‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 289 sur 455 · ACHILLE ACCORDE LE PRIX DE SAGESSE A NESTOR · texte numérisé non relu

ACHILLE ACCORDE LE PRIX DE SAGESSE A NESTOR

Prix de Rome de 18i0. — Premier grand prix de peinture. Tableau de Goutan.

(École des Beaux-Arts.)

breuses allusions que renferme le chef-d'œuvre de Racine furent accueillies par le public avec l'expression du plus vif enthousiasme . Lorsque Talma prononça ce vers :

Songez qu'en cet eofant tout Israël réside t

La salle sembla crouler sous les applaudissements. Mais quand, un peu plus loin, prenant un ton solennel, Joad s'adresse aux lévites réunis dans le temple :

Et vous, à cet enfant, qu'il vous rend aujourd'hui. Jurez tous de combattre et de mourir pour lui....

Les spectateurs, mus comme par un choc électrique, se levèrent tous en étendant la main vers le grand prêtre, s'associant avec transport au

qu'aujourd'hui, le théâtre royaliste par excellence, un acteur aimé de l'endroit, Julien, chanta une cantate de Désaugiers, mise en musique par Doche père.

En voici une strophe :

Ciel, reçois notre sainte oflrande.

Et comblant nos désirs pieux.

Au don de ce fils précieux.

Ajoute une faveur plus grande.

Nous t'implorons tous à genoux

Pour éterniser sa carrière.

Fais qu'il vive autant parmi nous

Que dans nos cœurs vivra son père.

Gloire t honneur au prince chéri Qui vient de nous rendre Berryt

PARIS 60118 LA RESTAURATION

A la Porte Saint-Martin, les spectateurs, debout et découverts, chantèrent en chœur avec l'acteur Pierson le couplet suivant de Desprez et Grosnier :

Un prince a reçu rexistence : Sur nos maux tirons le rideau t Français, le jour de sa naissance Pour nous vient changer tout en beau.

Et quand les regrets de la France Entourent encore un tombeau.

Tout le bonheur de Tespérance Vient s'asseoir auprès d*uD berceau.

Dans la même soirée, Jenny Vertpré, la ravissante ingénue, se montrant sous le bavolet d'une bouquetière, racontait au public comment les

plets de circonstance, dont nous extrayons le suivant :

Ce prince que chacun caresse.

Ce fils de Roi, ce noble enrant.

Objet de la plus tendre ivresse, N'avait qu'une mère en naissant Mais pour consoler son enfance D*un père, hélas t bien regretté, Tous les Français ont adopté, Le jeune orphelin de la France.

C'était un assaut d'esprit et de dévouement royaliste entre Désaugiers, Martainville, Paccini, Cai'mouche et Dartois. Dartois seul, toujours sur la brèche, toujours verveux comme à vingt-cinq ans, continue sa lutte pour le roi et pour le droit

PARIS EN 1820 d'après LES DOCUMENTS DU TEMPS.

Carte dressée par A. Meunier. — (Collection Charles Simond.)

dames de la Halle, qui s'étaient rendues aux Tuileries pour complimenter la famille royale, avaient été accueillies par le roi :

Le Roi nous dit : • L'enfant qui vient de naître « Rend le bonheur à mes nombreux sujets. « C'est le soleil qui commence & paraître « Quand les mortels réclament ses bienfaits. « Ce prince, un jour, sera votre espérance; « Portez sur lui vos vœux et votre amour. « Dans ce moment c'est le fils de la France : « Mais ce bon fils on sera père un jour. »

Le mari de la piquante actrice, M. Carmouche, un homme de talent et un royaliste de naissance, composa et fit chanter une foule de cou-

en compagnie de son parent, Charles de Besselièvre. De cette association du jeune et du vieux royaliste sont nés les Saisons vivantes et le Dt>i» du jour.

Aux Variétés, on chantait la ronde des Vingtquatre coups de canon de Dartois, et ce couplet de Brazier :

Prince chéri, le jour de ta naissance

Est un jour de fête pour nous.

Ah t que ton heureuse présence

Offre à nos cœurs un avenir plus doux t

Eofln, il est temps qu'on espère.

Que tous les Français désunis,

Qui s'agitaient prés du tombeau da père,

8'embrasscront prés du berceau du fils.

