‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 408 sur 455 · L ILE S A I N T - 1. 0 L' I S · texte numérisé non relu

L ILE S A I N T - 1. 0 L' I S

riravure de r»''poque. - (Collection (i. Hartmann.)

L'ile Saint-Louis était formée par les iles Notre-Dame tl aux Va» hos ; celles-ci ne se Iroiivaicnt >éparées que par uu|)etit candi. En 161 i, Christophe Marie, architecte, de concert avec deux luiancierv Hc^'nUier et Pouliier, oblinl la conression des deux iles à la condition de les réunir, de les border de quais, dy conslruire d» s rue> et des maisons afin de les faire communiquer par un ]>onl avec la ville. Leurs noms ont élé conservés comme appellation de ce pool (l'ont Mariej et des rues l'oultier (aujourd'hui l'oullelier) el Regratlière, maintenant disparue (Th. LAVAr.LLt).

La nef centenaire qui porte la fortune do Paris s'avance, au début de l'année 1821), sur des eaux calmes et rien ue peut faire prévoir la saute de vent qui, en quehpies mois, précipitera dans l'abfme la monarchie légitime. Bien que le pain soit fort cher (il se vend alors vingt deux sols les quatre livres), les derniers mois du ministère Martignac marquent pour la population parisienne une ère de prospérité. Les salaires ont augmenté. Sur 815,000 habitants on ne compte que 62,000 indigents, soit le douzième de la population, alors que la proportion était du huitième sous TEmpire. Les bonapartistes irréductibles perdent peu à peu leurs dernières espérances : la Charte semble réaliser ses promesses. La Restauration a vraiment consolidé la l*aix. Suivez ce vieux « grognard » menant par la main son jeune enfant. Certes, celui-là regrette les batailles d'un passé qui déjà paraît si lointain. Infailliblement, il conduira son fils place Vendôme, et sur sa mâle figure vous pourrez voir quelques pleurs furtifs.

N'esl-c«' pas devant la cnlonne glorieuse que la foule s'assemble, à certains jours, pour assister à la dégradation de ses compagnons d'armes . coupables d'attachement à leur empereur?.. Mais l'enfant arrache l'ancien soldat à ses regrets. Vn rassemblement s'est formé... La foule songe bien à la guerre!.. Elle s'est arrêtée pour contempler le grand homme, M. l{oyer Collard, cjui se rend chez le ministre de la justice. M. de Martignac partage, lui aussi, les faveurs du populaire. On dit qu'il a pris sur le roi une influence décisive. C'est une erreur. Charles X admire, en M. de Martignac, l'orateur; il se défie du ministre. « Vous avez entendu la Pnsta (1)? » dit-il à ceux qui viennent d'entendre parler à la tribune le président du Conseil. Sa Majesté paraît toute-puissante. On parle beaucoup, dans Paris, de cette conversation qu'Elle aurait tenue après un dîner : « Monsieur le président, aurait dit Charles X à M. Royer- Collard, à quel chiffre estimez-vous la somme

(1) La célèbre cantatrice qui enthousiasmait alors tout Parts.

PARIS DK 1800 A 11)00.

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