‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 272 sur 455 · LEG LISK SA INT-KUSTACH K KT LK MAKCHK 1) K S PROU VA IRES · texte numérisé non relu

LEG LISK SA INT-KUSTACH K KT LK MAKCHK 1) K S PROU VA IRES

L'église SainUEustache date de la Renais<iunce. La première pierre en fut )>osée le 19 août 153i. Les premiers plans sont dus h Pierre Lemercier. Son lils Mcolas et son cendre David ainsi (|uc son petit-fils Jacques dirigèrent successivement les travaux de cet édifice. Ces travaux ne furent pas achevés avant la seconde moitié du xviii* siècle et Mansard de Jouy qui y mit la main en 1754 ne lit que substituer des idées médiocres aux admirables concepliuns de ses prédécesseurs. Le portail que continua l'architecte Moreau jusqu'en 178'J est resté inachevé.

LES ÉCHOS DE PARIS

L'ambassadeur de Perse à Paris.

LE Khan-Mirza-Abdoul-Hassan venait complimenter Louis XVIII au nom de son maître, et renouveler une ancienne alliance qui existe depuis des siècles entre les cours de Paris et d'ispahan.

C'était un ministre délié ; il avait les manières d'un homme de haut rang, et la magnificence de ses habits en disait autant que ses manières. Le roi lui ayant fait témoigner le désir que je visitasse son odalisque, il s'empressa de répondre que lui et elle étaient aux ordres de Sa Majesté. Je me rendis donc à son hùtel sur les trois heures de l'après-midi, ne voulant pas faire un examen aux lumières, dont l'expérience m'a toujours appris à me méfier. J'ai oublié le nom de cette esclave, car c'en était une. Figurez-vous une masse de chair passablement tournée, des lèvres grosses, un nez épaté, des yeux assez grands, noirs et fendus en amande; une peau très fine et blanche, un beau bras, de jolies mains, des pieds affreux, une chevelure noire et brillante : tels étaient les attraits de la belle Gircassienne. Avait-

elle de l'esprit? j'en doute; elle me parut timide et nonchalante, il n'y avait rien de vif, rien d'aisé, dans ses mouvements; son costume d'ailleurs ne la favorisait pas. Elle était couverte d'un amas de mousseline et de brocart, portait des pantalons larges, deux ou trois vestes, autant de ceintures, une parure de tête extraordinaire et de mauvais goilt; enfin, des pierreries mal taillées et des bijoux massifs. Certes, pour trouver mieux, il ne faudrait pas aller en Circassie. Elle regarda mon costume et moi le sien. Je crois qu'elle me fit des compliments, car nous n'avions pas d'interprète, et moi qui ne pensais rien de bien sur son compte, je lui dis que je la trouvais jolie. Je le lui dis en français d'abord, et puis du geste et des yeux, car la pantomime est la langue universelle. Je vins rapporter au roi le résultat de mes observations ; il en plaisanta, et me dit que par patriotisme je faisais la Circassienne peu agréable, et qu'elle, de son côté, tout en avouant que j'étais charmante, ne manquerait pas, à son retour en Perse, de déclarer à ses compagnes qu'elle n'avait été nullement frappée de la beauté des femmes de France.

(Mémoires sur Louis XVIII par une dame de la cour.)

im Rôle d'Achille et le Ténor Lecomte.

A f PRÈS de brillants débuts faits sous les auspices de son maître Persuis, Lavigne avait - brusquement quitté l'Opéra; cet acteur flWoignait, espérant qu'on l'y rappellerait à de ■nilèeures conditions. Dans son humeur gasconne, Il {pensait que nul acteur n'oserait entreprendre

moi. Aucun acteur n'a poussé la témérité jusqu'à se charger de ce rôle pendant ma tournée ; mon retour frappe de terreur tous ceux qui pourraient me le disputer, c'est le moment de, ressaisir mon empire sur la direction ; je vais la mettre dans un grand embarras, l'amener à des concessions, et à cette dure capitulation que je n'ai pu faire signer jusqu'à ce jour. Iphigénie est afûchée pour ce soir, 5 mai; quatre heures de relevée ont sonné, le roi de Thessalie rentre dans sa tente, il refuse le

CALENDRIER POUR l' ANNÉE 1819. PREMIER TRIMESTRE.

6e. caitDdrier des Fastes militaires de la République et de rKmpire eut une très grande vogue. 11 n'en existe plus qu'un tout petit nombre

d'exemplaires. Celui doot nous donnons la reproduction fait partie de la collection de M. le sénateur Paul Le Roux.

de «hanter après lui les rôles d'Achille et de Corfcez. Le héros fugitif parcourut les départements; fatigué de ses pérégrinations de troubadour, il voulut rentrer à l'Académie, qui lui ouvrit ses portes, lorsque Achille montra plus de modestie dans son caractère et ses prétentions. Lavigne reparut avec succès, le public l'accueillit d'une manière très flatteuse; on applaudit Achille. Lavigne choisit pour sa rentrée un rôle que ses rivaux n'avaient point joué pendant son absence, t Le public a retrouvé son Achille, il ne voudra point renoncer à un de ses opéras favoris, Iphigénie en Aulide, qu'on vient de lui rendre grdce à

combat annoncé; bien mieux! Achille, indisposé, va se mettre au lit, a])rés avoir notifié sa maladie à l'état-major de l'Opéra. »

Tel était à peu près le discours que Lavigne s'adressait à lui-même 11 exécuta ce plan de campagne. Le directeur était sur le point de changer son spectacle, en substituant Œdipe à l'œuvre de Gluck. Lecomte, élève du Conservatoire, admis à l'Académie, n'avait encore obtenu de succès que dans les rôles d'amoureux d'une expression douce et tendre; on le cherchait alin qu'un Poljnice vînt au secours de l'Administration. Le choc retentissant des billes révéla sa présence dans le

PARIS SOUS LA RESTAURATION

café du Ihédire, où Levasseur et Lecomte, basse et ténor

Poussaient contre l'ivoire un ivoire arrondi.

Dérivis figurait parmi les spectateurs de ce duo concertant. Lebrun accourt, annonce le changement projeté, demande un Polynice, et Derivis lui dit gravement : t Tu n'en auras point. — Comment! — Non, je ne souffrirai pas qu'on change

Gillot, notre voisin, pour calmer ta souffrance, Do tous ses marmitons enflamme la valeur.

— D'accord, mais si j'attaque biftek et fricandeau, si je console mon estomac attristé, délabré, si j'arrose mon gosier avec de la colophane en bouteilles, je fais faire compter des pauses à ma mémoire. — Tu peux ravitailler tout en môme temps. A table! mange, bois à ton aise, (i4 agio, ce qui ne t'empêchera pas d'écouter. Lebrun

CALENDRIER DES FASTES MILITAIRES DE LA RÉPUBLIOUE ET DE l'eMPIRE.

Page 1