‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 249 sur 455 · I:n MOMAiJNES RISSES F.X · texte numérisé non relu

I:n MOMAiJNES RISSES F.X

D'après une graviin' iillemaiiiie. — (Bibliothèque de U Ville lie Pjiris.^

des libraires, ils ne se lassent pas d>xaminâ^ les affiches de Tranconi... songez doncl scandale du jour! des écuyère& si peu (jue la supjïression des placards oitg sérieusement agitée en conseil de* mil' H est vrai (ju'au même étalage, gravure chatouille encore plui^ ceplibilités du cabinet des Tq "'

PARIS SOLS LA RESTAURATION

I. KS liuri.KVAHliS J»l-: PAKIS. — IHMLKVAUh lï \ L I K X u f il n l L K \ a :

D'après une cstampo tl«; \'é^,oque, — (Collection G. ll.irtniana

portrait du duc dOrléans en colonel-irénéral de hussards qui fait pàlir celui do M^^r le duc de Berry, ainsi que le constate un rapport de police.

Ce rapport ne dit pas si l'iniaiie de Louis Philippe était agrémentée du parapluie de M. Bellinge : quoi qu'il en soit, cet ap[)areil est la grande invention du jour. Henferniant dans son manche un nécessaire cuinplet, — lorgnette, papier, plume, canif, ciseau, demitoise, couteau, compas. — il fait la joie des Parisiens, en l'an de gr;\ce 1817, car la saison est fort pluvieuse : les averses succèdent aux averses, la Seine inonde les Champs-Klysées, et l'on va se promener en barque entre les troncs d'arhres du cours la Heine. Mais, au premier rayon de soleil, le lac est bient(it desséché et la navigation fluviale est remplacée par la navigalion aérienne, dans les Chariots des iiiQQtagciD^ russes.

Fi»rroi& Ie& éléganl^ d*^bi-^«^nî motj-

ou

les srhalls carrés tirent \ i ; -t:?

lesschalls longs.

Le Salon de i«l7 •■::=: :■:-• d'attention : les aiiiatru:- - ii . ' : v(?r (îxcellentes les no"-: r- ' de Prud'hon. de Dr:. "-■ "- ' iJiu'riii d'avoir p'finl ?i 1 .

«'t sa Clylennn'Sire t.* .; .* -- (le Henri IV à Pat". : ir - . . tous l('s sulfrai:»'». h:. •- - : - :s'occupe d'un jeijur -- - - - (|iii collabore iTJodr •:---: i.; Trinité : Ingn>. i- :. ï "'à David, il est cvit-h r.

talrnt, depuis qa.. -*" ■• - ■ à Bruxelles.

La même part cl.- --:--- (IhatcaubriaDd ^ ' J ■ briant — a ph- .fc -■ royaltite. el ^ Jfv#.

entourage. l^^iL.- -^ -• j^tiutcurd'J

L K T M i: \ T II K 1) K S I T A 1. 1 K N S .

D'après une gravure do IVpoqiie, — (Collection G. Hartmann.)

C(^llenle Mme Cotlin devient le premier écrivain du siocle. Tandis que l'Académie française, on voino d'oric^inalilé, j^roposr comme sujrt de concours « le honheur* que prorure IVlude », seule. THniversilé royale brille d'un a<^sez vif éclat : les lerons de littérature de Laya y sont toujours suivies par un puldic fidèle et, dans la chaire d'éloquimce, If Jourvfil flf'.< Ihimoa siirnalt^ un « jeune professeur distin.uué » qui n'est autre que Villemain.

Au llié.Ure, pas de grand suecès. Picard, au leur et directeur de la scène de TOdéon, — ci-devanl de l'Impératrice, — voit sa S>Hiie lies Dpu.v Phi/ihcrt assez froidement accueillie. En 1817 — déjà! — la Comédie française est agitée par des querelles intestines; créant un dangereux précédent, Talma, puis Fleury, puis Monrose, veulent donner leur démissions; finalement, ils la retirent, tandis que Mlle (îeorges l'oçoit la sienne, sans l'avoir demandée. Pour faire diversion les gardes du corps s'en vont siffier Mlle Mars.

I.es théâtres de nuisicpuî semblent moins agités. A r()péra-Comi({ue, Mlle (iavaudan continue» à chanter la jolie ronde des nosirirs; à l'Opéra, sans parler du luxueux ballet des l)fi}utid('.<, on mcmte Ir liai tvouhadnur ^ de l'académicien Rertin. et le public redemande chaque soir le duo de Roger et d'Elvire.

In événement plus sensationnel, c'est l'ouverture de la nouvelle salle de Franconi au faubourg du Temple. Pendant quelque temps on ne parle plus que de Macbeth, Tétonnante féerie du cirque. Le i)etit théâtre mécanique »le Hobertson jouit aussi de la vogue ; on aime les allraclions savantes du cosmorama, au Palais-Royal, et les gens sérieux ne sourient point en lisant rafiiche ambitieuse du MiisrKni nranoqraf)/i'u/ur de la rue de Chabanais : démonstration des volcans, abîmes, goufl'res, précipices; explication des nouvelles taches du soleil.

