‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 330 sur 455 · LE DOCTEUR CASTAING · texte numérisé non relu

LE DOCTEUR CASTAING

D'après un portrait du temps. — (Collection Prévost.) Le Dr Caslain^, accusé d'avoir empoisonné son ami Auguste Ballet, qui avait fait un testament en sa faveur, fut condamné à mort et exécuté. Paris se jMssiunna pour cette aflairc criminelle connue sons le nom de crime de la Tète noire, de l'aulïeiige où expira la victime.

improvisée par l'orchestre. Fin ch'han dal vino de don Jnan; Que d'attraits, que de majesté! Venez régner en souveraine. Français et militaires ont salué tour & tour les noms glorieux de Mozart, de Gliick de Méhul, proclamés par leurs jeunes émules. L'École italienne, représentée par Cimarosa et Paesiello, a reçu l'hommage de l'assemhlée, qui a applaudi avec transport des fragments du Matrimonio segreto et de la Molinara. Nos poètes, nos chanteurs ont pris une part active à la fête, et des couplets chantés par MM. Martin et Baptiste ont fait le plus grand plaisir. M. Talma a lu en français un sonnet que M. Biaghioti avait composé en italien en l'honneur ie Hossini.

Castil-Blaze.

L'exécution de Castaing.

(6 décembre.)

LE 6 décembre, deux jours après le rejet de son pourvoi, Castaing fut transféré des prisons de Bicétre, où il avait été enfermé le lendemain de sa condamnation, à la Conciergerie. Pendant tout le temps qu'il avait passé à Bicétre, il avait été l'objet d'une surveillance active, parce que l'on craignait qu'il n'attentât à ses jours. Cette crainte n'était pas sans fondement, s'il est vrai, comme on l'a dit, que la boîte d'une montre, qu'on chercha à lui faire passer du dehors, et qui fut saisie, contenait du poison. Quoi qu'il en soit, lorsqu'on vint lui annon-

cer sa translation à Paris, il fallut le réveiller d*an sommeil profond. 11 parait qu'il ne s'abusa pas, car il dit aussitôt : « Je vois ce que c'est. »

Arrivé à la Conciergerie, il écrivit une longue lettre remarquable par un mélange confus d'idées religieuses et philosophiques. 11 se fit ensuite conduire à la chapelle, et s'entretint avec le prêtre qui devait l'exhorter à la mort. Comme il avait témoigné le désir de voir cnrore une fois son père et sa (ille, l'autorité s'empressa de donner la permission nécessaire pour cette entrevue; mais, par des motifs demeurés inconnus, elle

dant qu'on le liait, il promenait ses regards autour de lui avec un air assez tranquille; mais pendant le trajet du Palais à la place de Grève, son maintien fut loin de conserver la même assurance : il sembla que son courage l'eût tout-&coup abandonné. Son visage, jusque-là fortement coloré, se couvrit d'une pâleur mortelle; sa tête, cédant aux secousses de la charrette, tombait sur l'épaule du confesseur, avec qui néanmoins il conversait de temps en temps et dont il paraissait écouter attentivement les exhortations.

Arrivé au pied de Téchafaud, il tomba plutôt

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