PRUDHON
D'après un portrait de Tépoqoe. — (Collection Hennin.)
plus. Bientôt chaque garde nalionale de. province Toulut comme celle de Paris, avoir une marque de distinction particulière; chacune eut la sienne. On vit des provinciaux se faire recevoir dans quatre ou * "mff g.i dés nationales, pour nn^U re h leur boutonnière aularii de rubans de diverses atuleurs. J*en comptai un jour jusqu'à sept à la boutonnière d'un marchand de vins, cousin d'une de mes femmes de chambre. Jamais maréchal de France ou diplomate n'eut luit de décorations, et ne les porta avec plus de fierté. Mais : tout passe dans ce monde : le lys, qui d'abord avait été siïort en honneur, tomba. dans l'oubli : la médaille oyale . ne fut pas plus heureuse que le 1 js. On s'avisa de sVi 'moquer et la médajl ovale disparut pour jaiui (Awmymf
peuple, poussés au crime par la misère et échauffés sans doute par l'instigation de personnages plus importants, conçurent le projet horrible de faire périr le roi, la famille ro^'ale, et de renverser le gouvernement. Quelle que fiU l'extravagance d'une pareille entreprise, ils se flattèrent d'y réussir, et dans l'impatience de réaliser ce projet, qui ouvrait un vaste champ à leurs espérances, ils ne tardèrent pas à en venir aux moyens d'exécution. Dans leur système, il fallait d'uburd faire un appel à tout ce qu'il y avait en France d'ennemis de la paix publique, établir entre eux un point de comniunication et un signe de reconnaissance, et pourvoir à ces dispositions d'une manière assez mystérieuse pour mettre en défaut la vigilance d'une police éclairée.
Deux hommes que l'obscurité de leur condition semblait dérober aux regards les plus pénétrants, les nommés Pleignier, corroyeur, et Carbonneau, maître d'écriture, prirent sur eux cette partie d'exécution. Les affaires de Pleignier étaient désespérées, et Carbonneau se trouvait réduit à la plus profonde misère. IMeignier alla trouver Carbonneau, l'excita à se rapprocber de lui, lui paya son loyer de la rue du Faubourg- Saint-Martin, lui choisit un nouveau logement dans la rue du Pavé-Saint-Sauveur, avança un demi-terme sur ce logement; à différentes fois, mais dans un court intervalle, rnmpta k Carbonneau jusqu'à la somme de 200 francs.
Mei^mier demeurait rue du 1 *e t i t-Lion-Saint-Sau veur.
Macés ainsi l'un près de l'autre, ces deux hommes s'animaient réciproquement & la poursuite de leur dessein.
Ils convinrent de faire des cartes d'une forme particulière qui seraient distribuées aux associés comme signe de reconnaissance et moyen de dénombrement,d'imprimer une espèce d'adresse ou de proclamation qui disposerait les esprits à un mouve* ment, indiquerait 1 1 listenceet le but de la iiimpiration. Les cartes les exemplaires de la lumation devaient être
. fiapiiùs d'un timbre sec portant
Conspiration *••'■«" "» ▼'«*»• pour inscription : Union, Honneur,
des patriotes. * '■*«'<irJl;Si.S."'""- /»«'">. et il fut décidé que les as-
, *^ ■ ;" ■ (ll«.«rbrr..T.l. sociés prendraient le nom de P«-
As le mois de févner, des triâtes de 1816. Cependant, on avait
hommes déjà connus par leur esprit sédi- promis une proclamation, elle était attendue avec tieux, nés pour la plupart dans la lie du impatience, et les conjurés brillaient de la faire
CHAPELLE EXPrATOIKE DE LA CONCIERGKHIK.
KrigC'C en iiiéfiioire de Marie-Antoinette dans la prison de la reine.
(Colloclion G. Hartmann.)
N.-B. La conspiration des patriotes échoua. Pleignier, Tolleron et un de leurs complices, Carhonncau, furent condamnés à mort et exécutés en Place de Grève. Tous trois marchèrent au supplice en chemise, les pieds nus et la tète entourée d'un crêpe funèbre. Après qu'ils eurent ontenau la lecture de leur jugement, au pied de l'échafaud, ils en montèrent rapidement les degrés. Carbonneau tendit son poignet avec résignation ù. l'exécuteur; Tolleron posa le sien sur lo billot en disant : « Coupe cette maiji qui a défendu la patrie! » IMeignicr fit quelque difficulté pour se soumettre à cette cruelle opération, mais le bourreau lui ayant dit : « Monsieur IMeignier. ne faites donc pas Tcnfant!
