO:)K> i»h: 1813.

(îilct Casimir, cuIoUe de peau.

(D'après le Costume j- a ri sien do 1813.)

grande Invauté; il nie rendit surtout le plus i^rand service en veillant sur le clioix iU^s lioiunies qui devaient entrer dans la première rorination. Ce choix, aux ternies du déeret. devait être fait de concert entre le ministre de la (iuerre et le ministre de la Police, et les hommes devaient être pris dans toule la iiendarmerie de l'empire.

Ce lut un bien vif sujet de dt'plaisir pour le maréchal .Moncey. qui la commandait en «|ualité d'inspecteur général. Personne n'était plus minutieux et plus susceptible que lui.

(Juand je le rencontrai au château, il vint à moij l'onl enllammé : « Eh bien! monsieur le préfet, me dit-il, vous allez donc à votre guise prendre dans ma gendarmerie tous les hommes qu'il vous conviendra d'v venir chercher; et quand moi, maréchal de France, inspecteur général, je rencontrerai dans les rues de Paris un de ces beaux messieurs, portant votre uniforme, je ne pourrai pas seulement lui dire : Polisson, pourquoi ton chapeau est-il de travers? — Monsieur le maréchal, lui reparlis-je, vous ne lui ferez plus l'honneur de le regarder, vous le tiendrez pour un pékin. »

En dernier résultat, cette organisation, qui m'occupa pendant la plus grande partie de l'été, eut un plein succès. La gendarmerie de Paris a rendu depuis de bons services; elle a contribué à garantir la grande ville des désordres qu'auraient

probablement entraînés les deux occupations de 1814 et de 1815.

(Mémoires du chancelier Pasquier.)

Le marché aux Fleurs.

LE prolongement du quai de l'Horloge a été pendant longtemps borné par un amas de maisons, dont la plus moderne remontait peut-être au xii* siècle. Ces ignobles bicoques et celles du pont Saint-Michel étaient les seuls restes de barbarie que l'on remarquait encore dans cette capitale, qui fait l'admiration de l'Europe par la splendeur de ses édifices; quelques mois ont suffi pour les faire disparaître. Ces masures ont fait place à un quai superbe, couronné par le nom d'un héros; c'est là, sur le quai Desaix, au milieu d'une place spacieuse, bordée d'arbres et décorée de deux fontaines, qu'est maintenant établi le marché aux Fleurs, dont on aurait une idée imparfaite, si on le visitait un autre jour que le samedi.

De grand malin, les charrettes des pépiniéristes y arrivent à la file et s'acheminent vers la partie méridionale du pont au (Jiange; ils y déposent ces vases remplis de terre de bruyère et de chaux où les végétaux les plus frêles retrouvent une apparence de vigueur très propre à séduire l'acheteur qui ne sait pas qu'avant huit

Chapeau de paille. Robe de percale.

(D'après le Costume parUicn de 1813.)

PARIS SOUS LE PREMIER EMPIRE

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MODES DE 18i:{.

Casque antique, pardessus étoile do soie. (D'après le Costume parisien de 1813.)

Jours la plante qu'il admire, épuisée par un accroissement hâtif, se desséchera sur sa tige. Là, comme partout ailleurs, il y a des rangs et des distinctions qui ne sont pas toujours la raison de l'utilité et du mérite. Les fleurs nobles, séparées des fleurs roturières, figurent sur des étalages à part, et ne s'y font guère remarquer que par leur nom scientifique inscrit sur le vase qui les renferme.

La première partie de la matinée est consacrée à la vente des fleurs communes; les hottes des commissionnaires ne sont remplies que de lilas, de rosiers, de pots de réséda et de giroflée, qui vont remplacer, sur la cheminée et sur les consoles des bourgeois de Paris, les carafes de verre bleu où s'élevaient, à force d'eau et de temps, quelques tiges de narcisses ou de jacinthes aussi chétives de formes que de couleurs.

