LA MARCHANDE DE GATEAUX DE NANTUA
D'après l'original de Car le Ver net.
(bibliothèque de la Ville de Paris.)
Licenciement de la garde nationale.
LES treize légions dont se composait la garde nationale se réunirent d»''S le matin du dimanche 29 avril, sur le terrain (jui leur était désigné. Elles formaient environ dix-liuit à vingt mille hommes. Un ciel pur, un soleil éblouissant, promettaient la plus belle journée de printemps; une immense population accourait de toutes parts vers le Ghamp-de-Mars, Bientôt, les talus des deux côtés, ainsi que les hauteurs de Chaillot, furent couverts par une multitude innombrable. L'avenue des Invalides et tous les environs étaient également remplis par la foule. Ces lignes de troupes, dont les armes réfléchissaient l'éclat du soleil, offraient un imposant et inagniGque spectacle.
A une heure, le Roi sortit des Tuileries, accompagné du dauphin, du duc d'Orléans et du duc de Chartres, de ses aides-de-camp et des principaux officiers de sa maison. La dauphine, la duchesse de Berry, la duchesse d'Orléans suivaient le cortège dans une calèche découverte. Pendant le trajet des Tuileries au Champs-de-Mars, Charles X fut salué des cris répétés de Vir>e le Roi ! Arrivé sur le terrain de la revue, il y trouva les douze légions rangées sur quatre lignes. Deux lignes étaient placées de chaque côté du Champ-de-Mars : ces lignes occupaient tout l'espace compris entre l'École-Militaire et le mur d'enceinte du côté de la
rivière. La garde nationale à cheval était placée parallèlement à la rivière, faisant face à l'École- Militaire. Le maréchal duc de Reggio commandait en chef.
Le Roi parcourut successivement tous les rangs, s'arrêta ii la tète de chaque légion, et adressa à leurs colonels des paroles qu'il cherchait à rendre bienveillantes. Les cris des légions se mêlaient à ceux des innombrables spectateurs, et l'on entendait de toutes parts : Vive le Roi ! Vive le Dauphin ! Vice la Charte! Vice la liberté de la presse! Tous ces cris, confondus ensemble, annonçaient assez l'esprit qui régnait parmi les gardes nationaux et dans la foule qui les entourait. On ne songeait i)as alors à une révolution, et la dynastie n'était pas menacé»».
Mais !Ï ces cris il vint aussi s'en joindre d'autres. L'expression des sentiments que, sous un gouvernement constitutionnel, on se crovait au moins permis dv faire entendre, ne fut pas toujours comprimée. On('b|ues-uns songèrent à proliter de la présence du chef de la nation pour lui dénoncer la haine (jue leur inspiraient les conseillers de sa rouronne. Ces mots : à bas les niinistrea! s'échappèrent rk et là des rangs des soldats ci-
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LES petits métiers DE PARIS.