Voyez ces messieurs : ce sont des hommes ». il n'hésita plus. Le soleil éclairait de ses derniers rayons le lieu du supplice. La foule, muette et dans l'anxiété, paraissait douter en- <'ore du spectacle qui s'offrait à ses ycu.x : elle ne pouvait croire que la royauté serait inexorable jusqu'au bout et lorsque le bruit de la hache vint dissiper son dernier espoir, du sein de cette nmltitude consternée il s'éleva un cri de douleur, suivi de sourds murmures d'indignation; tout ce peuple était pâle et défait; des regards menaçants se dirigèrent vers les Tuileries quand, à la dernière tète qui tomba, on entendit,dans Tenceinto réservée autour de l'échafaud et formée par les Suisses . proférer les acclamations prolongées de Vive le Roi! Vivent le» Bourbons! La livrée du roi, les gardes de la porte, les Cent Suisses et les valets de plusieurs grandes maisons, entremêlés d'espions de police, se trouvaient réunis dans le même carré où. sous la protection d'un formidable appareil militaire, ils pouvaient à leur aise se repaître de la vue du sang. Les croisées du portail de la Place de Grève étaient louées à des royalistes et des sièges avaient été disposés à celle de l'ilôlel de Ville pour les dames de la Cour qui désiraient voir venger la Royauté.
DlLAURE
(Histoire de la 2* Restauration.)
connaître. Tolleron la fit imprimer par un nommé Charles, l'un de SOS compagnons à la Force, au mois d'août 1815. On en tira mille exemplaires donl plus de cinq cenis furent distribués; le tirage eut lieu la nuit dans la maison de IMeignier.
Cette proclamation a pour titre :
Onjanisation secrète des patriotes de 4810. et chaque exemplaire porte le timbre do l'association. Ce manifeste incendiaire fut bionlùt répandu dans Paris et propagé dans les provinces; il excita dans Pes|U'it de la multitude une fermentation dangereuse, et réveillait dans les c(i^urs dos séditieux les i)lus coupables espérances.
Le Procès des Patriotes.
(Brochure anonyme de 1810 )
rAIU> rOKTIFlÉ EN 1816.
Gravure de l'époque. — (Musée Carnavalet.)
Janvier.
8. — Séance publique «le la classe di s soi- n< es physiques tl mathématiques de l'Institut. I-e dtsir de voir « ouronixT .Mlle Sophie Germain uUire un nombrjux pulilic, mais « celte demoisollc ne vient point rcicvcir une palme que son sexe n'avait point encore cueillie en Fiance ».
9. — l'n étTiteau portant les noms de Lavalette et sa condamnation est attaché à un jK)teau sur la place de riIotel-de-Villr.
14. — Célébration de la fête du Triomphe de la Foi à Saint Itoch. — Assassinat, rue do Vnugirard, du médecin Leroy, par 8a bonne, Marffuerife Guillon, et un <lomesli(iue appelé Canij.e, <|u'il avait renvoîé.
16. — Le faux dauphin, Mathurin Bruneau, est enfermé à Uicêtre.
19. — Loi fixant un deuil gt^iiéral le 21 janvier, en commémoration de la mort de Louis XVI et autorisant rér<nion d'un monument expiatoire.
21. — Célébration de l'anniversaire du 21 janvier. Misses eommémoralivcs dans toutes les églJBts de Paris, lous I«s théâtres fermés. Pajeincnt des délies et libération de quarante personnes (iélcnu< s dans lev prisons de I^aris pour des créances inférieures h. 20,000 francs.
Février.
14. — Ordonnance portant que le pont Louis X'VI (de la Concorde) sera orné des statues de Sugrr, Richelieu, Sully, Colbert, Uayard, Tuienne, Condé, Tourville, Duguay-Trouin, Duquesne et Sullren.
21. — Fête donnée à l'Odéon par la garde nationale de Paris aux gardes du corps et à la garde royale. Avant le bal, représentation d'une pièce de circonstance : « Chacun son tour ou l'Écho de Paris, * par Désaugiers et Gentil.
27. — Ordonnance d'après laquelle une statue sera élevée h Moreau et i Pichegru.
191 ar M.
7. — L'autographe du testament de Louis XVI retrouvé aux Archives est apporté au roi par le nouveau garde général, M. Delarue.
13. — Martin, cultivateur de Gallardon (près de (Chartres), à qui l'ange Haphaél avait ordonné à plusieurs reprises d'aller trouver le roi, est enfermé A Charenton, d'après un rapport du médecin l'iuel qui le déclare « atteint do manie intermittente avec hallucination des sens >.