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LA MARCHANDE DE BALAIS DE CRIN

D'après l'original de Carle Vernet.

(Bibliothèque de la Ville de Paris.)

PARIS SOUS LA RESTAURATION

imt

LA MODE ENÏ^1827.

Chapeaux de moire ornés de rubans de satin et de blonde. Robes de mérinos garnies de volants brodés en soie. Canezou d'organdi. Brodequins de satin turc.

(D'après le Costume parisien de 1827.)

toyens. Au château, les esprits étaient diversement prévenus. Pendant la revue, et sur toute sa route, le Koi n'avait entendu que des aclamations dont il devait être réjoui; l'expression des sentiments de haine contre ses ministres ne s'était manifestée qu'au moment où il s'éloignait. Il en résultait que les princesses, qui le suivaient, avaient beaucoup moins entendu les cris de vire le Hoi! et beaucoup plus ceux de à bas les ministres!

Charles X venait de dire au duc de Reggio qu'il ne voulait se rappeler que les acclamations qui l'avaient charmé, et non celles qu'on lui disait de bMmer. En cet instant, M. de Villèle se présenta devant lui, et, le trouvant dans ces dispositions, il lui déclara que, président d'un conseil qui avait été ignominieusement outragé durant un jour entier, il ne lui était plus possible de garder son portefeuille, et qu'en conséquence il le suppliait d'accepter sa démission, à moins que, par un exemple imposant, par un licenciement général de la garde nationale ordonné par le Roi, l'honneur de son Ministère ne fût vengé.

Le Roi, influencé par la duchesse d'Angouléme, que le mécontentement populaire avait particulièrement frappée, céda à cette menace de retraite de M. de Villèle, qui n'était sans doute qu'habilement affectée : M. de Villèle savait qu'à la veille

de la discussion du budget, on ne saurait se passer du ministre des finances. Charles X consentit alors à ce que la mesure proposée fût examinée en un conseil immédiat, et déclara s'en rapporter à la décision des membres qui allaient y assister.

(]ette mesure était grave; il s'agissait de frap- \wr en masse toute la garde nationale, l'élite de la population parisienne. L'idée d'un pareil attentat avait épouvanté M. de Chabrol; une responsabilité aussi grande l'elTrajait : il essava de ramener ses collègues à des sentiments moins empreints de colère et surtout moins dangereux.

On avait d'abord chargé le niaréclial commandant en chef d'ordonner une simple enquête pour rerlierrher les coupables; on avait ensuite proposé (le ne licencier (jue d(Mi\ légions Mais, M. de Corbière, toujour.s prêt à enifdover les voies de rij^ueur, insistait, pour la dissolution complète. M. de Villèle la soutint avec toute l'énergie d'un ccinir olTensé. et M. de Clermont-Tonnerre combattit pour elle avec la fureur d'un |>aladin qui veut mourir ou triompher. La résistance de .M. de Chabrol fut impuissante, aussi bien que celle de .M. Fra^'ssinous, qui eiit voulu que la mesure frap- [>àt seulement les compagnies d'où les cris séditeux étaient partis ; la majorité du conseil se rendit aussitôt chez le Roi, pour lui apprendre le résultat de la délibération. Charles X signa

LA MODB BN 1827.

Chapeaux de velours plain garnis de bandes de satin

avec croix grecques. Robes de velours plain

garnies en satin. Palatine de cygne.

(D'après ie Costume paritien de 18â7.)

'^si

Coiiïure ornée d'un oii^cau de paradis, d'une agrafe de diamants et d'épinjJîlcs à boules. Hobes de crèpo rose garnies en crêpe noir avec jirilVes de satin. (D'après le Costuuie parisien do lKi>7.)

l'ordonnance présentée par M. de Corbière :

« Article unique. La garde nationale de Paris est licenciée. »

A sept heures du matin, les Tuileries, ITiùlel de l'état-major et l'hAtel-de-ville de Paris étaient délivrés de la présence des ^»ardes nationaux parisiens. A huit heures, il ne restait de la garde nationale que le profond étonnement où la nouvelle de son licenciement jeta la capitale et la France entière.

Alors ce furent des cris universels de réprobation. « En destituant la garde nationale de l*aris, disait-on, on a destitué Paris lui-même: en licenciant un corps auquel une loi confie le dépôt de la Charte, on a presque licencié la Charte; et la Charte, c'est la France! »

Dans les salons, dans les promenades, dans tous les lieux publics, une même indignation t-emblait animer les esprits. Partout on entendait la manifestation énergique des sentiments de répulsion que tant de mesures alarmantes devaient exciter contre les tendances du pouvoir. Le ministre de la guerre effrayé appela des troupes sur Paris et sembla vouloir mettre l'opinion en état de siège ; mais l'opinion bravait les baïonnettes; elle se montrait partout irritée, indépendante ; elle exprimait hautement ses plaintes, ses griefs. Au théâtre les moindres allusions étaient saisies : qu'un mot

présageât la chute prochaine du triumvirat ministériel, l'expulsion d'une société odieuse, les voûtes des salles retentissaient de bravos et d'applaudissements.

Le ministère, étonné de sa propre audace, parut reculer devant lui-même, et après avoir licencié la garde nationale, il parla de la reconstituer. Ce n'était que pour la décimer et l'épurer plus facilement, faisait-il dire, qu'on l'avait désorganisée tout entière. On parla de ce projet au duc de Ueggio, qui repoussa toute participation à cette nouvelle mesure.

Cet acte de colère, qui trouvait de nombreux contradicteurs A la Cour, était di\ surtout à l'influence de la duchesse d'Angoulême et du du duc do Kiviêre. Ils avaient voulu s'essaver et savoir par le présent ce qu'ils pourraient entreprendre à l'avenir. Quand ils s'aperçurent que ce coup d'Ltat n'était suivi d'aucun soulèvement dans la rue, ils s'inciuiétcrent f»eu de celui qu'il allait exciter dans les esprits Kn vovant la garde rovale se substituer partout paisiblement à la garde civique, ils se crurent à l'apogée de la puissance; ils ne sentirent pas que, pour se fortifier euxmêmes, ils venaient d'enlever à la rovauté sa force la plus réelle.

DuLAunE ET Auci'is {Histoire de la Restauration,)

Coiffure ornée de fleurs des champs, d'épis d'avoine et de perles. Robe de crêpe lisse garnie de rouleaux de griffes de rubans de satin frange de blondes et de fleurs.

(D*aprèt le Costume parisien de 1824.)

Janvier.

3. — Rapport de Paul Dubois & rAcadémie de môdecine en Taveur de la vaccination.

5. — Dans un article du Moniteur, la loi projetée rentre la liberté de la pri>sse est qualitiée loi d'amour et de justice.

16. — îSur la proposition faite quelfjues jours auparavant par Larrelellc, 1" Académie français i élit 3 délégués (Chateaubriand, Villernain. Lacrclelic) chargés de rédiger une supplique au roi en faveur de la liberté de la presse.

17. — Révocation de Villernain, romnie maitre des rec|uèles au G>ii8eil d'Ktat et de Lacretelle, comme et n»cur il ramai iqur.

20. — A Saint-Denis, pendant le service funèbre en commémoration de la nioit de Louis XVI, le comle deMaubreuil soufflette Talleyrand qui toinb' et se blesse js^rièvenu-nt à la lélc. Manbreuil est emprisonné k la l'on e.

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