‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 39 sur 455 · SAINT-CLOUD ES · texte numérisé non relu

SAINT-CLOUD ES

D'après une estampe du temps. — (Bibliothèque de la ville de Paris.)

En 1SU3, le dinianche, le chemin de Paris à Sainl-Cloud est couvert de voitures, comme l'était à pareil jour, par l'ancien régime, celui de Versailles. C'est que Bonaparte habitait alors le séjour des rois et il y avait quelque chose de piquant à observer, dans celte magnifique galerie de Saint-Cloud, les ligures de beaucoup d'ex-convenlionnels, et au milieu d'eux, l'usurpateur. Trois fois par semaine Mme Bonaparte donne à Saint-Clpud des dîners de on/e couverts où règne la même étiquette qu'aux Tuileries. > (Stanislas Giharui.n, Journal et Souvenirs.)

quatre mois à venir de Nantes à Paris, arriveraient exactement en dix à quinze jours. L'auteur de cette brillante invention est M. Fulton, américain, et célèbre mécanicien (1).

{Journal des DéhaU, 1803.)

{{) L'intérêt principal de cet article eol de constituer en nièiiie temps un document ofliciel et une réclame adressée par l'inventeur aux journaux qui, pas plus que le public, ne comprenaient l'importance de In découverte de Fiûlon. Les Débats et d'autres journaux publiéreui le récit de cette expérience comme ils auraient fait de la première représentation d'un médiocre vaudeville. Cependant la science n'y était pas tout à fait aussi indifférente qu'on l'a dit. De Lamétherle dans son Journal de physique, de chimie 't d'histoire naturelle (nivôse an XII) signale l'invention et la décrit, mais, il est vrai, sans commentaires.

attestée par différents témoins oculaires et les plus dignes de foi. Nous citerons le témoignage du docteur Burard, qui nous Ibinrnit les détails qu'on va lire :

4" 11 a plongé ses pieds et ses mains dans l'huile bouillante chauffée jusqu'à 85 degrés de chaleur; il a lavé son visage avec la même huile ;

2" Il a lentement, et à différentes reprises, promené ses pieds et ses mains sur un fer très large et très épais, rouge et même blanchi par le feu :

3" Une spatule large et épaisse, rougie jusqu au blanc, a été appliquée et promenée sur sa langue pendant quelques minutes;

4" 11 a successivement pris et fait circuler dans

PARIS SOUS LK CONSULAT

sa bouche de l'acirle muriatique. nitrique et sulfurique:

5» Une chandelle allumée a été promenée pendant près d'un quart d'heure sur ses jambes et sur ses pieds;

G" H a plongé ses mains et ses pieds dans de l'eau chargée d'une grande quantité de sel et chauffée jusqu'à 70 degrés. Ce jeune homme a subi ces diverses épreuves sans donner aucun signe de douleur et sans qu'il pariU aucune trace de briHure sur ces différentes parties de son corps.

On a remarqué cependant que l'acide nitrique, qui n'avait fait aucune impression sur sa langue, a laissé une espèce de tache jaune sur la paume de sa main, mais sans cautérisation ni sans douleur.

Les médecins et les gens do l'art qui ont assisté à ces expériences, ne manqueront pas sans doute de faire un rapport sur ce phénomène inouï qui est d'autant plus merveilleux que l'individu paraît jouir d'une bonne santé. Ce qui n'est pas moins étonnant, sa peau non seulement n'est pas altérée par les épreuves, mais elle est douce et souple comme celle d'une jeune personne. L'interprète a assuré que cet Espagnol avait été mis à Tolède, dans un four exactement fermé et chauffé jusqu'à 70 degrés; il y est resté pendant dix minutes, s'y trouvant bien et ne voulant pas en sortir.

Cet article du Journal des Débats fut complété, deux jours après, par la lettre suivante adressée à l'abbé Geoffroy, rédacteur en chct.

M or» ES DR l 803.

Habilloment du matin.

(P'apit-s le Cosliitin- l'ut l<ien île Vnn XI.)

Costume néghgé d'un jeune boTuiiio.

(D'après le Costume Parisien de l'an XI.)

Il faut souffrir pour être belle.

Album (lu Bon ton. — (Bibliothèque nationale.)

Lfttre au Rédactevr.

Paris, 20 messidor.

