TROUVÉ DANS LA FORÊT DE FONTALNEBLEAU ; JOCRISSE LUI COUPE
LES GRIFFES AVEC LES CISEAl'X.
Caricature populaire de 1815. — (Bibliothèque nationale)
de la révolution, dansaient des rondes en l'honneur de l'empereur. Je reprenais le chemin du pont Hoval, lorsque je vis un cavalier. |)orlant en main un drapeau tricolore, qui courait à hride ahattue vers les Tuileries; c'était le général Exelmans. suivi de quelques officiers. Arrivé au château, il demanda à la garde (ju'on le laissât monter, en reçut la permission et alla poser lui-même son draj)eau tricolore sur la plate-forme de le salle des maréchaux . Plusieurs, parmi les vieux républicains qui se trouvaient là, attendaient cet instant pour voir proclamer la république: mais leurs chefs n'osèrent pas doimer le funeste signal.
La fortune de l'empereur l'emporta. J'entendis un jacobin à côté de moi, dire au comte Uuhois-Dubourg, en son langage de 93 :
« Les lâches! ils ont peur!
eh bien ! ils avaleront jusqu'à la garde le sabre du despotisme ». Le groupe délirant des danseurs se grossissait à chaque instant: on leur apporta, par ordre de la duchesse de Saint-Leu, du vin et des liqueurs; il n'est rien de tel pour entretenir l'enthousiasme. Néanmoins l'empereur ne paraissait pas encore ; quelques corps de son armée étaient entrés dans Paris; les grands
(Collection G. Hartmann.)
dignitaires de rempire, los grands officiers do la couronne se succédaient à chaque instant. Enfin Bonaparte arriva sur les huit lieures du soir, (Quelques jours après, paraissait chez Martinet une caricature où l'on voyait des dindons sortir épouvantés par les portes des Tuileries, dont les fenêtres s'ouvraient au vol de l'oiseau synihole de la gloire. {Mémoives d'une femme de (ludliti).