‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 299 sur 455 · DE GAND · texte numérisé non relu

DE GAND

D'après une gravure du temps.

(Colltctioo G. Hartmann.)

peur nu roi, lui persuader, par quelque coup hardi, que les jnt'obins conspiraient conl i-e sa vie, el que les ministres manquaient de zéleou d'habileté pourdéjouerleurs criminels projets. Ces idées tombèrent dans la lète de quatre hommes que je désignerai seulement par des initiales, [uirce (ju'iis sont, un seul exre|)té, encore vivants.

Toutes les personnes qui ont vécu à la Cour du temps de Louis XVIII les reconnaîtront.

C'étaient MM. de V..., deF... M...,deK....M...,de C..., qui avait été leur associé, les abandonna, et il voulut, avec son gros bon sens, les détourner de Tau-

da(itMi.s»'enlrepri>(M|irils iiir«Iil;iieiit. On ne l'érniita point. H n"»'*vrnl{i point W scnvt «le ses niiiis. et roux-ri n'slri'ont inailn's (i'acct»niplir à eui trois ce «juils avaient ivsnhi

De quoi s'.iiiissail-il «Innc? «l'inn' antre niarhine inlernale qu'un «levait por(«M' «lans rint»''rii'ur «lu diûleau. »'l qui ne ferait <1«» mal à prr<onn«'. ex-

repos (1 un escalit'r intrrirur «pii ouvre sur la galerie (li's enqien'urs romains, monte jusque dans les romhles et dessert Tappitrlement de niadaiiie la duehess»' d'Aufroulrme. l'n panier à .sécbrr le linp' drroliail la vue du baril aux personnes qui passaient ilaus l'esjalier.

l.a marhine inlrrnal»' fut d»''posi'*e «'n ee lieu

NAeoLKON. — SA VI K KT SUS FAITS |) A H M K S .

D'après une gravure de l'ùpoque. — (Collection du priiuT H«>Iand Huiiaiiaitr.)

eepté aux lilx'raux. qu'on aecuserait tout naturellement d'avoir voulu faire saut»»r le roi et la famille nnale. Cette machine infernale, moins redoutable cpie celle de la rui^ Sainl-Ni<aise, était un petit baril de |)oudre rerrb* en fer. contenant deux ou trois livres de poudre, bujuelle. par excès de précaution, les conspirateurs avaient choisie de fort mauvaise qualité, (les messieurs, qui connaissaient les êtres du cliAteau pour v venir souvent, placèrent leur machine sur le troisième

le 27 janvier, ncui |»ar les ciuispirateurs euxmêmes, mais jiar un de leurs a^'ents. nommé Neveu, pauvre «liable qui s'était ruiné au jeu. Ce fut lui qui alluma la mèche: il remonta ensuite l'escalier, traversa le cabinet noir, prit le grand escalier du pavillon de Flore, et sortit par la cour, le tout jorl lestement. Il était sur le quai quand la détonation éclata.

Klle fut très violente: on renlendit jusqu'aux Champs-Klvsées. Les carreaux de l'appartement

PAR S SOUS LA RESTAURATION

de Madame, quel(|iies-uiis dans le cabinet du roi, Curent brisés. 11 était alors quatre hour.is après-midi.

Louis WllI travaillait avec M. de Hiclielieu : Ali !

s'écria celui-ri on fail saut or les Tuileries, on attente aux jours de Votre Majesté.

— I5on, répliqua Louis.X VU 1 avec un san*:froid admirable, c'est quelque pétard comme celui (lu'on'Jira liicr sur la pla«-edu Palais-Uoval »

Cependant les oflicicrs de se r\ice s'étaient

l.A U LOI RE KT L\ D K C .\ I> K .N C K DK NAPOLEON HXOONTKES PAR S O N C H A P EAU.

D'après une gravure de 1821. — (Collection Paul Le Roux.)

Il y fui plusieurs pr.iviires de ce genre. Ce le (|iie nous reproiluisons n pour caractère parliculier <le montrer cliaciiie ciiapeau -dans le dôcur rii|>|>")anl un des i-pisodcs princijiaux de lu grande éjiopéc napolôonienno.

Ail! OU'ON EST PIEU u'iUllE FU.\NÇ.\lS yiANU OX REGARDE LA COI.O.NNK.

Gravure de ré["Oiue. — (.Musée Carnavuiel.)

