‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 329 sur 455 · VUE DU PONT AU CHANCE EN · texte numérisé non relu

VUE DU PONT AU CHANCE EN

D'après uno j^Tavure du temps. — (Collcclioii (i. Harlinann.)

Ce puut joint le quai de l'Horloge et le marché aux Fleurs aux quais de (jcsvr(.>s et de la Mégisserie. C'est le plus ancieu pont de la ville, et dès les premiers temps de l'existence de Paris, on le connaissait sous le nom de firaïuhPont. Kn liil, une ordonnance de Louis VII y fit établir tous les changeurs de Paris; de là les noms de i^ont <U' la Marchandisf, Pont des chaujeurs et enfin de Pont au vhanfie qu'il a encore, aujourd'hui. II fut emporté plusirurs fois par les eaux et incendié en 1«»-'l : on le reconstruisit de 1(»3'.) à lti47.

Jadis, on le devine, ces vtHements ont eu un «*ertain cachet d'clégance Mais ils tnnibenl en lambeaux.La misère et la dèbnurhe y attarhenl toutes leurs souillures, sans que celui (jui en est affuble semble rien perdre de son air audacieux et de la bonne opinion qu'il a de lui-nieme ('ampè lièrenicnt sm- des bottes èculées cl perce»'s àjour. un feulre crasseux et dèlornié sur l'oreille, il rompl du bout des doigts un moi'eeau de galette d un sou. le porte à ses lèvres ixsec les délirâtes allures d'un petit maître et le nianjze en vrai j:astronome.

Sa collation l'aile, il tire «le la pocbe de son babil une loque pendante, o'eii essuie minutieusement les mains, époussète son costume immonde, puis continue sa promenade sur le boulevard.

C'est là mon personniijie, dit FrédèricU, j«' le tiens! Kffeetivenïenl. il venait de déeouvrir en chair et en os le type «piil avait vaimement conçu lors des réj>ètiti<>ns de l'Ambi^ni.

Hobcrt Wacaire était trouvé.

Le soir même, au théàtie, le comédien se montre au public avec un babil, un feutre et des bottes, absolument pareils aux bottes, à l'habit et au feutre de l'honmie du boulevard.

Il imite les manières de ce fashionable en haillons, son calme grotesque, sa dignité sinistre; il décide son camarade Serres à une métamorphose analogue pour le rôle de Bertrand, et la pièce obtient un succès à tout rompre.

Eugène de Mirecouht.

( l.f's Contemporains . )

Fête en l'honneur de Rossini.

{'2\ novembre.)

DKPi is (juece «elebre compositeur est à Paris, il est l'objet de tous les regards. On va pour le voir au théâtre. On donne «baque jour des soirées en son honneur. Mais de toutes ces fête.-;, celle (jue lui ont offertes aujourd'hui les artistes frnn<ais mérite d'être citée. Cent soixante eonvives assis au même banquet chez le restaurateur Marîin ont célébré tour à tour la gloire des trois èeoles nmsicales MM Hossini et Lesueur présidaient ce trirlininm fraternel, où l'on remar- (|uaitMM. Hoieldieu, Auber,llerold.Panseron,ctr., nobles et dignes suceesseurs des (irétry, des Mèhul, et dont les productions justilient la réputation que le Conservatoire île Paris s'est acquise en Lunqje. In orchestre d'instruments à vent, pla«'é dans une pièce voisine, a fait entendre l'ouverture de la Pie VoIvhh' au moment où M. et Mme Kossini sont entrés, hivers morceaux d'Otelht, du Barhierc, de la (hizza, de la Cerenentola ont été exécutés pendant le repas.

L'illustre auteur des Bardes a porté le premier toast à Rossini : son ijénie brillant a ouvert une nouvelle route dans la carrière dramatique, et marqué une noncelle époque dans l'art musical! Rossini y a répondu par cet autre, d l'École française et à la prospérité du Conservatoire! Cette réponse de M. Hossini a été suivie de l'ouvertm'e de Stratonice,

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