‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 219 sur 455 · LA FAMILLE ANGLAISE A PARIS · texte numérisé non relu

LA FAMILLE ANGLAISE A PARIS

Caricature d'après une pièce gravée de Carle Vernet

Bibliothèque Nationale. — (Cabinel des esl

le ciel que j'.y trouve le repos! ^ Trois seuiaines plus tard, c'esl-à-dire après Li rentrée du roi à Paris, et le lendemain de la publication, dans le Moniteur, de Fordonnaure du 24 juillet, Carnot. que Fouché avait eouclié un des premiers sur la liste de proscription, allant demander à sou ex-eol- Irgue du f^'ouvernement provisoire, aux termes de l'article i de cette ordonnance, le lieu de surveillance (juil lui plairait de lui indiipicr. lui dit : Où veux -tu (pie j'aille, tratlre! — Oïl tu TOudras. iinhccih'l »

répondit le ministre de la police de Louis \ VllI .

(Duchesse u'Ahhantks, Mémoires.)

L'exécution

du maréchal

Ney.

LE 7 décembre, après une déchirante entrevue avecsalemme.ses quatre iils et sa belle sœur, le maréchal, accompagné de M . l'abbé de Pierre, curé de Saint- Sulpice, sortit d'une chambre du Luxembe«r^, -où-il avait (Hé enfermé, et prit place

pour le Suprême Bon Ton.

ampes.)

dans un fiacre, après avoir invité le. prêtre à y entrer le premier.

« .Montez! monsieur le curé, lui dit-il, j'arriverai toujours avant vous là-haut. »

Le fiacre suivit la grande allée du jardin du Luxembourg et s'arrêta dans l'avenue de l'Observatoire. Le maréchal manifesta d'abord quelque surprise, car il s'attendait à être fusillé dans la plaine de (irenelle, déjà teinte du sang de Labédoyére.

Des vétérans étaient chargés de l'exécution, assistés par quelques gendarmes. Les assistants furent repoussés.

Il était neuf heures vingt minutes du ma-

tin ; le maréchal Ney s'avança vers le lieu de son supplice; il avait une redingote de gros drap bleu, une culotte noire, des bas de soie noire, et il était coiffé d'un chapeau rond.

* Ah! dit-il. c'est 1j\! .

Le maréchal lit ses adieux à M. de Pierre, lui romit une somme d'argent pour les pauvres de sa paroisse, et une boîte en or qu'il le pria de faire

la famille parisienne a LONDRES.

Caricature d'après une pièce gravée de Carle Verxet.

Bibliothèque .Nationale. — (Cabinet des estampes).

PARIS SOUS LA RESTAURATION

parvenir à la maréchale, dont le père, M. Auguier, était mort d'apoplexie quand il avait connu la fatale condamnation. Par une étrange coïncidence, la femme de ce malheureux beau-pére,

a vingt-cinq ans que je suis habitué à regarder en face les balles et les boulets? >

11 posa la main droite sur son cœur, et, de sa gauche, élevant son chapeau au-dessus de sa

.DERNIER PORTRAIT DE NAPOLÉON, FAIT A BORD DU Bellérophoil.

D'après une gravure anglaise sur acier. — (Colleclion Paul Le Roux.)

qui avait été attachée au service de Marie- Antoinette, avait perdu la tète en apprenant la triste fin de cette reine et s'était précipitée par la fenêtre.

On proposa au maréchal de lui bander les yeux.

c A quoi bon? dit-il; ne save»-vous pas qu'il y

tète, il reprit d'une voix calme et solennelle : « Je proteste devant Dieu et devant les hommes contre le jugement qui me condamne; j'en appelle à la patrie et à la postérité ! Vive la France! »

Il continuait, loi*sque la voix d'un général commandant la place de Paris, le comte de Hoche-

LE (iÉNÉnAL 1»E LADÉKOYÈHE.

D'aprts un porirail de famille. — <Colleclion Charles Simond.)

moment même de la remise qui m'en a été faite.

Paris, le 8 décembre, an 1815,

à huit heures du matin.

Signé : Asselixe.

Napoléon écrit dons le Mémorial de Sainte-Hélène :

< Xev, aussi mal attaqué que mal défendu, fut condamné par la Chambre des pairs, en dépit d'une capitulation sacrée. On le laissa exécuter, c'était une faute; on en fit dès cet instant un martyr. »

Pasquier dit :

« Voici un fait dont je suis certain. Il y avait au pavillon Marsan un grand dîner donné par le capitaine des gardes de Monsieur, où se trouvaient beaucoup d'officiers élrniigers, notamment plusieurs Russes (c'était au moment le plus émouvant du procès du maréchal Ncy). Des propos infiniments durs pour lui s'étant k plusieurs reprises échappés de la bouche de quelques convives français, les officiers étrangers ne purent contenir leur indignation ; l'un d'eux, un Russe, dit à celui ([ui s'était signalé par sa violence :

c Je ne sais pas, monsieur, où vous étiez en 1812, mais je réponds bien que vous ne faisiez pas partie de l'armée française en Russie, car vous ne parleriez pas ainsi de l'homme le plus prodigieux de cette armée; de celui dont le courage héroïque seul a sauvé les débris, à qui quarante mille de

l'exécution de labédoyèrb.

D'après une estampe de 1815. ~ (Bibliothèque Nationale.)

l'AIMS sors LA RESTALRATION.

vos plus braves soldats ont peut-être di\ la vie: il a conquis alors au plus haut dc^rc l'estime et l'admira lion des ennemis qui le ronibattaient. »

La part du niarérlial Nev dans la campagne de Russie fui si grande, son énergie surhumaine a produit un»' impression si puissante dix ans plus tard. (|uand on l'a bien connue, (jue, malgré l'exaltation des passions de 4 81 ri, si l'ouvrage de M. de Ségur eut paru quinze jours avant le jugement du maréchal, il eût élc impossible d'exécuter ce jugement : le cri de la l'Yance entière eilt imposé grâce.

{Mémoires dn

Chancklikr pASgUIER.)

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