C'est à midi que le marché aux Fleurs brille de tout son éclat; on y voit arriver les femmes les plus élégantes dans un négligé charmant, où la recherche se cache sous la simplicité. L'n chapeau de paille d'Italie orné d'un bouquet de violettes, une robe de percale à guimpe, des brodequins de prunelle de couleur feuille morte, un cachemire jaune ou bleu jeté sur le bras gauche, telle est l'espèce d'uniforme que les femmes comme il faut paraissent avoir adopté dans leur course au marché aux Fleurs. A midi, les chevaux sont mis à la calèche ; le cocher et le laquais, en simple redin-

gote, donnent à l'équipage un air de négligé que le bon ton commande. Madame monte en voiture, accompagnée de son amie la plus intime; on traverse Paris en admirant les travaux du Louvre, des quais, de l'Obélisque, du Pont neuf, et en s'étonnant de ne pas connaître un ({uartier que l'on parcourt de nuit une ou deux fois par semaine en allant aux Houffes. La voiture s'arrête à l'extrémité du pont au Change où elle stationne à la file de celles qui s'y trouvent déjà; on entre dans le marché, et la première personne que l'on y rencontre, avec l'apparence d'une extrême surprise, est presque toujours celle qu'on aurait été bien surpris de n'y pas rencontrer.

De Jniv, L'Ucrmite de la chaifssce dWntinr.

La mode en 1813.

LA littérature de 1813, marchant au pas comme un régiment et vêtue d'une sorte d'uniforme, est trop stérile pour que la mode sonjïe à lui faire le moindre emprunt. Tout au plus, giane-t-ello par-ci par-là quelques dénominations mytliolo^nqaes. Une élégante a une figure de Saturne sur la pendule de sa cheminée, une patrouille d'Amours en biscuit de chez Dagoty dans son boudoir. Le dieu Morphée est figuré en bronze doré sur son lit. Ses tuniques sont à la

Chapeau de velours épingle. Redingote de mérinos.

(D'après le Costume parisien de 1813.)

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D'après une gravure du temps. — (Collection G. Hartmann.)

<a place Vendôme occii|>e l'emitlacement de l'hôtel du m^'iiie nom et du c<>uveQt des capucines. Sous la Révolution elU* s'appelait place des Piques. Au centre se trouvait la slalue équestre dv Louis XIV, qui fut renversée p.-ir Ir peuple le 11 aoCkt 1703. Au même endroit un décret im|jériiil de 1>>06 ordonna d érijjrer une colonne en bronze en mémoire de la campgne terminée par la victoire dWusterlitz. Cette colonne, couvre de Lki-hik et <io.M.oi>, fui inaugurée le lu août l^lO. Klle «oùt» l,2OO,O0<> francs, non compris le bronze, qui fut fourni

Par 12,000 canons pris à l'ennc-mi ù L'Ini et à Vienne. Le poids toUil du brome est de 'JoO,000 liilos. Tous les grands artistes de époque sculptèrent les bas«reliefs. Elle fut surmontée de la statue de .Napoléon costumé en empereur romain. Celte statue avait été fondue par Lilmot et Chalday.

femmes à cause de la bizarrerie de sa forme et du petit air iiiquant et éveillé qu'il donne à certains minois chilïonnés. Les plus hardies portent tour à

Vénus, ses (iclius X l'Iris. Son coiNlonnier décore les pantoufles qu'il lui vend du nom pompeux de sandales à la Psvclié. Klle-méme a quoique nom

LE KETOIH DE LA CAMPACi.NE DE ULSSIE.

(Caricature allemande de 1813.)

mvtbologique ou romanesque : Euphrosine, Aglaé, A^'laure, Clara, Evelina, Ida, Lodoïska, Palmyre ou Zoé. La mode de 1813 a cependant deux créations nouvelles : les casques à la Clovinde, imités de celui de Mme Hranchu dans la Jérusalem délier ée, et le chapeau à la jockey, né on ne sait à quelle occasion, et qui est adopté par quelques

tour des cas(iues à la Minerve, des toques tenant du chapeau d'homme, et pendant l'été des chapeaux de soie h forme brisée, de près de deux pieds de haut: les femmes de bonne compagnie se contentent du chajieau de paille de soixantedeux tours, surmonté de plumes blanches.

(l'Mmond Texier, Tableau de Paris.)

Janvier.

2. — A deux heures, Tisite de Napoléon aux travaux des nouveaux bâtiments de la Bourse, de r Archevêché, de la Halle aux vios^ de la fontaine de l'Éléphant.

11. — Sénatus-consuUc qui met à la disposition du gouvernemont 100,000 oonsorits de 1813 et 160.000 de 1814.

13. — J.-A. Râteau, impliqué dans la conspiration Malet et pour lequel la peine de mort avait été commuée en celle des travaux forcés à perpétuité, est attaché au carcan sur la place du Palais-de-Juslice et marqué à l'épaule droite des lettres T. P.

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