ADOLPHE ET CORINNE
Benjamin Constant et Mme de Staél.
Caricature de l'époque. — (Collection Raoul Deb«rdt.)
des plus beaux noms de la magistrature, et M. D..., comme l'un des magistrats les plus distingués de l'ancienne Cour impériale, devaient savoir où s'arrêtent les droits du! parquet, où commencent les droits du barreau. Tout promet-
LES FONTAINK-i DK PAHIS.
Fontaine île Pop in court.
(rx)lleolioii li, llnrttii.iiin.)
tait pour la liiiilaine un long orage. Le prévenu confiparul le 17 avril, accompagné de son défenseur en robe, M*" (loulure Le président lui dit :
« MauhreuiL votre défenseur a la parole sur l'incompétence. Avez-vous (]uel«pies observations à faire?
— Je préviens le tribunal, s'écria le comte avec feu, que M Angles a renvoyé de Paris M de Hrosse, quoique M. le président eiU assuré, à l'audience du iO, que la protection de la loi était acquise à mon ami dette persécution inouïe me dispense de tout ménagement.
— Arrêtez.
— Je déclare que le gouvernement provisoire de dSli m*a offert le grade de lieutenant-général...
— Prévenu, laisez-vousî dit sévèrement le président.
— Le commandement d'une province, une rente de deux cent mille francs et même le fameux cbcval du général Kapatel, tué à la Fère-Cbampenoise...
— (iendarmes, faites asseoir le prévenu.
— Tout cela, messieurs, pour tuer Bonaparte! cria Maubreuil égaré.
— Gendarmes, obéissez donc! »
Mais la puissance de l'intérêt excité par cette déclaration avait tellement fasciné l'auditoire et même les gendarmes, qu'ils ne remplirent leur consigne que fort lentement, et de manière à ce que Maubreuil, dont la voix avait pris des intonations foudrovantes, eilt terminé, avant de se rasseoir sur le banc, une déclaration à la fois si grave et si précise. In tumulte indicible couvrit aussitôt la voix du président, celle du comte, les efforts généreux de l'avocat. 11 fallut bien une demi-heure pour que le public se remît de cette commotion soudaine.
M. Pasquier crut devoir défendre la publicité de pareils débats. On avait permis aux journaux de parler de l'audience du 10 avril; celle-ci fut prohibée. Le 17, à minuit, on pénétra dans les divers ateliers d'imprimerie et ofi brisa les jdanches. Dans l'intervalle, s'était répandu à Paris le bruit du suicide essavé à (iand On ne vo.vait plus dans Maubreuil, quand il se montrait à l'audience, que le prisonnier du Heffroi s'ouvrant les quatre veines Ces circonstances ajoutaient à l'intérêt de la cause. Les bals inusités que donnait la préfecture de police, et au-dessus des cachots, irritaient en<'ore l'jqunion publique contre l'administration (jui taisait preuve î\ la fois de tant de barbarie et de tant tie frivolité. Les gens d'esprit s'étonnaient d'ailleurs que le ministéi e eût risqué le Siyin<lale d'un procès où se trouvait en cause la Hestauralion elle-même.
I,e pran's de Mtnihveiiil (Brochure anonyme.)
Le café de TOlympe
O.N annonce un nou>el établissement qui doit burjiasser en nu»gnilic«'nce tous ceux élevés à grands frais dans la capitale; il sera, (lit-on. ouvert dans la rue Kicbelieu, et s'appellera le Cdfr tir l'dlijmpe. On v pèFiélrera d'abord jiar dos avenues s(»uterraines .\rrivé au bord du lac. on y trouvera le vieux (!;iron avec sa barque, et. movennant une honnête rétribution, il transjiortera les vovageurs sur l'autre bord. Les obscurs mortels (jui ne boivent ([ue tIe la bière ou (pii ont la détestable habitude rie fumer entreront dans de sombres grottes où ils seront servis par des honimes vêtus de rouge et de noir, qui