Comme on le voit, Paris n'est pas difficile à distrain^ épuisée par les dernières luttes, avide de tranquillité, la capitale oublie peu à peu son passé turbulent; elle se propose un idéal de vie pacifique et bourgeoise.

Vn ;i un, les derniers vestiges du régime impérial disparaissent : on gratte les N du Louvre et on débaptise le pont d'Austerlitz. Les Parisiens contemplent avec indilTérence les colonnes de bois du Champ-de-Mars qui soutenaient, hier encore, l'estrade de Napoléon. A présent, elles pourrissent dans Therbe et les feux des bivouacs prussiens ont enfumé

leurs aigles d'or I

Jean Roriqubt.

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MGR LK DUC D ANC OlhKMK l' R K S I 1) A N T LKS KXKRCICKS DK L KCOLK POLYTKCIIMOUE

iJ'dprès une gravure de l'époque. — (Collection G. Hartmann.)

LES ÉCHOS DE PARIS

La mort de Masséna.

LE i avril 18i7, le vainqueur de Zurich, le défenseur de (iènes, Masséna. dont les humiliations que subissait la France avaient navré le cœur, mourut de chagrin, plus encore que de maladie. Tout ce que Paris renfermait de patriotes voulut se donner rendez-vous au convoi de cet illustre capitaine. Là, pour la première fois, depuis le fatal licenciement, se trouvaient réunis les débris dispersée de la vieille armée française, au milieu d'un concours immense de peuple; tous les braves qu'une police tracassière n'avait pas chassés de Paria se pressèrent autour des restes de l'Enfant chéri de la Victoire.

Le général Thiébaut célébra sur la tombe de Masséna des exploits que la plus grande partie des auditeurs avaient pu attester.

Le colonel du génie Heaufort d'Haulpoul traça dans une notice rapide le tableau d'une vie si belle. Jamais il n'^y eut de douleur plus vive, plus vraie ni plus expressive : toute la j^'loire française semblait s'ensevelir une seconde fois avec Masséna et la patrie perdre avec lui l'espoir d'être vengée un jour.

La dépouille de ce grand capitaine fut déposée dans le cimetière du Père-Lachaise ; un obélisque de marbre blanc s'éleva au-dessus de sa sépulture; le nom seul de Masséna y fut gravé sans aucune inscriptioD.

DuLAURE {La 2* Restauration.)

Le procès Maubreuil.

MAi'RRKriL comparut devant le tribunal de polire correclioniielle de Paris, le 10 avril

l/arihience était prodi^'ieuse. Je n'eus ^arde viaitneiil de niaïupier un pjireil spectaele. A la vue (le Maubreuil, il s'éleva connue un niuniiure d'elTroi et de pitié. Son extérieur accusait la réunion de toutes les tortures morales et phvsiques. 11 V avait dans son regard une vivacité extraordinaire qui tenait de l'aliénation. Sa peau avait une blancheur maladive La perte de son sang, qui n'était pas réparée, lui avait laissé, en outre, une irritabilité nerveuse dont le sentiment alTcctait d'une manière bien pénible ses voisins. 11 était depuis trois cents jours au secret, et n'avait communiqué que dans les quinze derniers avec son avocat, en jM"ésenc(? de quatre témoins. Je ne pouvais croire (jue ce fût là le même homme si l)riliant «jue j'avais vu ^^aloper avec tant d'ardeur dans les rues de Paris, le '.U mars 1814.

Pour comprendre l'immense curiosité (|uc celle alTaire soulevait <lans Paris, il ne faut pas oublier que depuis trois ans Maubreuil ne trouvait ni un journal ni un imprimeur pour mettre le public au courant de son aventure. que les plac.ets mêmes de son avocat n'étaient im[)rimês (|u'ii la condition de rester obscurs, et que, de toute son histoire tragique, accomplie du 20 avril 1814 au dO avril 1847, il n'avait absolument transpiré *que l'attaque contre la reine de Westphalie, à Fos-

D'après l*uri j^inal. — (Colloclion du Musée Carnavalet.)

sard, et la \n'cho iriiraculeuso des dianiaiils au pont Louis XV. Mais re mystère était précisément la cause du scandale, et on s'attendait à la confidence d'énormités bien supérieures à celles que Maubreuil pouvait souhaiter de peindre.

Le tribunal se composait de trois juges. Le discours de M. de Vatinienil, avocat du roi. soutint que le tribunal n'était pas lié par l'arrêt de renvoi de la chambre d'accusation, que la preuve des faits, emportant une peine alfliclive et infamante^ exigeait l'intervention de la cour d'assises, et qu'il fallait attendre que la Cour de cassation prononçîU d'une manière définitive en règlement de juges.

