DE LA STATL'E DE HENRI IV
(Musée de la Monnaie.)
exip^ences des ultras. Louis XVIH a dissous la Chambre introuvable, le 5 septembre 1816, et les élections de fin d'année ont grossi le parti des indép<Midanls sur les bancs du i*alais-lk)urbon. Voyer d'Argenson, Laffitte, l)n|)ont de I Eure, deviennent les organes du i^roupe, et l'esi^rit du nouveau Parlement se manifeste bientôt par quelques mesures excellentes.
La loi du 5 février, abrogeant réieelion à deux degrés, accorde le droit de suffrage à tous les citoyens (jui payent trois cents francs d'impôls et lixe à mille francs le cens d'éligil)ilité. Le (loncordat signé par M. de Blacas est repoussé par la Chambre, qui limite le nombre des évétjues à celui des départements. Lnfin la loi du :20 octobre laisse aux ministres seuls le pouvoir discrétionnaire, précédemment atlribué à tous les fonctionnaires du royaume.
(IrAce à ces tendances libérales, le calme, peu à peu, renaît dans les esprits. Cerles, les colères des partis sont encore loin d'être apaisées : tandis que les fidèles de l'empire supportent avec impatience la domination monarchique, les ultras, refusant de comprendre que les mteurs du pays ont changé depuis 178î>, s'obstinent à voir en Louis XVIH le continuateur de Louis XVI ; la nation est toujours divisée en deux camps rivaux et l'antagonisme se manifeste dans les moindres détails de la vie publique et privée; dire « rLmpereur »> ou < Buonaparte », appeler les soldats étrangers qui casernent au (iros- Caillou « les ennemis » ou « les alliés », porter la redingote de demi solde ou l'uniforme à l'autrichienne, brodé de Heurs de lys au collet; fréquenter le café Lemblin ou
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D'aprt's une estiiriii»c de réjpoipn;. — (Golli'Cti(»n G. Il artinanii. )
s'asseoir au café de Valois, cela sj'pare encore deux hommes par un abîme infranchissable. Pourtant la grande majorité d»» la population parisienne a soif de calme et de repos. Après avuir été S(»coué par un frisson dun quart de siècle, le pays se reprend à vivre d'une vie lente de convalescent. Plus d<' folie ni d'enthousiasme. ]*aris a revcMu l'aspect d'une grande ville de [)rovince. avec ses mesquineries aimables et ses distractions pacifiques.
Aux tables du Palais-Uoyal, les gens graves discutent les mérites respectifs du jeu du diable, du casse-tète ou du classique doniino. Les jeunes premiers, fiers de lancer le pantalon à la nouvelle mode qui se boutonne sur le cou-de-pied, vont au café des Étrangers courtiser six servantes, en costumes circassiens, (jui répondent aux doux prénoms de Zelmire, Zulbé, Zuléma, Zoraïde, Zobéide et Zitulbé. (Juant aux simples badauds, les numirils, comme on dit alors, c'est la rue qui les attire avec ses amusements variés.
Tantôt on les voit sattroupor autour du célèbre Mousta[»ha,qui avale de petits cailloux et se promène à cloche-pied en chantant d'une voix aigu»" des couplets inintelligibles. Tantôt ils considèrent la naine de la rue des Petits-Champs qui ne pèse que huit livres et
mesure :i7 pouces. Dans les jardins publics, le jeu du boxeur français — qui deviendra plus ianl la tète de'^Turc des fêtes foraines — les séduit par sa nouveauté. Knlin, aux vitrines