I.ouis, le jière «les Kran^»ais
Seul UMiis ill voir un Roi de France
Au ;:rand couvert de ses >ujets.
Les olficiers «les Irois corps niililaires se serrent la main
(Jarde du corps, yardo royale, Soldats, Garde nationale, Knln* vous voir cesser la paix, Jamais! jamais! (bU)
Mais jiour maintenir la couronne, l'oui- servir de rempart au trône
A l'envi n()us jirêti^r ^ecou^s
Toujours! Touj«)urs! ibis)
Ce nolde s«'rnieiil a été répété à l'instant par tous les spetlateurs. niililaires ou citoyens, et le refrain est devenu un clni'ur ^'énéral exécuté avec un ensemble pîirlail, où tous les mouvements étaient «l'acccu'd. toutes les voix comme toutes les a mes étaient à lunisson : on a encore remarqué et d«'mandé deux lois le joli canon de M. Berton sur l'air de Vice Henri IV! le couplet en l'honneur de Mo.NsiKiK, celui qur est adressé à la famille royale sur l'air de (IharmanU- iînbrieUe, et enfin |»lusieurs «ouplets très i>laisants de la ronde de
PARIS SOUS LA RKSTAURATION
M. Chanterelle, et d'autres dun ton plus relevé dans le vaudeville final, entre autres oelui-ci, chanté avec l'expression la plus franche et la plus animée i»ai* Mme Dufour :
Amour au Roi qui met sa gloire Dans le bonheur de ses sujets, Pour qui la plus belle victoire Kst d'être adoré des Français!
Dt-nissons tous la Providence, Qui permet (ju'un lils de Henri Nous rende ce refrain chéri :
« Vive 1(.' Roi! Vive la France! »
Les principaux sujets des premiers théâtres de la cainiale avaient voulu concourir par la réunion de leurs talents à l'éclat de celte fête maiinilicpie : l'Opéra était représenté [)ar Lavi«:ne; i>t le Thé.'Ure-Français, par.Vichot.
Armand, Thénard, .Mlle Leverd et Mlle Hourgoin; rOpéra-Comique, par (.hcnard, ïluet et Mlle Kegnault; l'Odéon, par Arm.ind: le Vaudeville, par Jolv et Mlle Desmares; les Variétés, par I*otier et lJosquier-(iavaudan. Tous ont bien fait, i»arce que tous avaient l'envie de bien faire : Possunt qnia pos$e viilentur. 11 était imp«»ssible de distinguer le genre habituel des difrércnts artistes : dans le couplet, on eût dit qu'ils appartenaient tous aux théâtres 1 vriques ; dans la déclamation, ils semblaient tous sortir du ThéAtre- Français.
Après cette représentât ion, la salle, qui semblait assez grande h peine i)Our contenir les spectateurs, s'est comme élargie, on eût dit par un effet magique, pour faire place aux danses. Le balustre de la tribune royale s'est abattu: Sa Majesté a fait avancer son fauteuil sur le perron qui était au devant et s'est ainsi trouvée au milieu de l'assem-
M. ET M"*' DE GÉMCOUÎIT.
Caricature de 1816. — (Musc Carnavalet.)
NOLEMENT 1)E I.A GMJhi: N ATlMN A LE AI ROI, (Mu-ér Cirnaval I.)
hléo. Mgr le duc de Herry a bien voulu ouvrir le bal. Le premier cpiadrille était formé de Son Altesse Royale, de M. le maréchal duc de Uaguse, M. le duc de Mortemart, de M. Acloque, l'un des chefs de la légion de la garde nationale ; de Mme la maréchale duchesse de Reggio. Mme la duchesse de Mortemart, Mme *", et Mme Acloque. Rientôt les quadrilles se sont multipliés. La présence du Roi a encouragé les jeux et l'allégresse sans les contraindre jusqu'à onze heures du soir, qu'il s'est retiré avec Maoamk et les princes, ses neveux. Sa Majesté a bien voulu témoigner à Messieurs les auteurs du divertissement qui se sont trouvés sur son passage qu'elle était, ainsi (^ue le public, fort satisfaite de leur ouvrage.
(Join-nal des Débats, 23 février 1816.)
La gravure el la liihopr.ipîiic reproduisirent ces élans d'enthousiasme do la );arde nationale de Paris pour le roi et la famille royale. En 181 G ce dévouement était au comble. Il dura d'ailleurs, ]>endant la Hesiiauralion, jusqu'au licenciement de ce corps en 18:î7.