Dans les théâtres essentiellement populaires, comme celui de la Gaîlé, par exemple, l'enthousiasme afTectiiit une forme moins recherchée, et allant pour cela tout droit au cœur des spectateurs des faubourgs. On se ferait difûcilement une idée de l'accueil frénétique fait par les titis du temps à ces rimes soldatesques. Dans la pièce de Fanfan la Tulipe, un vieux grognard, s'adressant à une grosse et fraîche nourrice, lui faisait la recommandation suivante :

C'est 1' neveu d'un roi de France

Cliéri par le Béarnais.

A rOpéra-Coraique où les sociétaires s'empressèrent de commander un ouvrage de circonstance à Chérubini et à Boîeldieu, Mme Boulanger, Daraucourt, Huet et les chœurs chantaient la belle inspiration de Du Caurroy,le Vive Henri IV l avec l'accompagnement formidable de la voix de deux mille spectateurs. (Chronique de Paris.)

L'étudiant Lallemand.

A la sortie de la Chambre, qui siégeait au Palais Bourbon, le 3 juin, dans les cours où les

DE CHAIT VELIN, MALADE, S EST FAIT PORTER A LA CHAMHRK PENDANT LA RATA IL LE DES ÉLECTIONS ET SA VOIX A DÉCIDÉ DU VOTE. LES GROUPES R A S S E M R L É S AUTOUR DU PALAIS DU CORPS LÉGISLATIF LUI FONT UNE OVATION.

D'après une gravure du temps. — (Musée Carnavalet.)

N' lui chunt' pas la triste* romance, Tu n' relèverais jamais.

Quand l'ennui viendra 1' combattre, En 1' prenant daos tes bras.

Chante lui, l'air d'Henri IV...

Et tu le réveilleras.

Joseph l^ain était le poète de l'Ambigu. Voici un des cou[)lets du chansonnier vaudevilliste qu'un public d'ouvriers fit répéter jusqu'à trois reprises aux cris de : Ftue le roi !

Air : Du premier pas.

C'est un Bourbon. S'il porte la couronne On le verra digne d'un si grand nom.

Il aura l'àme et généreuse et bonne; 11 ne voudra le malheur de personne :

C'est un Bourbon.

députés prenaient leurs voitures, ils furent assaillis par des clameurs en sens divers. Le nombre des étudiants répandus au dedans et au dehors du palais était considérable, et, comme cela arrive toujours en pareil cas, celui des simples curieux, des hommes qui ne venaient que pour savoir ce qui se passait, l'était encore davantage. Toute cette foule, cependant, aurait été probablement contenue avec facilité si les ordres donnés par le ministre de la guerre eussent été exécutés. Malheureusement, il n'en était pas ainsi. Ordre avait été donné à tous les chefs militaires des corps résidant à Paris de tenir consignés tous les officiers. Le ministre de la guerre envova cet ordre jusqu'à Versailles, ayant su que quelques jeunes offleiers en garnison dans cette ville

PARIS SOUS LA RESTAURATION

s'étaient fait conduire le matin en voiture, qu'on les avait vus sur la place du Corps législatif. C'étaient les gardes du corps surtout qu'il importait de retenir; c'était plus difficile parce que les compagnies de ces gardes, composées de jeunes gens ayant rang d'officiers, étaient fort exallées dans leurs sentiments de fidélité et de dévouement à la cause royale. Or. malgré les engagements de leurs chefs, les gardes du corps se trouvèrent en fort grand nombre au bas du grand perron, entre le pont Louis \VI et le palais. II en était venu beaucoup de Saint-Germain, (juoique sans uniforme, ils étaient parfaitement reconnaissablcs à leur grande taille, à leur tenue militaire et h

fort embarrassés de lutter avec eux. La masse de jeunes gens qui occupait la place Louis XV se divisa pour regagner l'intérieur de la ville, par le quai et par la rue de Uivoli: les grilles du jardin des Tuileries sur la place avaient été fermées, les députés les plus connus par leur libéralisme ayant continué à être injuriés avec la dernière violence par les gardes du corps et leurs adhérents, auxquels était resté le champ de bataille des environs de la Chambre.

Plusieurs de ces dé[)utés avaient été suivis, menacés <lans leurs voitures, obligés de prendre des chemins détournés pour rentrer dans leur domicile. Tout cela était déjà bien regrettable

MOUT DU JEUNK LALLEMAiND.

