JFA.N-I.OI IS ADAM
Pianiste, professeur au Conservatoire (l7r)S.
Beaux-Arts.
Élection d Ingres, d Hippolyte Liebas, de Cor-
tot à l'Académie des l;eau.\*arla.
Les livres de l'année*
Victor Hugo : Le Sacre de Charles X. Ode. — Lamartine : Le Chant du Sacre ou la Veillée des armes. — Le dernier chant du Pèlerinage de Childellarold. —Alexandre Dumas : Élégie sur la mort du fjinéral Foy (le premier ouvrage d'A. Dumas). — Balzac: Code d<s gens honnêtes ou l'Art de ne pas cire dupe des fripons. — 'ViUemain. Lascaris, Mérimée : Théâtre de Clara Ga:ul. — Augustin Thierry : Histoire de la conquête de l'Angleterre l>ar hs .Sormauds. — Alibert, premier médecin ordinaire du roi : Physiologie des passions. — Mémoires de Mme de Genlis.
Le lliéAtre (Débuts et premières).
Tliéâtre- Français. — 2 février. Rentrée d* Mlle Mars. — i*"' mars. Le Cid d'Andalousie, Iraj;edie, jiir Lebrun. — '21 novembre. Leontctci^, tragédie, par L.iurenl Pichat (grand succès).
Opéra. — '2[ mars. Heprésentalion au bénéfice de Talma. — 10 juin. Pharamoud, opéra en 3 actes, paio'es de (luiraud, Ancelul et Soun.et, musique de Hoieldieu, Herton et Kreutzer (succès médiocre). — 17 o t'djre. Uon Sauchc ou Ir Château d amour, paroles dr ihé.iulon «t de Rauce, musique lie P. Liszt (succès médiocrr). — li' novciid>re. Début du ténor MasSDl.
Opéra-Comique. — 3 mai. Le Ma* on, oj.éra-comitjue en 3 actes, paroles ite Scribe et Germain Delavij,'n(', musique d" \uber (grand succès).
Théâtre Italien. — 19 juin. // Viagiiio à Reims, opéra en 1 acte, par Hossini ^fucccs . — :2i septembre. // Crocialo in Egitto, opéra en 2 actes, de Mayer-Beer (.Meyerbeer;. — G octobre. Début de Rubini. — 12 novembre. l»"« représentation à la salle Pavart.
Odéon. — 14 mars. Jeanne d Arc, tragédie, par Soumet (grand succès). — :i5 juillet. Othello, par Hossini. — 27 octobre. La Dame du Lac, par Roisini.
Théâtre Madame (ancien Gymnase dramatique).
— lu mai. Le Charlatanisme, I acte, par Scribe et Mazères (succès;. — i'"" juillet. Henlrée de Perlet. — 2 novembre. Début de Jenny Vertpré.
Vaudeville. — 12 août. La Planchisseuse de fin, vaudeville en 1 acte, par G. Duval et Rochcfort (Bérard, dirtcteurdu Vaudeville, est remplacé par Désaugiers et obtient un privilè^'e pour une nouvelle salle de spectacle qui sera le Théâtre des Mouveautés).
Gaité. — 12 mai. Clôture à la mort de Mme Bourguignon, née Mtolet, directrice du théâtre. — 21 mai. Itéou vertu re : direction Guilbert-Pixerécourt.
Théâtre forain du Luxembourg direction Houy et lUiggieri).
Les morCs de Tannée.
Bouvet de Lozier, maréchal de camp (3 janvier).
— Le musicien P. Gaveaux i7 février;. — L'ancien conventionnel Robert Lindet (18 février). — Mme Dufrénoy, femme de kllrcs (7 mars). — Le médecin Béclard (17 mars). — Peltier, ancien directeur d s « Actes des .\polros » (!"■ avril). — L'archéologue VivantDenon (27 avril). — L'abbé de Montgaillard. littérateur (l'S avril . — Boulard, ancien nuiiie du U'" arrondissement (6 mai). — Le philosophe Henri de Siint Simon (19 mai). — Mme Bourguignon, née Nicolet, dinclrice de la Gaité «mai). — Bigot de Préameneu, ancien ministre dei cultes (31 judiet). — Fanny Bias, danseuse de l'Opéra (2 septembre). — Lo naturaliste Laoépède (0 octobre). — Buache de la Neuville. conservateur des caries au dépôt de la marine (21 novembre). — L'auteur drama'ique Desfontalne, 21 novembre). — Le médecin Royer-Collard (27 novembre). — Le général Foy (-8 novembre). — Le bibliographe Ant. Alexandre Barbier (6 décenibre). — L? géographe Barbie du Bocage (28 d.'cembre).
V l K I)i: I. A HAinUIliK SA I -\T-M A UTl N .
D'après une j^M-avure de répoquc. — (Collection Panl Mariiiottan.)