Exhumation du duc d'Enghien
PAR continuation de l'enquête par nous faite le iH présent mois, nous avons fait comparaître Mme Ron (.Madeleine), ancienne religieuse, demeurant à Paris, rue de Picpus, n** 31, ciiez M. Rochette, opticien, laquelle, après serment de dire la vérité, a dit:
Qu'étant, à l'époque du mois de mars mil huit cent quatre, maîtresse de
pension à Vincennes, eUc avait , entre autres élèTes, les filles de Mme Harel, ciui venaient prendre des leçons chez elle «oinnie externes. Que le 20 mars, les avant ramenées à leur mère sur les cinq heures de raprès-midi, elle vit arriver dans la cour du rhûtcau une voiture à six chevaux, et eu descendre un homme dune figure et d'une taille distinguées, qui fut reçu par le sieur Bourdon, emplové au chîltoau, et bientôt après par M. Hnrol, commandant;
Qu'étant nn^nléc chez la dame Harel elle y apprit, de la bouche mèniP du <-omman«lMnt. que ce
La déclaration de Mme Bon ayant achevé de confinner les indications qui nous avaient déjà été données sur le lieu où Monseigneur le duc d'Enghien avait été inhumé, nous avons cru devoir nous abstenir d'en recevoir d'autres.
Et, vers l'heure de midi, M. le comte Angles, ministre d'Etat, préfet de police, désigné par Sa Majesté pour légaliser l'exhumation par sa présence, étant arrivé et s'étant réuni à nous, nous sommes descendus dans les fossés, accompagnés des personnes ci-dessus dénommées, auxtiuelles s'étaient joints Mme Bon, le sieur Godard et le
OK N 0 N K R K K U s K DE S E C O T H I H P A H I S .
Prix de Eonie. — Premier grand prix do peinture en 181G. Tableau de Thov\>«. — (ficole de» B<aux-Arl.s.)
personnage était vraisemblablement un Prince que le sieur Harel paraissait ne pas connaître; qu'elle ne put en savoir davantage, étant sortie sur les six heures de chez Mme Harel, cju'elle laissa dans une douleur profonde ;
Uue le lendemain on lui dit que le personnage qu'elle avait vu la veille était Monseigneur le duc d'Enghien, lequel avait été fusillé dans la nuit, et enterré sur-le-champ dans les fossés; <|u'on lui en montra même la place, dans une enceinte au pied du pavillon de la reine, fermée par un petit mur de quatre à cinq pieds de hauteur, et a signé après lecture faite.
Signé : Bon, Laporle-Lalanne , et le vicomte Hêricart Ferrand de Turre.
nommé Bonnelet ; ces deux derniers nous ont conduits à la place qu'ils nous avaient indiquée dans leur déclaration, au pied du pavillon de la Reine, et Bonnelet s'est mis au nombre des travailleurs.
Nous avons cru devoir, pour plus de sûreté» faire découvrir le terrain sur une étendue de dix pieds sur douze environ ; et au bout d'une heure et demie de travail, la fouille étant à peu près à quatre pieds de profondeur, on a découvert le pied d'une botte, et dés ce moment nous avons été assurés du succès de nos recherches.
MM. Héricart de Montplaisir, Delacroix, Guèria et Bonnie sont descendus dans la fosse et ont pris personnellement la direction des travaux^
PARIS SOUS LA RESTAURATION
f|ui ont été coiUinuês avec les plus grandes précaiilions.
Le résultai en a été ronslalé par le rapport (]ui est annexé au pré<'é<lent
Les personnes les moins exercées pourront se convaincre, par la lecture de ce rapport, «pi'il ne nous est rien échappé des restes précieux (pie nous avions à recueillir; nous en sommes particulièrement redevables au zélé reliirieux «pie MM. les médecins (»iîl mis. non seulement à di-
dc Monseigneur le duc d'ICngliien. «pii s'est enlermé avec lui dans la citadelle de Strasbourg, d'où il a été conduit à Paris (séparé de son maître, qu'il ne lui a pas élé peiinis d'accompagner) pour y subir toutes les rigueurs d'une longue captivité: à Sainte-Pélagie puis au Temjile:
2" l'no bou(de d'oreille, l'autre n'a pas été retrouvée ;
3" lu cacliet d'argent aux armes de Coudé, encastré dans une a;:rcgatiou ferrugineuse forte-
HHISKIS THOIVK LE <:ORPS DK PATROCLK.
Prix do Rouie. — Premier grand prix do poioturo en i815.
Tableau (I'Alalx. — (ixole des Bcaux-Arls.) Ce lab'eaii fut expose également en 1810, A la suite d'une polémique de presse.
riger les travailleurs, mais à les remplacer euxmêmes.
