‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 331 sur 455 · LES PETITS SAVOYARDS A PARIS · texte numérisé non relu

LES PETITS SAVOYARDS A PARIS

Gravure de l'époque publiée à roccasion du grand succès du Petit Savoyard de Goiraud en 1823.

(Collection Paul Marmottan.)

n'eut pas lieu. Castaing demanda par écrit la bénédiction à son père, qui lui fut envoyée. L'heure de l'exécution avait été avancée. A cette époque, c'était ordinairement à quatre heures que l'on exécutait les condanmés. On vint, un peu avant deux heures, annoncer à Castaing que l'heure fatale était arrivée. A cette nouvelle, ses forces l'abandonnèrent, et il parut vivement regretter les deux heures dont, selon lui, sa vie se trouvait abrégée. A sa sortie du dernier guichet de la Conciergerie, on le vit entendre sans beaucoup d'émotion les murmures de la foule qui de toutes parts se précipitait dans la cour du Palais de Justice. 11 s'élança alors sur le crucifix, l'embrassa avec force et à plusieurs reprises. On fut obligé de le monter à bras sur la fatale charrette. Pen-

qu'il ne se mit à genoux, et demeura dans cette attitude pieuse près de quatre minutes. Il n'eut pas la force de se relever, et deux aides de l'exécuteur furent obligés de le soutenir pour monter sur Téchafaud.

Campagnac.

(Chronique du Crime et de iinnocence.)

de

La première rÉcole des Vieillards.

(6 décembre)

L'École des Vieillards fut jouée pour la première fois le 6 décembre 1843. Casimir Delavigne n'avait pas encore accompli sa vingt-neuvième année. Après avoir débuté, à seize

ans et demi, sur les bancs du lycée Napoléon, par un dithyrambe — école de Pompignan — en l'honneur du roi de Rome, le poète fait homme avait donné à l'Odéon, au refus du Théâtre Français, les Vêpres Siciliennes y les Comédiens et le Paria. Ces trois ouvrages, dont une satire à l'adresse des dictateurs de la rue de Richelieu, assez faibles, même pour le temps, n'étaient pas de nature, non plus qu'un poème sur le vaccin, à inspirer des regrets bien vifs de leur conduite aux comédiens tjmpanisés. Mais Casimir Delavigne avait écrit les premières Messéniennes : au morne titre qu'Ho-

sait l'affront d'un refus. Devant cette extrémité qui allait ruiner infailliblement le théâtre, toutes les difficultés s'aplanirent : le grand artiste eut la permission d'avoir du génie sous le frac et la perruque du bourgeois Dauville, comme sous le bandeau et la chlamyde de l'empereur Néron. Les Parisiens ne firent qu'un saut de la cour d'assises, où ils venaient de se passionner pour le docteur Castaing, à la salle Richelieu, où les beaux esprits du feuilleton leur promettaient Talma chaussant le t brodequin de Thalie » , et Mlle Mars essayant le t cothurne de Melpoméne ». La soirée du 6 dé-

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