Depuis l'annonce que vous avez faite des épreuves suhies par le jeune Kspagnol, le ^8 do ce mois, à rampliilliéAtre de l'KroIe de niôdecine, je suis assailli de questions relatives i\ ne pliéno-

L'buile, les instruments de fer et les acides ont été fournis, préparés ou chauffés par des membres de l'École de chimie; et certes, si cet étranger possédait un secret ou un procédé chimique (ce que je ne crois pas) pour empêcher l'action du feu ou des acides, tels que ceux qu'il a dégustés, on aurait facilement aperçu quelques traces de la prépara-

LK HOI h F. nHOIiniNC, N AT. FT C. T L M V E R.

I)'jipivs UMC piùcc gravée ])ar (Jillay. — Kpreuve «olorié»». - (Bibliothèque des Beaux-Arts.) I.e roi Tiforge» coiiltinjile llon.iparle représenté naviguant sur une harque lilliputienne.

mène, permet tez-nioi de me servir de la voie de votre journal pour déclarer que tous les laits que vous avez rapportés sont de la plus exacte vérité: et je puis invoquer ici le témoignage des médecins ou professeurs, ^haussier, Hallé. Desveux. Sabatier. Alphonse Leroi, Perilhe: des membres de l'institut, Huzard, Guitton-Morveau. et d'un très grand nombre de spectateurs, (^ui ont tous vu. comme moi, les mêmes expérienres. Je dois observer qu'il est impossible de supposer aucune espèce de supercherie de la part de cet Kspagnol.

tion à latpielle il aurait soumis les différentes parties de son corps. Au reste, ceux qui refusent de croire à la réalité de ces épreuves, seront bientùt convaincus par le rapport qu'est chargé de faire à. ce sujet le professeur Pinel J ai l'honneur de vous saluer,

Silène : BiîHAHo,

Docteur en médecine et en cliirurgie, médecin judiciaire du VP arrondisseuient, rue de (Jondé, n» 695.

Jaavier (Nivosk-Pluviosb an XI).

6 (i5 nivctê), — L'enToyé da Tanls préMote au premier eomui les dix cheraux offarti par la Dey.

10 {80 niv,). Le Journal officiel annonce que le prenUar eonral prend le danll, à roooaalon dm la mort du général Ledlero« son beau-frère, mari de Pauline Bonaparte.

11 {81 ni9.). — Un épicier de la place Saint-Michel, TkTunaaiiz, est aceuié d'avoir empoisonné aa fllle.

13 {23 ni¥.). — Le citoyen Marcel eit nommé directenr de rimprlmerte de la République. ,

16 {25 niv,). — La Société « en faTcur dea savants el des gens de lettres », tient sa première séance dans nne des salles de la préfecture de la Seine. François de Neufohàteau et Froohot sont élus prési-

17 {97 /for.). ^ Dans la nuit du 17 au 18, des TOlenre s'introduisent dans les salles da Louvre oeeupéee par rinstitut et s'emparent de 47,000 francs.

27 (7 pratrtoi). — Le commerce de Paris vote un vaisseau de 110 canons pour la guerre contre l'Angleterre. Les agents de change votent deux frégates.

28 (Sprair.). — Clôture de la session du Corps législatif.

Juin (Prairial-Messidor an XI).

7 {18 prairial). — Les commissaires et les employés -ï.-r. DB MKDFCHATFAii de Ut coTOpUbiUténaUonale offrent 7,500 fraucs pour coB- Homme d htal . .. /„ ... . . ^,.^

23 (8 phiviiu). -^ Arrêté des consuls qui divise llnatltQt en quatre olasses. (Sciences physiques et mathématiques. -^ Langues et littérature française. — Histoire et littérature ancienne. — Beaux-Arts.) La divisioa des sdences morales et politiques est supprimée. — Gamerin est breveté pour son parachute.

Février (Plvviosb-Vbntosb an XI).

l'AI'MMi BOMAPARTR

tribuer aux frais de la guerre.

12 {84 prair.). — Au Palais de Saint-aoad, représentation d'Esther par les acteurs du Théâtre-Français et ceux de l'Opéra pour les chœurs.

22 {3 messidor). — Lettre de Oimbacérès à Denoa pour lui prescrire de donner au musée des statues du Ix>uvre le nom de Musée Napoléon.

23 {4 mess.), — Bonaparte quitte Paris pour visiter les départements de la ci-devant Belgique.

26 (7 meu.) — Ouverture au public de la galerie de tableaux du Sénat oonaerrateur.