D'après une gravure du lemp?. — (Musée Carnavalet.)

leur redingote bleue; ils avaient presque tous un ruban blanc à leur chapeau et une grosse canne à la main. Au moment où parurent les députés, on se porta en masse sur leur passage. Ceux qui étaient connus pour libéraux furent accueillis à la fois parce cri de : Vive la Charte! d'un cùté et de l'autre, parle cri de Vive le Roiî Des rixes s'engagèrent, il y eut des coups d'échangés. Comme les gardes du corps avaient des cannes et que les étudiants n'en avaient pas, beaucoup de ces derniers furent maltraités, et le grand nombre n'eut d'autre parti à prendre que de se retirer par le pont sur la place Louis XV. La gendarmerie, secondée par un grand nombre d'officiers de police, s'elforçait en vain d'arrêter le désordre; outre qu'on leur avait recommandé d'éviter soigneusement jusqu'à l'apparence d'une trop grande rudesse, les gendarmes connaissaient personnellement les gardes du corps et restaient

lorsqu'un déplorable incident ensanglanta les derniers moments de la scène et en augmenta encore la gravité. Au moment où les flots qui s'écoulaient de la place Louis XV s'approchèrent des grilles du palais, les patrouilles de la garde royale eurent ordre de circuler dans les lieux environnants pour empêcher qu'il s'y formât de nouveaux rassemblements. Soit qu'un groupe passant sur cette place ait opposé une résistance, soit, comme (juelques personnes l'ont prétendu, que des cris séditieux aient été proférés, soit qu'un soldat ait eu, ainsi qu'on l'a dit, à résister pour se défendre contre un des manifestants qui cherchait à lui arracher son fusil, toujours est-il qu'il lit feu et qu'un étudiant en droit, âgé de vingt-trois ans, nommé Lallemand, tomba. Transporté chez son père, il mourut deux heures après. 11 ne pouvait rien arriver de plus malheureux...

Le lendemain était le jour de la Fête-Dieu. La

LA MODE KN 1820.

Bonnet de lullc el rouleaux de satin. Mantille de taffetas avec capuchon à double coulisse. Robe de mousseline garnie do rouleaux de velours et do dentelle.

(Daprès le Costume farisim de l>^-'0.;

Channbre ne devait pas tenir séance. La famille royale, moins le duc dWn^^oulème qui ne rentra dans Paris que le lendemain, suivit la procession de Saint-Germain l'Auxerrois, conlorniénient k l'usage : sa présence au milieu du i)euple lit bon effet

De très bonne heure dans la malinée du lundi 5 des placards furent posés sur les murs do l'Kcnle de droit, ils invitaient les jeunes gens à se réunir pour tirer vengance des scènes du sjimedi. Les postes militaires furent doublés, la gendarmerie fut mise sur pied ; une partie devait circuler autour de la Chambre, le reste était placé en réserve sur l'Esplanade des Invalides et aux Champs-Elysées. Les régiments de la garde étaient j)réts à marcher. Dans l'aprés-midi des jeunes gens des écoles, répondant à l'appel qui leur avait été fait par les placards alïichés le matin, s'étaient réunis au nombre de cinq à 'six mille. Ils étaient armés de gros bâtons et massés sur la place Louis XV. A leur approche, on avait fait fermer les grilles des Tuileries et dégager les abords de la Chambre des députés. Après plus de deux heures d'efforts infructueux pour dissiper le rassemblement lorsqu'on eût épuisé les injonctions légales, il fallut faire avancer la gendarmerie à cheval, secondée par deux escadrons de la garde. Les jeunes gens furent intimidés et se retirèrent sans trop de

résistance, lue partie de la colonne qui s'était barricadée dans le Palais-Uoyal en fut délogée par une légion de la garde nationale.