« Du reste, ajouta M. de Vatimenil, quoique les charges soient très graves et très nombreuses (il y avait au moins une rame dans son dossier), nous n'en affirmons aucune. »

Cette modération d'une part et de l'autre cette prétention d'incompétence n'expliquaient que trop clairement le désir caché du ministre de la justice. On voulait par des retards user l'intérêt de l'affaire, et, comme on dit vulgairement, linir en queue de rat. M. de Vatimenil avait à peine abandonné la parole, qu'une rumeur de mécontentement circula dans l'auditoire. La présomption d'incompétence prenait Maubreuil au dépourvu, il n'avait pas même k ses côtés un ami. Le marquis de Bresse avait porté la veille sa démission aux bureaux de la guerre afin de pouvoir librement le défendre à l'audience; mais Maubreuil, dont les amitiés étaient compromettantes, n'avait pas voulu par délicatesse que le marquis le suivit au tribunal.

« Accusé, dit le président avec douceur, avezvous quelque chose à faire observer sur l'incompétence?

— Je suis seul ici, répondit Maubreuil d'une

voix émue et soulevé par deux gendarmes, je n'ai pas même d'avocat pour me défendre. Permettezmoi de vous expliquer les motifs de cet isolement. Je crovais n'avoir à parler aujourd'hui que sur les faits, comme c'est d'usage en correctionnelle. Aussi n'ai-je pas voulu risquer le talent et peutêtre la vie d'un jurisconsulte dans l'intérêt de la défense d'un malheureux qui doit s'attendre à tout. Mais je suis fort afl'aibli, je puis à peine parler, je n'entends rien aux discussions judiciaires. Si M. le président me promet qu'on respectera l'indépendance de mon conseil actuel, de M' (louture, je réclamerai le secours de ses lumières.

— Vous êtes devant la justice, reprit aussitôt le président d'un ton grave, la défense est de droit public. Jamais les avocats ne se laissent influencer, et on ne saurait les intimider. Vous êtes libre de choisir M' (bouture pour défenseur. Le tribunal remettra la cause à huitaine pour que vous puissiez faire plaider sur l'incompétence. Dans l'intervalle, on vous accordera de communicpier avec votre défenseur.

— Je vais alors entrer dans le détail des faits. Messieurs...

— (/est inutile, interrompit le président. Vous n'avez à parler (jue sur l'incompétence.

— Mais comment apprécier la compétence et ne rien dire des faits? Vous accorderez bien trois quarts d'heure à un homme qui est au secret depuis trois ans.

— Deux heures si vous voulez, mais ne parlez que sur l'incompétence.

— En 1814, dit Maubreuil, le tribunal de première instance s'est déclaré incompétent. Eni815, une commission militaire s'est déclarée de même incompétente. Je crovais avoir épuisé tous les ressorts de la juridiction terrestre. Si les tribu-

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. K I) r C ET LA I) r (J H K s s K 1) K J\ E H H Y S E C () T H A N T V > C A V A I, I E H É V A N ( H' I .

D'après une gravure du temps. — (Collection Hennin.)

naux persistent à déclarer leur incompétence, je ne trouverai jamais de juges, je resterai toujours en prison, et j'ignore alors ce que deviendra ma triste existence. M. de lîrosse, que voici à l'audience (il venait d'entrer), a obtenu avec difliculté la permission de me voir. On se lasse de me savoir un protecteur et on le menace de l'expulser de Paris. Je me plains au tribunal de ces violences de la police.

— Voulez- vous, reprit le président, qu'on remette l'affaire à un autre jour?

— Je veux parler librement.

— Vous ne pouvez parler que sur la compétence. La loi d'ailleurs protégera votre ami M. de Brosse, ainsi que votre avocat M' Couture. Le tribunal remet la cause à huitaine, jour auquel vous serez tenu de présenter vos moyens de défense par l'organe de votre défenseur.

— Hier encore M. Angles a fait enlever mes papiers...

— Il y a jugement.

— Y a-t-il justice?

— Gendarmes, faites sortir l'accusé. »

La foule se précipita sur ses pas. M' Couture se trouvait dans une salle voisine du prétoire, il offrait de plaider sur-le-champ la question de compétence, mais Maubreuil avait obstinément refusé. Comme dans la situation si pénible qu'on avait faite au prévenu, il devenait urgent de ne point irriter encore M. Angles, l'avocat écrivit & In Quotidienne, qui l'inséra, cette lettre honorable :

« ... M. de Maubreuil, que j*ai dirigé pendant deux ans, m 'ayant demandé & la sortie de l'audience du tribunal s'il pouvait compter sur moi, je lui ai répondu qu'il me tardait de prouver que si les prévenus ont un premier appui dans la sollicitude des magistrats, ils en rencontrent toujours un second dans l'indépendance du barreau. Quelques plaintes peu réfléchies de M. de Mau-

breuil, toucliant une autorité qui connaît trop bien la liberté des devoirs d'un avocat pour avoir tenté de la gêner, m'ont imposé l'obligation de vous adresser cette lettre, etc. »

~ En effet, M. Pasquier, comme l'héritier de l'un

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