Juillet (Messidor-Thermidor an XI).

^{13pluviâsê). - Uî-dassedel'InsUtut élit pour ^'Ij^'^^^^Jo'-f ^Vin 3 (/7mmWor).- Exp<^riences faites à l'amphithéâtre

président Luden Bonaparte.

17 {28 pluv,). ~ Bal à l'ambassade d'Autriche.

21 {2 wentôse). — Rentrée du Corps législatif.

26 {e vent,). — Concert à l' Opéra-Comique au bénéloe du chanteur Garât.

Ham (Ventôse-Germinal an XI).

lO (19 ventôse). — Rétablissement de la Foire aux \ (mardi de la semaine sainte), parvis Notre-

tS25.)

11 {20 vent.), — Des musiciens du Conservatoire sont choisis pour faire le service du chant k la Chapelle dn premier oonsml.

12 {21 vent.), — Visite de Bonaparte et de Jooéphine à l'HMel dea monnaiea. Une médaille comménorative est frappée en lenr présence.

21 {30 vent.) — Adoption de la loi sur le divoroe. 23 {2 germinal), — Trumeaux est condamné à mort.

26 {S fferm,), — M. de Luynes, membre du corps électoral de la Seine, après on dinar ches Lucien Bonaparte, visite sa collection de tableaux et en reconnaît deux qn'il avait dû vendre à vil prix pendant la Révolution. Renifé ches Ini, Il les trouve dans son cabinet.

27 (0 germ.), — La barrette est remise par le preader consul aaz cardinaux De Belloy, Boisgelin, Camba* cérès et Fesch.

Avril (GBRMINAL-FLORiAL AN XI).

1 {11 germinat), — Le Journal iet ùébatt annonce qo'OB ■ venda 20.000 exemplaires de la Pitii de DeliUe.

2 {12 germ.), — Le premier consul chasse dans le Bois de Boulogne el Hait présent d'un cheval arabe au ministre des finances, qui raccompagne.

6 (15 germ,), — Bepréeentation donnée au théâtre de la Porte-Saint-Martin par les acteurs du Théâtre-Français au bénèHoa de Labueaiére.

14 {24 gorm.). — Proaralgatlon de la loi qui confire pour qnlnse ans à la Banque de Franoe le priviléfs exclusif d'émettre des billets à vue et an porlsnr.

18 (28 gorm.). - Arrêté qui fixe le diamètre des Bouvelles pièces d'or, argent et cuivre.

Anne-Lefdvre d'Aux.

de l'^xole de médecine sur l'Espagnol incombustible, 13 {84 mess.). — Visite du grand juge ministre de la justice k l'imprimerie de la République. Il imprime luimême une feuille que l'on vient de composer, et c'est une pièce de vers sur les bienfaits de son administration.

28 (9 thermidor). — Incendie d'une maison attenante aux bains Chinois, boulevard des Italiens, et occupée par le carrossier Gagnant.

Août (Thermioor-Fructidor an XI).

bateau à

9 (:fi thermidor). — Expérience d'un vapeur sur la Seine par Fulton.

11 {83 theriH.). — Bonaparte rentre à Paris. — Le citoyen Hébray. propriétaire des bains Chinois, consacre la récolte de cette journée k ses voisins incendiés. H a averti le public de ses intentions. Quelques Parisiens vont se baigner par charité : ce qui produit, à 3 francs le bain : 25 fr. 50.

15 {87therm.), — Célébration de la naiseanœ de Bonaparte. 11 entend la messe dans le chéteau des Tuileries, re^-oit ensuite les hauts fonctionnaires et le corps diplomatique. Un Te Deum est chanté à Notre-Dame. Le Onc?e'*de Bo'iTrD.rt. '***'* ■paetacles graluiU et illuminations. — Lancement ^(793.1339 v^ delà ohaloupe-cannoniére la « Parisienne >, payée par une souscription des habitants de Paris.

18 {88 therm,), — Ouverture par Bonaparte du muaée des statues au Louvre (musée Napoléon).

17 {89 therm.). — Éclipse de soleil; elle commenoe à 5 heures 54 du matin et finit à 7 heures lé.

20 {8 fructidor).— IMuniou au Palaisde Saint-Qoud du grand oonseil de la Légion d'bonneur.

28 {10 ftuct.). — Mariage de Mme Leclerc (Pauline Bonaparte, sœur du premier consul), avec le prince Camille Rorghèse.