« La barrière «le Saint-Marlin est l'une des plus rern.'ir(|uables de Paris, > dit Dn aihk (Histoire de Poris). * Par ses formes piltoresques, elle semble plulôl convenir à ud temple qu'à un bureau de percepteur de droit d'entrée. Celte barrièrr se trouve iur la ligne de l'axe du bassin do la Villelle, et l'observateur qui se place à rexlrémitc de ce bas^iu \oit celle riche perspective heureusemenl lermince psr ce pompeux édilice. »
C'est l'année du grand jubilé. Suivant le mandement de l'archevêque de Paris, quatre /;roa^v^û>^^s• fjénèralea furent prescrites. La première eut lieu le 17 mars avec une pompe et un éclat tout exceptionnels. L'intérieur de Notre-Dame était décoré avec la plus grande magnificence, la place du Parvis entièrement tendue de draperies bleues fleurdelisées, et toutes les rues que devait parcourir la procession également tendues et sablées. L'ordre dans lequel le cortège sortit de la basilique était celui-ci : un détachement de gendarmerie: les élèves de tous les séminaires, en surplis; le clergé de toutes les églises de Paris, avec ses ornements sacerdotaux; le chapitre métropolitain; la cliAsse contenant les reliques de saint Pierre et de saint Paul, portée par quatre prêtres et suivie de plusieurs évèques; l'archevêque de Paris, accompagné de ses grands vicaires; le duc d'Orléans et son jeune fils le duc de Chartres; les princesses de la famille royale et leurs dames; le duc d'Angoulême et les officiers de
sa maison ; le roi et ses t;rands officiers. Puis, venaient les maréchaux, les pairs, les députés et une foule de hauts fonctionnaires, de généraux et d'officiers supérieurs. Ce long cortège, dont le défilé ne dura pas moins d'une heure, s'arrêta successivement sous le péristyle de rilôtel-Dieu, où Ion avait dressé un autel, à l'église de la Sorbonne et à celle de Sainte-(ieneviève.
Le même éclat et la même solennité présidèrent à la deuxième et à la troisième procession, dont les stations, établies dans les éijiises des principales paroisses, dirigèrent le cortège à travers les quartiers les plus commerçants et les plus populeux de Paris.
La quatrième et dernière procession eut lieu le 3 mai; ce fut la plus brillante; son but, à la vérité, n'était pas exclusivement religieux. L'église de l'Assomption formait une des stations qu'elle devait visiter. Cet édifice est voisin de la place de la Concorde, qui avait repris son ancien nom de place Louis XV. Les conseillers de Charles X déci-
PARIS DE 1800 A iOOO,
V V i: I) r I' 0 NT MARI K PRIS K I) K I. I I. K 1. 0 l' V l K R S .
D'après une gravur»^ du temps. — ((Collection G. Hartmann.)
« Ce pont, r.'ui comuiunique de l'ilc Saint Louis au iiuni îles Ormes, fut couinicn«-c en tCl i. II doit son nom à l'cntreprennir qui fut chargé des travaux. Le l"" mars l'i.'-ii, une crue exlraonlinaire de la Seine entraina deux des arches. riu>ieur8 personnes périrent. 11 y avait *ur le pont des maisons holiittes. Lune d'elle*» lut onglo-itic ri Iv mitaire (jui l'habitait disparut d.ms les Ilots avec ses minutes. On rebâtit les arches, mais «in ne r< construisit pas la maison. Jusqu'en ITSS, le pont resta couvert d'habitotions su>pcndues sur la Scin<'. On l'en dcbarrasba en I7S0 et l'on y établit des trottoirs cornu. odis. (.Mhm>ue i.i l)i:i ai hk.)
dèrent ce prince à profiter do la circonstance pour procéder enfin à la bénédiction et à la pose de la j)remière pierre du nioniinient expiatoire voté à Louis XVI par la (Chambre de 1815, et ((ui attendait encore ses fondations. Charles X y a&sista on habits de deuil, dont la couleur violette, qui est le deuil des rois, donna lieu à ce bruit singulier (pril était devenu évéque. Malgré tout léclat de cette solennité et la sanction préalable dune ordonnance royale, daté3 du 27 avril 1820, il ne fut jamais donne d'autre suite au projet de l'édifice à ériger à la mémoire de Louis XVI sur la place de la Concorde.
Il faut encore rappeler qu'au cours de toutes cesprocessionsjes exercices militaires furent suspendus dans la garnison de Paris; mais les soldats n'en profitèrent pas pour faire leur jubilé. Les officiers se montrèrent sourds aux invitations de leurs chefs ; il fallut un ordre formel. L'armée fit ses stations et alla au sermon par compagnies, officiers en tête.
Sous l'influence du parti religieux le ministère de Villèle, exhumant de la poussière féo-
dale le monstrueux droit frainrssc, crut pouvoir en présenter le projet de rétablissement aux Chambres, dès Ttiuverture de la session de 1820. La Chambre des (léi)utés l'adopta; mais il fut rejeté, le 7 avril, par un vole définitif de la Chambre des pairs.
Tout Paris en connut aussitôt la nouvelle. Le soir, les quartiers habités par la classe commerçante furent soudainement illuminés. De nombreux transparents lumineux, ornés de devises telles que celles-ci : Honneur à la Chambre des pairs! On n'i/lnminera jamais assez pour éclairer les ministres! arn^lèrent l'attention de la foule qui encombrait ces quartiers et les parcourait au bruit des fusées et des pétards tirés des croisées et des portes.
La session de 1820 avait été close le G juillet. Pendant le silence de la tribune parlementaire, la presse, qui comptait parmi ses écrivains [)lusieurs d'entre les orateurs les plus distingués des deux Chambres, ne cessa de harceler le ministère, en stigmatisant ses actes passés et en donnant l'éveil sur ses projets à venir. Barthélémy et Méry, armés du fouet sanglant de Juvénal, le flagellaient im-
PARIS SOUS LA IIESÏAURATION