Le lendemain devait avoir lieu l'enterrement du jeune Lallemand, il pouvait être l'occasion de nouveaux troubles. Le convoi fut accompagné par trois ou f|uatre mille jeunes gens, tous vêtus de noir. Après un discours prononcé sur la tombe du malheureux Lallemand, ils se séparèrent comme ils s'étaient réunis, sans tumulte et sans cris, en se donnant rendez-vous dans la soirée. Ceux qui dirigeaient le mouvement avaient intérêt à le faire érlater assez lard pour «lu'il piU se prolonger jusque dans la nuit toujours favorable au désordre. Des troupes furent obligées, vers six heures, de balayer la fdace Louis XV et la rue de Uivoli. Dans la charge qu'il fallut faire, il y eut, malgré les ménagements recommandés, quel(|ues personnes frappées et blessées par les dragons. La foule se f)orta, comme on s'y était attendu, vers le faubourg Saint-Antoine, où elle trouva un ou deux rassemblements peu considérables, composés des plus pauvres ouvriers et les plus mal famés; ils furent dispersés par la gendarmerie à cheval.

Les jours suivants, même émeute. Le gouvernement, désireux d'en finir, avait fait arrêter les principaux directeurs du mouvement insurrectionnel. Le 8 avril, les nianifestants se rendirent

LA MOl.E EN 1820.

Chapeau de crêpe, orné de jacinthes et oreilles d'ours. Spencer de gros do Xaples à pattes el glands. Robe de percale, garnie de volants avec enlre-deux do dentelle.

(Daprès le Costume parisien de i^i'O.)

PARIS- sous LA RESTAURATION.

Costume de bal. Habit de drap, gilet d(; soie, dessous

de reps, culotte de Casimir. Bas à jour, boucle d'or.

(D'après le Costume parisien de isfO.)

entre la porte Saint-Denis et la porte Saint-Martin. Là, ils étaient à l'entrée des deux faubourp;s les plus populeux. Les rues étaient étroites et devaient rendre la marche des troupes plus difficiles. Des jeunes gens s'y trouvaient mêlés à un plus grand nombre d'ouvriers que les précédents. Cependant ces ouvriers n'étaient pas encore décidément entraînés. Le 9, outre les rassemblements dans les faubourgs Saint-Denis et Saint-Martin, on décida d'entraîner le faubourc: Saint-Marceau. Un groupe assez considérable de jeunes gens se forma sur la place de rKstraj)ade, niais lorsqu'il se préparait à marcher sur le faubourg, un détachement de gendarmerie à cheval, soutenu d'un régiment de ligne, leur barra la route et les dispersa.

Celte tentative avortée, la bande se hAta de rejoindre le rassemblement formé comme d'habitude au.x. portes Saint-Denis et Saint-Martin. La foule sur ce point devint énorme et finit par occuper les boulevards et les rues adjacentes. On ne peut guère évaluer à moins de quinze à vingt mille le nombre des individus entassés dans cet espace. Les cris qui parlaient de cette foule avaient un tout autre caractère que ceux des jours précédents : ce n'était plus seulement : Vive la Charte ! c'était ; A bas la Chambre ! A bas les royalistes! A bas les émigrés! A bas les missionnaires! A bas les cuirassiers! A bas les dragons! «

Toutes les sommations faites au nom de la loi par les officiers de police et par les magistrats, étaient restées sans effet; des pierres, des coups de bâton avaient accueilli la gendarmerie, et même un détachement de la garde nationale que, sur sa demande, on avait mis en première ligne. Alors le lieutenant général commandant la division fit avancer le régiment de cuirassiers de la garde. Trois fois ou renouvela les sommations et les appels par les trompettes: voyant que tout était inutile, il fit charger: la masse populaire fut dispersée. U y eut un homme tué, un grand nombre de blessés, cinquante personnes furent arrêtées et conduites immé(liat(îment en [)rison. Le malheur voulut que le maréchal Oudinot se fût très inipiu- <leniment porté à pied sur les lieux, dans l'inlention de juger, comme commandant de la garde nali<male, de ce rjuil pourrait y avoir à faire, si les choses prenaient une tournure [dus ;jrave. Il se rencontra rue Saint-Denis sur la route dun dêlachenient de «uirassiers et fut renversé. L'accident fut fort heureusement moins sérieux qu'on ne l'aurait cru d'abord

Le 10 juin, dans la Chambre comme au dehors, his grands orages prirent lin, la tranquillité m) fut plus troublée; la leçon avait été sévère. Il y eut l)ien encore dans la semaine suivante, quelques rassemblements, mais c'étaient de petit. groupes

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i..\ MOUE E\ 18:20.

Chapeau de velours plein, bordé en plumes. Witz-

choura de velours épingle, garnie de chinchilla.