Cardisal-archevéque de Rouen. (1754-1811*.)

(PLORi^AL-PRAIRiAL AN XI).

7 (i7/ferêsi). — Dans la suit du 7 au 8, des voleurs pésélrest dans Notre-Dasie et y enlèvent des vases laerés.

BoisoBLis m cocâ

Aieptembrc (Fructidor an XI-VBNDâMiAiRB AN XII).

1*' (14 fructidor). — Venu du Théâtre Saint- Martin, par expropriation forcée, à la requête de cinquante-trois créasciers.

3 {lu fruet,), — Expérience à l'école de nataOon d'as bateau de toile imperméable à l'air et à l'eau, inventé par le citoyen Desqninemare.

11 {84 fruct,), — Lancement sur la Seine de la obaUmpa-oanonnièra « la FAubonrg flaint^Antolna».

14 {87 fruet.). - L'éléphanl sOle da Jardia dea

12 (M /Ur.). — L'kmhsssadewr d'Asglelerre» lord Gard.-aith. de Tours (S2 Gapucinee, acheté parlegeaveraenestié^OOO, francs eat WUbworlh. quitte Paris pour fetooraer à Losdres. lév. i78S^ aoAt i8(M.) amené aa Jardin des pUnlea dans une cage ronlaste

SAINT-I.AMBf.ItT

Poêle (26déc. 1710- 9 fc'vr. 1803.)

J.-K. liK I AMKr.lR

.illéraleiir et frilii|iie (iu nov. tT.JO-ll ït" vrier 180n )

et placé dans la cage de l'éléphant femelle « Marguerite », en présence du ministre de l'intérieur de Fourcroy et de plusieurs membres de rinstitut.

17 {30 fruct.). — Suicide de Bugot, professeur au Conaervaloire et l'un des artistes les plus distingués de l'orchestre de l'Opéra-Comique : il se donne plusieurs coups de couloau et se précipite par la fenêtre de sa maison, rue du lielder.

21 (4* jour eompl-mentaire). — Suppression de la contribution mobilière dans la ville de Paris, remplacée par des droits additionnels sur les octrois.

22 (5* jour compl ). — L'ambassadeur de la Porto ottomane arrive à Paris.

24 {i" renrf'miatr?). — Célébration de l'anniversaire de la fondation de la République. — Pose, par le ministre de l'intérieur, de la première pierre du portique de l'Hôtel-Dieu. — I.e Pont des Arts est ouvert au public.

Octobre (VE\nF.MiAiRE-BnrMAiRE an XII).

2 (9 veudimidire). — Au palais de Sainl-Cloud, représentation â'Andromaque par les acteurs du ThéAtre- Français.

3 {ÎO rrnd.i. — I^ conseil d'administration du Sénat, présidé par le premier consul, tixc If traitement des sénateurs à 36,000 francs.

4 (// vrud.i. — M. Parvy, notaire à Issy, et sa femme présentent à lk)naparte,à Saint-Cloud, leurs trois enfants jumeaux nés le 4 prairial.

9 iîGvcnd.). — Le premier consul reçoit en audience l'ambassadeur ottoman.

12 (îii vend). — Rue Croix-des-Pelits-Champs. un particulier verse du vitriol sur la tête d'une jeune femme qui en meurt.

22 tif9 vifid.). — Exécution d'un faux monnayeur. Reymond, dit Peschio Saint-Simon. (Première application de la loi du 14 germinal an M qui punit de mort les faux monnayeurs).

I\*«»vcmbre (Brumaire-Frimaire an XII).

2 ( i(i brumaire) — L'arbre le plus vieux du jardin du Luxembourg, autour duquel se réunissaient au dixhuitième siècle les nouvellistes, YArhrr d*' Craeovie (ainsi nommé à cause des craques qui so débitaient à son ombre) est abattu.

27 {!* frimaire}. — (k)n»^ert au palais de Tuileries, ballet exécuté par 'Vestris

Décembre (Frimaire-Xivose an Xll).

3 (// fiima^rr). — Arrêté portant que la loi du 27 juin 179:2, qui ordonne la formation d'une plare sur l'ancien emplacement de la H.istille, sera exécutée.

5 {t3 frim.). — Neuf femmes condamnées pour vol sont exposées sur la plac du Palais de justice. (Pour la première fois les jugements de ce >renre rendus par le tribunal criminel ne sont plus exécutés sur la place de Grève),

16 {S4 frim.). — Nomination du citoyen Chateaubriand, comme chargé d'affaires de la République française près la République du Valais.