Après s'être assurés de la direction dans laquelle le corps était posé, ils se sont occupés de retirer, avec les plus grands ménagements, et par parcelles, la terre rpii le recouvrait. C'est ainsi qu'ils sont parvenus à découvrir :
1° Une chaîne d'or avec son anneau, que M. le chevalier Jacques a reconnue pour être celle que le Prince portait habituellement au cou, et qui a été en effet trouvée près des vertèbres cervicales : cette chaîne et les petites clefs de fer qui accompagnent le cachet d'argent mentionné ci-dessous nous avaient été annoncées d'avance par M. le chevalier Jacques, le fidèle compagnon d'armes
ment oxvdée, et où nous avons reconnu plusieurs petites clefs de fer ou d'acier;
4" Une bourse de maro(]uin à soutllet, contenant 11 pièces d'or et 5 pièces d'argent ou cuivre;
5" Soixante-dix pièces d'or, ducats, florins et autres, faisant vraisemblablement partie de ceux qui lui avaient été remis par M. le chevalier Jacques au moment de leur séparation, renfermés dans des rouleaux cachetés en cire rouge dont nous avons trouvé (luelques fragments.
Tous ces objets, inventoriés par nous «t M. le comte d'Angles, ont été mis à part, et nous sommes restés chargés de ce précieux dépôt.
On a recueilli également des débris de vêle-
PARIS DE iSOO A 1900.
ment, parmi lesquels se Ironvont les deux pieds de France, mort d Vincennes, le rimit-un mars mil
de botte, et des morceaux de la casquette, por- huit cent quatre, â(jè de trente-un ans, sept mois et
tant encore l'empreinte des balles qui les avaient dix-neuf jours. » traversés.
Ces débris, ainsi que la terre recueillie autour M. le chapelain du château a fait entourer le
du corps, ont été réunis aux ossements et placés cercueil de cierges, et, assisté d'un autre ecclésias-
dans un cercueil de plomb. tique, il est resté pour réciter les prières de
Cette opération terminée, nous sommes remon- l'Kglise.
tés au château, le corps i)orté ])ar des sous-olïi- M. le marquis de Puyvert a fait placer une
ciers de la garde rovale, cscorlé d'une garde garde à la porte <le la salle, ainsi que dans les
PLAN n K L ' A B B A Y E S .M N T - (i K B M A 1 N - I) K S - 1» B K S EN 1 8 1 G .
D*après les documents originaux par A. Meumeu. — (CollectioQ Charles Siniond.)
d'honneur et suivi d'un grand concours de militaires de tout grade de la garnison du château, et d'autres personnes (jui avaient été témoins de Texhumation. Le cercueil a été déposé dans une salle provisoirement préparée pour le recevoir, en attendant le jour de demain, où il sera transporté dans la chapelle de dépôl qui lui est destinée. Le cercueil a été recouvert, soudé par des plombiers et renfermé dans une caisse de bois, avec cette inscription sur une plaque d'argent doré :
« Ici est le corps de très-haut et puissant Prince LOUIS- ANTOINE -HKNRI DE BOURBON- CONDiL, DUC D'ENGHIEN, Prince du sang, Pair
fossés à l'endroit où la fouille a été faite. Fait au château de Vincennes, le mercredi vingt mars mil huit cent seize. Signé : Laporte- Lalanne, le vicomte Iléricart-Ferrand de Tliury, le chevalier de Contye, le chevalier Jar^j/^'s, le comte Angles, le marquis Aymer de la Chevalerie, le comte Armand de Beaumont, le comte de Baschi du Cayla, le vidame de Vassé, le comte de Pradel, le vicomte de Rully, Saint-Félix, Bonnie, Guérin, Jalahert, vicaire général: Charles de Geslin, le général comte Charles de Bethisy, le marfjuis de Courtemanche, Hèricart de Montplaisir, Delacroix, le chevalier Jaubert, Champfort, Roger, curé de Vincennes. Fabbé Rougier, chapelain; le général raar-
quis de Puyvert, le comte Chaillon de Joinville. (Procès- verbal de l'exhumation du corps du duc d'Enfjhien.)
Mariage du duc de Berry.
A onze heures et demie environ, la Cour de cassation a pris place dans les si ailes du haut du chœur à droite du trùne, et les autres stîilles ont été occupées : celles de droite, par la cour royale et par le tribunal de première instance; celles de gauche, ()ar la Cour des comptes, les douze maires de Paris et le tribunal de
L'ordre du cortège était ainsi qu'il suit : Après les nombreux officiers iiiilitaires et civils, Mgr le prince de Condé, Mgr le duc d'Angoulème, Monsieur, Mgr le duc de Herrv et la nouvelle épouse qu'il conduisait à l'autel, le Hoi, sous le dais que portait le clergé; Madame, duchesse d'Angoulème, Madame la ducbesse douairière d'Orléans, Mme la duchesse de Bourbon, et leur nombreuse et brillante suite.
Pour la première luis, Je crois, on voyait le Roi revêtu d'un uniforme chargé de bro<leries d'or. Sa Majesté était chaussée en demi-bottes: Monsieur portail aussi pour la pr«'miére lois, je pense,