‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 266 sur 455 · L" X BAL P O PILAIRE S U H LE PO N T NEUF EN · texte numérisé non relu

L" X BAL P O PILAIRE S U H LE PO N T NEUF EN

D'après une gravure de l'époque. — (Musée Carnavalet.)

son hôtel, un individu caché derricre la guérite a manière différente. Unoi qu'il en soit, on fit heauliré un coup de pistolet dont la halle n'a cassé coup de hniil; l'avocat de la Restauration, le aucune glace, et n'a même pas laissé de trace sur procureur général Rellard, eut l'ordre d'instrumenter: il prit la chose au sérieux, voulut voir dans cette farce une conspiration flagrante contre la Sainte-Alliance, outragée dans la personne de son |)remier représentant; mais il dépensa de l'éloquence en pure perte, et semhlahle à la montagne de La Fontaine, il accoucha d'une souris On chercha les auteurs du complot, qui furent tout aussi invisibles que ceux de Y attentat insolent du baril de poudre. Il fallait pourtant trouver un assassin à lord Wellington et les ultras le voulaient à toute force; les l^arisiens commençaient à murmurer, l'indignation succédait au rire , et lui-même n'était pas content, lorsqu'un intrigant vint fort à propos au secours de tout le monde.

C'était le sieur Marinet, qui, ayant été auditeur au Conseil d'Etat pendant les Cents-Jours, avait mérité une condamnation à mort par contumace, après la Restauration, pour les exactions qu'il avait commises dans le département de la Côle-d'Or, où il était allé remplir une mission de l'usurpateur; réfugié à Rruxelles,

TROIS LURONS ET L'oMDRE d'uN BRAVE. Caricature de l'époque. — (Musée Carnavalet.)

la muraille qui était vis-à-vis; et ce qu'il y a de plus singulier encore, les deux sentinelles n'ont rien entendu. »

Le roi me dit ensuite que les démarches les plus actives n'avaient encore rien produit et que les témoins de la scène la racontaient tous d'une

au G

PARfS DR 1800 A 1900.

E (i L I s E S A I M - G K n M A I N - l» K S • P II K S .

D'apivs une gravure do rê|»o«|uc. — OJusêo Carnavalel).

Fondée par ChilJebcrl {'^'^.fils de Clovis vers l'an 53."),rabb.-iye de ^aint- Vincent, dri»uÎ8 Saint-Gerni8in-<irs-Prés a presque cnlièVcment disparu. Sauf régli»e et le presi>yU're, les bAlimenls encore restaiils ont été aliénés. I/éj^iise. ruinée el Itrùléc plusieurs fois par les Normands, fut ribjlie au \'" sit-rlf. La plupart de ses «ruvres d'art ont é!é détruites pendant la itévolution. On la resiauin ïous l/)uis Wlll, mais si mal que ion lit disparaître le cara tcre du vieux monument.

l'engageant à faire partir sur-le-champ Marinet pour Paris, l'assurant qu'une protection spéciale mettrait la liberté de ce dernier à l'abri de toute atteinte.

Lord Kinnaird se rendit à Anvers, où Marinet s'était retiré; il lui proposa de faire connaître son secret à Bruxelles, ou d'aller à Paris avec la sauvegarde que lui assurait Wellington. Marinet préféra ce dernier parti, h la condition que le voyage aurait lieu en secret, et que lord Kinnaird l'accompagnerait. Ils arrivèrent à Paris le 'il février, à une heure et demie; le comte Decazes s'était rendu chez lord Wellington. t)ù il fit subir à Marinet un interrogatoire qui dura près de quatre heures : le même soir, je demandai au roi «les nouvelles de ce qui s'était passé; le roi lovâtes épaules... « Que vous dirais-je? Depuis qu'un révélateur nous est venu, l'aflaire devient plus embrouillée, on n'v coml>rend plus rien (]et homme est un menteur qui veut nous soutirer de l'argent ou sa grâce, ou sa grAce et de l'argent; je l'ai dit au comte Decazes. (jui a pensé comme moi et qui sent néanmoins (|ue les circonstances nous empêchent d'agir comme nous le devrions : il veut faire arrêter Marinet. je ne m'en soucierais pas, cependant je céderai, car il faut montrer au lord Wellington combien nous est cher le soin de sa conservation ».

Marinet, cependant, ne fut pas enfermé tout de suite; on le laissa libre pendant deux ou trois joints; il lui fut enjoint même de se promener dans les lieux, publics les plus fréquentés Le 20 février, il fut arrêté : cet acte exaspéra lord Kinnaird; il écrivit à lord Wellington une lettre véhémente , il demanda justice partout, et ne l'obtint nulle part. Il eut une conférence très chaude, très amère

etdèsirant retourner en France, il prit le parti de se faire révélateur, afin d'obtenir sa grAce. Il alla trouver lord Kinnaird, |iair écossais, autrefois ami intime de Wellington; lui dit que des meurtriers menaçaient la vie du hên»s anglais, et |)arvint à inspirer assez de confiance potir que lord Kinnaird consentit A se mêler de cette intrigue : celui-ci écrivit à l'un des aides-de-camp de Wellington, qui lui rèjiondit en

LA CHAPELLE BEAUEO.N.

D'après une gravure du temps. — (Musée Carnavalet.)

Construite vers 1780 sur les dessins de (lirardin par Ntoot.As B>;aljfo?c, receveur général des fin«nc3S,

sous le vocable de Saint-Nicolas, son patron.

PARIS SOUS LA RESTAURATION

avec le ministre de la police, qui lui représenta que son ministère serait étrangement compromis si on ne cherchait pas à découvrir la vérité tandis qu'on tenait celui qui prétendait la savoir; que le révélateur était peut-être le coupable lui-même, et, que par conséquent il fallait, avant de le laisser retourner en Belgique, comme il le voulait, tirer la chose au clair, et obtenir de lui tout ce qu'il serait possible

* Mais, Monsieur le comte, répliqua lord Kinnaird.vous ne nous avez pas tenu ce langage en premier lieu.

— Mon devoir, Milord.

— Le devoir n'est jamais en désaccord avec l'honneur. »

La convocation finit là Marinet resta pendant quinze mois en prison, et le meurtrier de Wellington n'en fut pas mieux connu.

(Mémoires d'une femme de (iHolitc.)

Lamartine chez Talma.

DK 1815 à 1818, dans la mansarde solitaire de la maison paternelle, à la campagne et dans les langueurs d'une première jeunesse inoccupée, j'avais érrit plusieurs tragédies sur le mode banal et classique de la scène française. La première était une Mêdêe. La seconde, une imitation de Zaïre. La troisième, une tragédie biblique, intitulée Sinilj pastiehe, assez bien versifié, de Racine et d'Alfieri.

Je me flattais secrètement alors, au bruit des brises d'hiver dans le toit de ma mansarde et au pétillement du sarment de vigne dans l'àtre, que quelqu'une de ces tragédies, amusement de mes ennuis de jeunesse, aurait le bonheur de parvenir jusque sur la scène par la protection de quelque acteur de génie ou de quelque actrice

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