28 {6 nivôse). — Un cyclone, dans la matinée, renverse plusieurs arbres des Tuileries et des Champsh'iysées, démolit la toiture du théâtre du Vaudeville et tue plusieurs personnes. — Réception de Parny à rinstitut. Son discours (sur la décadence des lettres) est j.-u.-a. siaho lu par Regnault de Saint-Jean d'Angély. Fontanes Littérateur (16 janv. 1733déclame un poème sur l'invasion (imaginaire) de l'Angle- 'iO juillet 1817.) terre, Arnault lit quelques fables.

MonnnientA et londatlona.

Agrandissement du Jardin du Luxembourg. — Construction du pont des Arts. — La Lanterne de Dlogène est transportée au parc de Saint-Goud. — l.a rue de l'An VIII reçoit le nom de rue Plgalle. — Commencement de la Démolition de rëdifice des Feuillants au coin de la rue Saint-Honoré.

Les arohlves judiciaires sont déposées dans la Saiûte'Chapelle. — Installation delà préfecture de

M\hl».-J(tSKI>H (;il^>|»K

Auteur dramatique (.'8 août 17('iMu j.in- \'ur 1811^

itoiîHtT n iroN

Ingénieur

(I70.",.24 févr. 18i:. )

m"* ciJiinoïc Actrice (1793-1803 )

la Seine et de set bureaux k l'Hôtel de ville, r- Arrêté du préfet de la Seine sur le numérotage des rues de Paris. — Création du lycée Bonaparte. — L'Hôtel de Satin, acheté par l'ÈUt, devient le palais de la Chancellerie de la Légion d'honneur.

La vie de la me.

I.es Foliex Beaujon, avenue des Champs- El yséee. — Caùno Yènilien, rue du Bouloy (fêtes et bals). — PanO' rama de Lyon et de Naples.

Au boulevard du Temple, la jeune Norvégienne à barbe.— Au boulevard des Capucines, le sdeux Aveugles joueurs de cartes. — L'Espagnol ineombustible.

Les Aria.

Ouverture du Musée du Luxembourg (alors simple annexe du musée du l^uvre). — Transport k Paris de la 'Vénus de Medicis et de la Pallas de "VelletrI. Prix de Rome : Peinture : BiorinFi.)

Mm vie littéraire.

L'abbé Sicard élu h l'Académie française.

Delille : tr Pueme de la Pitié. — Mlcbaud : le Printemps d'un proacrit. — Nodier : le Peintrede SalZ' tiourij. — Paris it ses Monuments. ., dessinés et gravés par Baltard, avec des descriptions historiques par Amaury Duval.

Le théâtre (Dédijts et premières).

Théâtre-Français. — 30 mars. Le veuf amoureux ou la Véritable .Amie, 3 actes en vers de Collin d'Harleville (chute). - 17 mai. Herman et Verner ou les Militaires, drame en trois actes de Favières (succès). — 11 novembre. La boite volée ou le Pauvre garçon malade, un acte en vers de l.ongchamp (chute).

Théâtre des Arts (Opéra). — 11 février. Début de Louis Dérivis (rôle de /arastro des Mystères d Isis). — 30 mars. Proserpine, opéra en 3 actes, paroles de (^uinault. musique de l'aesiello (13 représentations). - Saut, oratorio en 3 actes, musique de HiTudel, Mozart. Haydn, Cimarosa, Paesiello, li4>ssec, Thilidor, etc.. arran^'ée par kalkbrenuer et l.achnith (grand succès). - 4 octobre. Anacréon ou V Amour fuffitif, opéra en 3 actes, nuisi(|ue de (Chérubin! (chute provoquée par la stupidité du livret.)

Opéra-Comique. — 13 janvier. Ma tante Aurore ou If Roman impromptu, opéra boufle eu 3 actes, paroles de lx>ngchamp, musique de HoYeldieu, grand succès, — i4 février. Le liaisi-r et la quittance ou une aventure de garnison, 3 acte^, paroles de lA>n^chanip. Dioulafoy et Ticard. musique de .Méhul, Kreutzer, Nicolo et lioïeldieu (demi-succès). — 3 septembre. Aline, reine d>' (iolconde, 3 actes, paroles de Vial et Favières, musique de Berlon (très grand succès). — 19 novembre. Le Médecin turc, un acte, paroles de Villiers et Armand Gouffé. musique de Nicolo. (C'est dans cet opéra comique que Mme Dugazon créa son dernier rôle.)