précipités, saisis d'épouvante, dans le cabinet de Sa .Majesté: on la pressait de sortir sur-le-cnamp (b's Tuileries, on s'attendait à les voir sauter d'un moment à l'autre. De nouveaux venus dissipèrent bientôt ces craintes. Ils avaient vu les débris de la nnirliine. et savaient les résultats de rexjilosion . Parmi ces nouveaux venus était un des trois conspirateurs, lequel s'écria avec vébémence que c'était là une nouvelle tentative des jacobins et des libéraux contre la famille des Dourbons. Plusieurs des personnes présentes firent cborus avec lui. Mais il paraît que Louis XVIIL (jui avait le cou[> d'o'il bon, observa les jrestes et la pli^ysiononiie de ces messieurs et devina la vérité, car un officier de la dudiesse d'Angoulème étant venu de sa jwirt demander des nouvelles de Sa Majesté, elle lui ré|)ondit : s J'en/^'agema niéee à se rassurer; dites-lin que, sans savoir précisément «pii a mis le feu à ce pétard, je ue «-rois pas que ce .^oit un de ceux qu'elle re^^arde comme nos ennemis. » Le roi s'informa ensuite s'il v avait eu quelqu'un de Messe: on lui répondit que non. «: Tant mieux, réplicpia-t-il alors, je ne l'aurais point pardonné. » Les grilles du ciiàteau avaient <'lé fermées Tous eeux (pii se trouvaient dans le jardin ou dans la cour des Tuileries furent interrogés. On prit leurs noms et leur signalement. M. Hellîird, |)rocureur général, M. Jacquinot de Pamijelune. procureur du roi, M. Donrguignon, son substitut, et M. Arvlés, préfet de police, accoururent. Ces messieurs témoignèrent d'abord un zèle extraordinaire pour découvrir les complices; mais i\ mesure qu'ils s'occupèrent de cette affaire.

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leur premier empressement se refroidit : nul indice ne leur paraissait convaincant, rien ne pouvait les mettre sur la trace des coupables.

Ni le roi, ni les personnes bien informées ne furent dupe de la conduite des mai^istrats et du préfet de police. Ces messieurs n'osaient éclaircir une affaire où se trouvaient compromis des hommes puissants, et qui, publiquement dévoilés» auraient couvert de confusion un parti qu'il fallait ménager jusque dans ses écarts. A la vérité, on arrêta Neveu, mais moins pour le punir que pour le faire taire. II se plaignait d'avoir été mal récompensé. On craifinit cjuç les libéraux ne s'em-

C'est à quatre heures trois quarts du soir qu'une explosion très forte s'est fait entendre hier dans un corridor voisin de l'appartement de Sa Majesté Plusieurs portes et carreaux de vitres ont été brisés. Toutes les personnes qui se trouvaient dans le palais sont accourues de suite auprès du Roi. Rassuré sur ses jours précieux, on s'est occupé soudain des recherches dans les appartements. Il a été reconnu que l'explosion était provenue d'un petit baril «le poudre caché derrière un coffre à bois.

Le préfet de police, le procureur général, le premier avocat général, le procureur du Roi et

L I L K 1) K LA CITE I) A P R K S LES l) 0 C T M E X T S DU TEMPS.

Carte dressée par A. Meunier. — (Collection Charles Simond.)

parassent de cet homme et ne se fissent de ses révélations une arme terrible contre les honnêtes gens. On se proposait seulement de le retenir quelque temps en prison. Mais on sait qu'avant été enfermé seul dans un cachot, à la préfecture de police, il se coupa la gorge avec un rasoir qu'on avait eu l'imprudence de laisser entre ses mains. Ce sui<'ide rassura bien des consciences iiupiiétes, et autorisa en quelque sorte l'inertie de la justice et de la police.

(Mémoires d'une dame de qualité.)

Récit sur révénement arrivé au château des Tuileries.

Voici des détails sur l'explosion qui a eu lieu le 27 janvier, au château des Tuileries.

son substitut, se sont sur-le-champ transportés sur les lieux, et ont commencé à informer pour découvrir les auteurs de cet audacieux attentat.

Nous sommes heureux de pouvoir annoncer que cet événement n'a produit aurune impression fâcheuse sur Sa Majesté.

La poudre était renfermée dans un petit baril pareil à reux qnc l'on voit chez les arquebusiers, et dont la forme est enjolivée par de légers cerceaux artistement faits. Ces cerceaux n'étaient point en fer, ainsi qu'on l'a annoncé par erreur dans quebpies journaux. Ce baril avait été j)lacé au milieu de l'escalier qui conduit au corridor noir, prés des appartements du Roi, et à la hauteur de la terrasse où l'on donne les concerts de la Saint- Louis. Il a été découvert à quatre heures un quart (derrière le panier contenant le bois nécessaire

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au service des corridors, où il avait été placé) par deux petits ramoneurs qui soulevèrent les linges qui le couvraient, et rétablirent le tout, n'y voyant aucun danger.

Au moment de l'explosion, le garde à pied du corps du Koi, placé au bas de l'escalier, a sauté à plusieurs pas du lieu où il se trouvait : le concierge a été soulevé de dessus sa cbaise, et la commotion qui s'est fait sentir jusque dans les petits appartements de l'entresol habités par les personnes atlzichées au service des Princes, a

carreaux cassés, des espagnolettes brisées et personne ne s'est trouvé blessé par cette explosion. Cette circonstance est d'autant plus d remarquer, que lescalier dit du corridor noir est dos plus fréquentés du château, et rempli de monde toute la journée. Le baril a été évalué contenir de six à huit livres de poudre.

On assure que le fumiste du clulteau et deux ramoneurs sont arrêtés, comme ayant eu connaissance et vu le baril de poudre qui a produit rex|)losiun affreuse qui a eu lieu dans la demeure

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