Bottines à la polonaise.

(D'après le Costume farisitn de 1820.»

PARIS DE i800 A 1900.

LA sioi.i: EX 1820.

Chapeau de velours i>le!n. oinè de niarabouls. Robe à la gro«que en crépon de l'Inde «arni»- de cliefs et cordelières d'argent. Kpa nielles en l)londo de soie. (D'flpKs le Costiim'- /«rî.<:«n de l*»!'!».)

qui se dispersai(Mil à r;ij»[»ro(^lie At} la force publique. De nonihreuses f)ulrouilleN pannuraieiil la ville dans tous l(»s sens. e( «les corfis entiers bivouaquaient sur les places pul>li(pies. On relâcha une f^rande partie <les lioniines arrêtés dans ces rasseinhlenients, quelques-uns des jeunes étudiants arrêtés, puis rehn*hês. lurent raves dos registres d(?s Facultés de droit et de médecine. Tout rentra, du moins en apparence», dans l'ordre accoutumé.

Mcmoii't's du (^lunicdirv Pasquier .{Lihvd'ivïc Pion.)

Les méditations de Lamartine.

CE jeune poète venait de publier son premier recueil de vers, dont nous faisions grand bruit au faubourg. Jamais ouvrage n'obtint, surtout auprès des femmes, un plus brillant succès (i). Je

(I) Le succès des Méditations fut bion moins f^'rand «{u'on nu pourrait le sii{)])Osir. Ljiiiarlino n'eut d'al>ord (|u'unc réputation d'ohnattMr. (Jn m ju^jf^ra par l'aneoducle suiv.inle conlée par l'iiilibtMt Au«icl»r;tnd dans \c Mousquetaire du 17 février Is."*.» :

« Un K.:iv, — l'c'l.iil (Il IS-'J —MM. Villem.iin, .Vlevjnidre Soiiiuel, II. do LûIcxkIi'î. Kmile Des» hainj»» et qiiel.pn s aulr< s v<nriient de dinor ensemlile dans un cabaret des Clianip>-KlyM'*c> qu'on appcl.iil alors le Pavillon Peyronnet. 'l(M< avaient et»'- ce que sont de» Inunnies d'esprit réunis :i la même table, charmants, gais, ali>urdrs. élinci-lants de verve et de par.idoxe. Après le dincr, nos convives »e dirigiut vers le jardiri des Tuileries; mais à peine sont-ils

voyais les plus frivoles, les plus amies de la dissipation et des plaisirs bruvants, lire avec délices ces mélancoliques rêveries. Les hommes de parti, d'ordinaire fort iodilTérents à tout ce qui s'appelle littérature, s'occupaient cette fois de la gloire naissante de Lamartine. 11 était le poète de la religion et de la monarchie, comme M. Casimir Delavigne était proclamé depuis quelques années le poète du peuple et de la pairie. On ne tarda pas à discuter auquel des jeunes rivaux appartenait la prééminence. Celte question, souvent et vivearrivée à la gr.iude allée que l'un d'eux, M. Villemaiii, leur dit avtc l'accent de la plu> ]>roronde lriste>se :

— Hélas ! .Messieurs, il faut (juc je vnus quitte, et jK)ur quelle ( (irvée, grand l>ieu !

— l'ne Corvée, séi-rièront le-» antres, quebjue rendez-vous! -- l'as comme vous l'entende/.

- In créancier peut-êtri?

— l.neore nioin>-.

— Ou'fSt-c donc "?

— - Iléla«^! reprend M. Villcmain, je vai.> écouler de» vers.

— Ch»-z qui *'

— Dans le faultourif Saint-«jermain tli«-z Mm»- de...

— Infurtuiié! n prend l'un des ronvivc». Mais ((uel est donc le ]>Oile que vou>...

— Ah! ne m'en parlez pas; — un jeune aiglon tout fraichemenl arrivé d<- >>a jirovince et qui veut abonltuuent ic gargariser le lar\nv a\ec <le> rimçs.

— Allon>, vous savez le nom, et vous ne voulez pas le dire.

— Le nom?... on me l'a dit, en eflet. mais je l'ai oublié... C'es^l quel(|ue cho^e comme Martin..., .Martine... Ahî j'y suis maintenant: c'est un nomme l.amjrlinc.

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