Théâtre Louvois. — 30 mars. Les Maris en bonne fortune, 3 actes en prose, par hitienne (succès). — 4 juin. Le vieillard et les Jeunes gens , 5 ai-le» en vers, par GoUin d'Harleville (grand succès). — 19 septembre. Le vieux comédim, un acte eu prose, par Ticard (grand succès). — 23 novembre. M. Musard ou Comme le Temps pacse, un acte en prose par Picard (grand succès.)

Opéra Buffa. — 12 décembre. Ouverture de la nouvelle administration des artistes sociétaires par il ' Matrimonio segreto.

'Vaudeville. — 28 janvier. Fanchon la vielleuse, comédie en 3 actes de Bouilly (très grand succès).

Les morts de Tannée.

Mlle Clairon (18 janvier).— La marquise de Gréquy (2 février). — I^e poète Saint-Lambert (9février). — Laharpe(H février). — Général Bérenger, gouverneur des Invalides (27 avril). — l.e littérateur Garaocioli (29 mai). — I>e compositeur Devienne (7 septembre). — Bugot. professeur au Conservatoire de musique (17 septembre). — Le philosophe Saint- Martin (13 octobre). — Sophie Amould.

LES MOUI, IXS l)K MONTMARTHE F\ 1804.

D'apW'S une estampe du temps. — (Bibliothèque de la ville de Paris.)

Les moulins de Monfniarlie éUicnl en ISOÎ le rendez- vous .Hcroufutiié des Parisiens On y allait sabler le petit vin blanc et nianirer la galelle en admirant lepanorami de Paris et siirloiit I.- il.".me des Invalides qui venait dtlre redi>ré (Aibwit CAII^T.)

« Le ligre a senti rôdeur dn sang. * Ce mot du diplomate le plus perspicaee du siècle pourrait servir d'épigraphe à l'année 1804.

période réparatrice éblouissements de

SCEAU DE L^MPIRB.

C'est Tannée du duc d'Enghien, Tannée tragique. C'est le frisson de terreur, bien vite dissipé du reste, qui passe dans les veines

de la France entre la du Consulat et les r Km pire.

La lecture des journaux de la seconde moitié de nivos(î et des premiers jours de pluviôse an XIL c'est-à-dire du mois de janvier, — car le calendrier républicain qui se survivait à luimême depuis le Concordat n'était pas encore ufliciellement aboli — ne faisait pas prévoir la série de drames judiciaires et d'exécutions sanglantes qui allait s'ouvrir. L'opinion publique ne s'intéressait qu'aux vélocifères. Il n'était question que de la prodigieuse célérité de ces nouvelles diligences qui allaient en douze heures de Paris à Rouen.

L'engouement provoqué par les vélocifères^ qui, d'ailleurs, ne tinrent pas leurs promesses, et l'émotion causée par un vol audacieux commis au détriment de la Bibliothèque nationale, ne furent pas de longue durée. Des événements plus dramatiques absorbèrent Taltention de la France. Moreau et Pichegru arrêtés à peu de jours d'intervalle; les attentats contre la vie du premier Consul soustraits à la compétence du jury; la peine de mort prononcée contre toute personne qui donnerait asile aux conspirateurs; Cadoudal et ses complices ren-

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Tableau de Louis Lêopold Bon.i.Y, musée du Louvre. Ce tableau fut exposé au salon de 1801.

voyés devant une commission spéciale dont les arr(^ls étaient connus d'avance ; enfin. Texé-

ciition du duc d'En.i^hien enlevésur un territoire étranger et fusillé pendanllanuit dans les fossés de Vincennes.

marquaient les l'apides et sinistres étapes des pi'emiers nïois de celte année de 1804, qui faisait revivre les souvenirs de la Terreur. La mort de l'héritier des Condés produisit une sensation bien plus vive à l'étranger qu'à Paris. Le nom du duc d'Enghien était à peu près inconnu de la foule; d'ailleurs, le gouvernement avait ordonné le silence et personne n'osa parler.

M K I) A I L L E DE LA LÉGION D'hONNEUR.

Musée des niédailles de la Monnaie.

