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D I \ O L' A C DES AN (î LAIS DANS LE «OIS DE B 0 U L 0 G N E »KÈS DE LA PORTE-MAILLOT.
(iravure de l'époque. — (Collection G. Hartmann.)
tionalc qui étaient al<»rs d<; service, je leur fis raconter comment, la veille au snir, le roi s'était décid»' à (luitter Paris; «oniment il était sorti de son appartement, précédé d'un seul huissier portant des flambeaux, et soutenu par MM. de Hlacas et de Duras: commrnt. à son vénérable aspect, deux gardes nationaux s'étaient |>récipités à ses pieds, saisis d'admiration devant une si grande infortune: et enfin, comment le roi leur avait exprimé la reconnaissance qu'il éprouvait de leur fidélité. Tous ces détails si tristes me plaisaient peut-être par leur tristesse même : je m'abreuvais de ma «louleur.
La matinée s'avançait, le Carrousel se remplissait peu à peu de curieux, de j>artisans de Bonaparte et de serviteurs des Bourbons. La foule errait de côté et d'autre, on se regardait avec inquiétude, on s'abordait avec défiance, on osait à peine se parler à voix basse : c'était un silence universel. Tout à coup des cris se font entendre; on disait que le feu était aux Tuileries, et en effet, une épaisse fumée s'élevait au-dessus du château. Je regardais ce spectacle dans une morne stupeur; j'eus la pensée, un moment, que de fidèles serviteurs du roi avaient mis le feu à cette demeure royale pour qu'elle ne fût point profanée encore une fois par î'hùte impérial qui l'avait déjà occupée trop longtemps; je sus bientôt la vérité; le feu avait pris à une seule cheminée, où, par l'ordre de Louis XVllI, on aurait brOlô des papiers importants qui ne devaient point être vus. Cette
. espèce d'incendie fut éteint en peu d'instants. J'avais (juitté le Carrousel, je me trouvais, je ne sais comment, dans la rue Saint-llonoré, je regardais les boutifjues, qui étaient à moitié ouvertes, et devant lesciuelles on n'avait point mis d'étalage, comme si c'eiU été un jour de fête ou de deuil. Vers les neuf heures, voyant la foule qui courait dans la rue de (irenclle Saint-Honoré, en se dirigeant vers celle de Jean-Jacques Rousseau, j'allai aussi dtî ce côté et je marchai d'un pas rapide vers l'hôtel des Postes; là une voiture s'arrêtait; j'en vis descendre un monsieur superbement paré; c'était le comte de Lavalette, revêtu de son ancien costume, qui venait, au nom de l'empereur, reprendre possession des Postes. On sait qu'en cette circonstance il dit poliment au comte Ferrand, qu'il venait le remplacer, et non le chasser; on sait que celui-ci répondit : « Je ne tarderai pas, monsieur, à vous laisser le champ libre; il me suffira d'emporter avec moi le portrait du roi, le reste regarde mes gens ». Après cette expédition, le comte de Lavalette se hâta d'écrire à son maître pour lui en donner connaissance; il fit retirer de la boîte tous les journaux où se trouvaient des actes du roi, et il expédia aux directeurs des postes dans les départements une circulaire conçue en ces termes :
c Paris, ce 20 mars à huit heures et demie du soir.
t L'empereur sera à Paris dans deux heures, et
PARIS SOCS LA RESTAURATION
KKTE DE SA MAJESTÉ LE ROI LOlIS XVII I LE 25 AOUT 1815.
Gravure de l'époque. Ronde chantée devant la famille royale. — (Collection G. liaitinanQ.)
peut-être avant; la capitale est dans le plus friand enthousiasme; tout est tranquille, et quoi qu'on puisse faire, la guerre civile n'aura lieu nulle part :
« Vive l'Empereur! «
J'étais retournée chez moi pour me reposer quelques heures, et j'étais revenue sur cette piare du Carrousel dont je ne pouvais m'arracher; elle était remplie dune foule d'hommes et de femmes qui, en rhantant des chansons des premiers jours