‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 254 sur 455 · LE CIRQUE FRANCONI · texte numérisé non relu

LE CIRQUE FRANCONI

Les exercices du cerf Coco.

(Collection du Musée Carnavalet.)

au jardin du Delta, dans lo faubourg Poissonnière, les Montagnes égyptiennes. Dans la pièce des Variétés, toutes ces montagnes personnifiées, avec M. Tilan, leur entrepreneur, venaient se disputer le prix devant le trihuiial de la Folie, juge très compétent du procès, il y avait aussi Jean Leblanc, meunier de Montmartre, plaidant en fa-

lier était superbe dans ce Lantiméche, qui revenait k la fm en Apollon, en dieu du jour dans tout l'éclat de sa gloire.

C'est parmi ces nouveautés du moment que paraissait, en compagnie de la danseuse Hortensia, un cavalier aux airs bravaches, dont le costume était ainsi décrit en tètedelaseéne: CALICOT, ar^c

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D'après les docuiucnls du temps. — (Collecliou Charles Siinond.)

veur de l'illustre colline que surmontait son moulin ; [»nis un petit serrurier bossu qui en voulait généralement à toutes les montagnes, dont il avait plein le dos. Un autre personnage encore, c'était Lantiméche, l'ennemi des mèches, des quinquets, des réverbères, qu'il va remplacer par le gaz hydrogène, car nous trouvons dans cette revue la date de l'introduction du gaz, qui excitait l'étonnement universel, et qui suivit de près leà' bateaux & vapeur (le premier parut & Paris en 1816). Po-

des monstarlies, nue cravate noire, des hoties,des éperons et un œillet roinje à la bonlonnière de son habit. Le personnage était représenté par Drunet, à la fois acteur et directeur associé. Je vais citer dans cette scène ce qui causa tant de vacarme :

Calicot

Nous sommes venus si vite (c'est moi qui conduisais), que j'ai accroché le phaéton de ce gros colonel ; ça a manqué d'avoir des suites. J'ai vu le moment où

çù. allait compromettre... le vernis do ma voilure.

La Folie Ah! vous me rassurez, car entre militaires, cela pouvait avoir d'autres suites.

Hortensia

Vous vous trompez, ma chère : monsieur n'est point militaire, et ne Ta jamais été. C'est monsieur Calicot.

Calicot

Marchand de nouveautés au Mont Ida.

La Folie C'est que celte cravate noire, ces éperons et surtout ces moustaches... Excusez,monsieur, je vous prenais pour un brave.

Calicot II n'y a pas de quoi, madame.

Oui, de tous ceux que

[je gouverne,

C'est l'uniforme, et

[l'on pourrait enfin

Se croire dans une

[caserne

En entrant dans mon

[magasin.

Uais ces (lers enfants

[de Bellone,

Dont les moustaches

[ vous font peur.

Ont un comptoir pour

[champ d'honneur.

Et pour arme unede-

[mi-aune.

Hortensia Monsieur est un jcuoe négociant qui fera de très bonnes aiïaires. D'abord, il est très connu : on le renconlre partout, au café Anglais, au boulevard de Gand, à toutes les promenades. Il parle de mupique à la Bourse, et de commerce à l'Opéra. C'est un de nos habitués. Du reste, ne manquant jamais une nouveauté, voilà pourquoi nous sonimcs^venus vous voir (1).

C'était là une critique d'un ridicule particulier, une plaisanterie de bon aloi qui n'attaquait nullement une profession en masse, et la scène fit rire sans qu'il résultât d'abord aucune opposition. Pourtant, à mesure que cette scène fut connue dans les magasins de nouveautés, les esprits s y

(1) On appdail K' boulevard des llnlifa^i le boulevard de Gand, le séjour de Louis XVUI à Giod ayant mi» le nom do celte ville à la mode.

échauff^Tent. l'indignation y fenuenla et fit explosion comme un volcan. Les commis-marchands jugèrent qu'ils élaient tous insultes et ils crièrent ven^'eance. La ^'ucrro lut dèclarcc aux Variétés. Les inflammables comiiiis-injirchands jurèrent, à la manière des conjurés Irajiiques, d'empêcher de jouer la pii'ce, diissenl-ils démolir la salle et ex-

Cliclié RoiMiet.

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