Le suicide de Pichegru eut plus de retentissement que la tragédie de Vincennes. Le premier Consul ne voulut pas que la France pût croire à une exécution mystérieuse empruntée à la procédure criminelle du Conseil des Dix: les journaux reçurent l'autorisation de donner autant de détails que possible sur les derniers moments du prisonnier; le procèsv<Mbal d'autopsie dressé par huit médecins en présence de (piatre juges-commissaires, fut livré à la publicité et, par ordre de la police, les marchands de gravures exposèrent des estampes où les passants pouvaient voir* comment le vainqueur de Cassel et de Rousselaer avait lui-même mis fin à ses jours.

L'instruction du procès de Cadoudal et de ses complices, ouverte au mois de mars, dura jusqu'au 10 juin. Sur quarante-six accusés, vingt furent condamnés à mort. Huit de ces derniers échappèrent à la peine capitale grAce aux démarches de leurs familles, qui réussirent à obtenir le concours de Joséphine dont l'intercession finit par faire fléchir, à la dernière heure, les inexorables rigueurs de son époux; mais douze tètes n'en roulèrent pas naoins sur l'échafaud.

Désormais les supplices étaient inutiles : depuis un mois l'Empire était fait.

Napoléon comprit la nécessité de rétablir au plus vite le calme dans les esprits et de dissiper, sous les rayons d'une apothéose et Téclat d'une série de fêtes publiques dont la splendeur n'avait pas encore été égalée, les vapeurs de sang qui avaient assombri la fin

PARIS SOUS LE CONSULAT

J.K I-OUVRK F.N i80 4.

D*aprôa une a(|uarelle de Baltard père. — (Musée Carnavalet.)

En 180 S le«« arrhifecfes Perrier et Fontaine travaillèrent sans rolàrhe à compléter les si ulpturcs inachevées ilu Louvre, à ioiiiraencer l'érection des grands escaliers de la colonnade et à terminer les façades du midi et de l'est où des aigles sont sculptés pour faire pendant aux monogrammes de Henri 11 et aux rhilfres de Louis Mil et Loui> XIN lAi iimi <.m i ki.»

du Consulat et les premiers jours de rKmpire. Ainsi s'explique le contraste si complet qui existe entre les six premiers et les six derniers mois de Tannée 1804.

Ce fiit par l'imposante cérémonie où les dignitaires de la I^égion d'honneur réunis dans la chapelle des Invalides prêtèrent le serment prescrit par les statuts, que s'inaugura la période des spectacles destinés à fasciner les esprits. Toutes les illustrations du pays, groupées autour de TEmpereur, sans distinction d'origine ni de carrière, furent en môme temps récompensées. Berthollet, Monge, Laplace, Lagrange, Chaplal, Tronchet, le cardinal de Belloy eurent le droit de porter les mAmes insignes que Masséna, Kellermann, l.annes et Davout. La Légion d'honneur est de toutes les créations de Honaparte celle qui a lenconlré le plus d'opposition à l'origine et qui a le mieux résisté à l'action du temps. On ne saurait se faire une idée du prestige qu'avait « l'étoile des braves » du temps de Napoléon V\ Larrey, l'illustre chirurgien de la Grande Armée, ne parlait qu'avec un tremblement dans la voix du jour où il avait été décoré.

L'impression grandiose produite par la cé-

rémonie dul5 juillet, où tant de gloires avaient été réunies sous la «onpole des Invalides, ne tarda pas à s'effacer devant l'efTervescence universelle qu'excitèreni les préparatifs du sacre. I^endant plus de six moisjes habitants de la capitale n'eurent pas d'autre sujet de conversation. Une adresse du Sénat, une motion du Tribunat et un sénatus-consulle savamment éclielonnés, pour habituer peu à peu les esprits à une transformation d'étiquette bien plutôt qu'à un changement de régime, avaient conféré au premier Consul la dignité d'Empereur. Napoléon portait ce titre depuis le 18 mai et datait ses décrets de la première année de son règne, mais il lui manquait encore la ratification du plébiscite (»t la consécration de l'Uglise. Honaparte, qui n'avait vouhi cMre ni un Monk ni un Cromwell. avait l'ambition d'être un nouveau Charlemagncetce rêve devint une réalité. Cependant le jour fixé pour la cérémonie annoncée depuis si longtemps approche, et le Pape est arrivé. Les habitants de la capitale accueillent Pie Vil avec une respectueuse et sympathique curiosité, mais aucun signe de ferveur religieuse ne se manifeste sur son passage.

C'est pour l'Empereur seul que la foule

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