‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 190 sur 455 · MEDAILLE FRAPPEE A L OCCASION I»E L AVKNEMENT · texte numérisé non relu

MEDAILLE FRAPPEE A L OCCASION I»E L AVKNEMENT

DE LOUI.S xvm EN 1814.

(Musée de la Monnaie.)

PARIS SOUS LE PREMIER EMPIRE

Sacken, avec M. Launay et avec M. Dumas de Montbadon, qui l'avait accompagné et s'était mis à ma disposition.

Mais à tous les calculs et raisonnements du fondeur, le général russe objecta les termes de la capitulation de Paris, qui protégeait les monuments. 11 se refusa absolument à pren«lre aucune initiative, quels que dussent être les résultats de son abstention, résultats dont il ne pouvait être responsable Pressé par le fondeur, il finit par lui dire : que M. de Semallé, ici présent, pouvait donner un ordre, puisqu'il était Français et revêtu de pouvoirs émanant des princes, (jue les alliés reconnaissaient, et qu'il prêterait main-forte pour assurer l'exérution.

Je me décidai alors à déléguer, en mon nom et en celui de M de Polignac. M de Monthadon pour présider à la descente régulière de la statue. et y\. de Uoclu^cliouart, commandant pour les alliés la place de Paris, et à ce titre installé place Vendôme, fut requis par le général Sacken de fournir les troupes nécessaires M. Pasquier, dont j'avais exigé le cisa, v(nant sa responsabilité à couvert par l'ordre militaire, écrivit alors au bas de la pièce : « Bon à exécuter sur-le-cliamp ^

J'avais, dés le début, fait atteler les clievaux: mais les travailleurs d'en baut firent quelque résistance. Ils ne cédèrent que devant la menace d'être violemment expulsés, et sur la promesse que la statue serait enlevée M. Launay, avec le concours de M. Albouys, maître charpentier , exécuta aussitôt la descente, et fit transférer la statue à son domicile, rue de la Fidélité

C'est le 8 avril que ce travail a été achevé.

PREMIER EFFET DE LA RENTREE DES DOURBOlfS. D'après une caricature de 1814. — (Musée Carnavalet.)

MODES DE 181i.

Redingote de ratine à collet et parements d'astrakan. (D'après !•• Coilume }>ariiieH Je 1814.)

M Launay me remit un rapport circonstancié sur ses opérations. Les frais de la descente s'élevèrent à 3,000 francs, que je payai de suite, et M. Launay me donna un reçu de la somme et de la statue, mon intention étant de prendre à ce sujet les instructions de Monsieur, aussitôt son arrivée à Paris. Peu de jours après, je ne manquai pas de lui rendre un compte minutieux de cet incident. Il me fut répondu par le marquis de la .Maisonfort, que je pouvais garder la statue pour me couvrir des frais, sauf à rendre le surplus si je trouvais un bénéfice.

Je ne me souciais guère de la vendre; aussi, pour le moment, laissai-je de côté un objet aussi encombrant. Avant l'arrivée du prince, le 10, un aide de camp de l'empereur Alexandre était venu m'engager à en faire hommage à son souverain. Il ne convenait pas que ce monument devint un trophée en pays étranger : j'avais rejeté avec indignation cette proposition Un peu plus tard, par la même raison, je repoussai une compagnie anglaise qui vint moffrir 60,000 francs, payables aussitôt que la statue serait embarquée à (ialais.

Pendant les Cent-Jours, Kéal, devenu préfet de police, écrivit à M. Launay, pour lui ordonner de la remettre à M. Denon, en présence du commissaire de police du quartier. L'ordre fut exécuté, et la statue fut transférée à la fonderie Saint-

Laurent. Au retour de Louis XVIII Je la réclamai à M. Laine, ministre de l'intérieur, et je demandai qu'elle fit partie de la matière destinée à la fonte de la statue de Henri IV, qu'on allait relever sur le Pont-Neuf.

On fit droit à ma demande; mais mention n'en fut pas faite dans les procès-verbaux, et bien que j'eusse sacrifié pour l'érection de ce monument la somme de 3,600 francs, avancée par moi pour descendre la statue de Napoléon, je ne pus pas

LE GENERAL DAUMESVIL A VINCEXNES. D après une gravure du lemi»8. — (Collection du prince Roland Bùnai»arle,

même obtenir de figurer dans la liste des souscripteurs,

Souvenirs du comte de Semallé ^

publiés par son petit-fils.

(Librairie Alpbonse Picard et fils.)

Entrée du roi Louis XVIII & Paris.

(3 mai.)

EPLis six heures du matin, les rues du faubourg Saint-Denis, la plaine, la ville même, étaient couvertes d'une foule immense d'habitants de Paris et de toutes les communes

voisines. Les rubans blancs, les lis, les banderoles blanches offraient partout les emblèmes des sentiments dont tous les spectateurs étaient animés.

A midi et demi le nombreux et brillant cortège de S. M. arriva à La Chapelle, dont toutes les maisons étaient élégamment drapées de tapisseries et de draperies aux armes de France.

De La Chapelle S. M. s'avança au milieu des acclamations publiques jusqu'à l'arc de triomphe de la rue Saint-Denis. Cet arc était décoré avec beaucoup de soin; on voyait de l'un et de l'autre côté les armes de France surmontées d'un drapeau blanc ; du haut du cintre descendait une couronne royale soutenue par des guirlandes de fleurs au milieu desquelles on remarquait le lis, cher aux Français. Tous les édifices publics et particuliers étaient couverts comme ceux de la Chai)elle de tapisseries, de draperies aux armes de France, de devises, interprètes des sentiments publics. Les fenêtres étaient occupées par les dames parées de la manière la plus élégante, agitant des banderoles blanches et mêlant leurs voix délicates aux accents d'une multitude ivre de plaisir.

A deux heures et demie S. M. est entrée à Notre-Dame. Elle a été revue par le chapitre et haranguée par M. l'abbé de Daiiiire.

Après le Te Deum, le cortège s'est arrêté devant la statue de Henri IV, sur le i)ièdestal de laquelle on lisait cette inscription :

Ludovico veduce, Ilenricus rediriius.

Des artistes du conservatoire, placés dans les pro|)ylèes, ont exécuté des morceaux de musique j»armi lesquels on distinguait les airs les plus chers à la nation. De jeunes demoiselles vêtues de blancs ont présenté des fleurs à Mme la duchesse d'Angoulème. Au même instant un ballon |>ortant les armes de France et pavoisé de drapeaux blancs, s'est élevé dans les nues; il était dirigé par Mme Blanchard. Le soir tous les édifices, toutes les rues, toutes les places publiques ont été illuminés spontanément. On remarquait d'espace en espace, des inscriptions et des emblèmes, expression fidèle des sentiments les plus vifs et les plus sincères. Un feu d'artifice brillant a terminé cette heureuse journée, la seule peut-être où, depuis vingt-cinq ans, les cœurs se soient livrés à une joie vraie, pure et sans mélange.

(Trésor des Alvianachs, Paris, Caillot, 1815.)

Janvier.

1er. Visite des hauts fonctionnaires et des oorpB oonBtituès à l'Empereur, qui nirasse au Corps législatif un discours plein d'amertume et d'irri- Ution.

19. — lr« affiche théâtrale de grand format (elle annonce un concert spirituel donné par l'Institut.)

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